{"id":2132,"date":"2022-05-18T09:55:21","date_gmt":"2022-05-18T07:55:21","guid":{"rendered":"https:\/\/ifan.ucad.sn\/?p=2132"},"modified":"2022-05-18T14:24:39","modified_gmt":"2022-05-18T12:24:39","slug":"loeuvre-dabdoulaye-bara-diop-en-debat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ifan.ucad.sn\/en\/loeuvre-dabdoulaye-bara-diop-en-debat\/","title":{"rendered":"L\u2019oeuvre d\u2019Abdoulaye-Bara DIOP en d\u00e9bat"},"content":{"rendered":"\n<p>Le <em>Bulletin de l&#8217;IFAN Ch. A. Diop<\/em>, s\u00e9rie B lance un appel \u00e0 contribution en hommage au <strong>Pr Abdoulaye Bara Diop<\/strong>.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap\">Abdoulaye-Bara Diop a \u00e9t\u00e9 le v\u00e9ritable grand ma\u00eetre et fondateur de la sociologie s\u00e9n\u00e9galaise. Ses anciens \u00e9tudiants occupent, de nos jours, des positions importantes dans l\u2019enseignement, la recherche ou les fonctions gouvernementales au S\u00e9n\u00e9gal comme ailleurs en Afrique. Les publications de cet enseignant-chercheur, connu pour sa grande humilit\u00e9, sa discr\u00e9tion et sa droiture morale, font partie du patrimoine le plus important de l\u2019universit\u00e9 s\u00e9n\u00e9galaise en raison de leur originalit\u00e9 r\u00e9flexive ou h\u00e9t\u00e9rodoxe, de la solidit\u00e9 de leurs fondements et de la pr\u00e9cision de leurs r\u00e9sultats. Cette \u0153uvre magistrale, d\u00e9j\u00e0 salu\u00e9e par de nombreux commentaires, a \u00e9t\u00e9 forg\u00e9e sur la longue dur\u00e9e. Elle a \u00e9t\u00e9 domin\u00e9e par des publications exceptionnelles par leur qualit\u00e9. Elle a constitu\u00e9 une s\u00e9quence majeure dans la production de la \u00ab grande biblioth\u00e8que \u00bb relative \u00e0 la vie de notre pays. Abdoulaye-Bara Diop incarne l\u2019art de la recherche fondamentale. Il a abord\u00e9 diverses probl\u00e9matiques d\u2019\u00e9tudes.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">L\u2019itin\u00e9raire d\u2019un brillant chercheur h\u00e9t\u00e9rodoxe<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"justify-text\">N\u00e9 le 19 ao\u00fbt 1930 \u00e0 Saint-Louis, il a effectu\u00e9 ses \u00e9tudes primaires dans cette ville. Entre 1948 et 1953, il fr\u00e9quente la c\u00e9l\u00e8bre \u00c9cole normale William Ponty, \u00e0 S\u00e9bikotane. \u00c0 la suite d\u2019une ann\u00e9e de prop\u00e9deutique \u00e0 l\u2019Institut des Hautes \u00c9tudes devenu, plus tard, l\u2019Universit\u00e9 de Dakar, il entame, en 1954, des \u00e9tudes \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Toulouse. En 1958, il obtient une licence de psychologie et de sociologie. Il d\u00e9tient \u00e9galement le certificat de philosophie et le DES de sociologie. En 1958, de retour au S\u00e9n\u00e9gal, il est recrut\u00e9 \u00e0 l\u2019IFAN, alors dirig\u00e9 par Th\u00e9odore Monod. En 1959, il est nomm\u00e9 assistant titulaire. Il pr\u00e9pare sa th\u00e8se de doctorat de troisi\u00e8me cycle qu\u2019il soutient avec brio en 1964. Il est ma\u00eetre-assistant en 1968. En 1979, Abdoulaye-Bara Diop soutient sa th\u00e8se de doctorat d\u2019\u00c9tat en sociologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Paris-Sorbonne, sous la direction de Georges Balandier. Il sera le premier sociologue professeur titulaire de l\u2019Universit\u00e9 de Dakar. Il se consacre alors enti\u00e8rement \u00e0 l\u2019enseignement et \u00e0 l\u2019encadrement de ses doctorants africains.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"justify-text\">Entre 1986 et 1995, il dirige l\u2019Institut fondamental d\u2019Afrique noire Cheikh Anta Diop. Admis, en 1995, \u00e0 faire valoir ses droits \u00e0 la retraite, il poursuit n\u00e9anmoins ses enseignements \u00e0 la Facult\u00e9 des Lettres et Sciences humaines. Il est \u00e9galement sollicit\u00e9 par ses coll\u00e8gues pour participer \u00e0 des jurys de th\u00e8se au S\u00e9n\u00e9gal, mais aussi dans d\u2019autres pays africains et en Europe.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Sa sensibilit\u00e9 politique de gauche l\u2019a rapproch\u00e9 d\u2019Abdoulaye Ly, grande figure intellectuelle, politique et morale du S\u00e9n\u00e9gal contemporain (alors directeur adjoint de l\u2019IFAN), d\u2019Amadou Mahtar Mbow, d\u2019Assane Seck et d\u2019autres universitaires et patriotes africains de renom. C\u2019est en reconnaissance de ses qualit\u00e9s intellectuelles et morales que la pr\u00e9sidence de la Commission scientifique des <em>Assises nationales<\/em> du S\u00e9n\u00e9gal lui a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e. Par ailleurs, tout le monde sait le r\u00f4le important qu\u2019il a jou\u00e9 au sein de&nbsp; la Commission nationale de r\u00e9forme des institutions (CNRI) qui a produit \u2013 le fait m\u00e9rit\u00e9 d\u2019\u00eatre soulign\u00e9 \u2013 le meilleur rapport disponible dans le pays en mati\u00e8re de r\u00e9forme des institutions.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a obtenu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles le titre de professeur honoraire de la Facult\u00e9 des Lettres et Sciences humaines de l\u2019UCAD, d\u2019Officier de l\u2019Ordre du M\u00e9rite de la R\u00e9publique du S\u00e9n\u00e9gal, de Chevalier des Palmes acad\u00e9miques de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, de Chevalier de la L\u00e9gion d\u2019honneur de la R\u00e9publique fran\u00e7aise.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Un pionnier des \u00e9tudes sur les migrations<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"justify-text\">Le succ\u00e8s de ses livres sur les Wolof a tendance \u00e0 occulter son \u0153uvre fondatrice sur les migrations. Avant l\u2019ind\u00e9pendance du pays, il a lanc\u00e9 une grande enqu\u00eate sur la migration toucouleur \u00e0 Dakar dans le cadre des recherches de la Mission socio\u00e9conomique du S\u00e9n\u00e9gal (MISOES). Cette enqu\u00eate a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e, entre avril 1958 et mars 1959, dans les centres urbains. Ses r\u00e9sultats avaient fait l\u2019objet d\u2019un premier rapport. Il en tirera une th\u00e8se de troisi\u00e8me cycle en 1964. C\u2019est \u00e0 partir de cette base solide qu\u2019il a encourag\u00e9 ses \u00e9tudiants \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux migrations sereer et joola. Il a conduit, avec ses partenaires, des programmes de recherche en y ins\u00e9rant certains de ses \u00e9tudiants. En 1996, il a \u00e9dit\u00e9, en collaboration avec Philippe Antoine (d\u00e9mographe \u00e0 l\u2019ORSTOM devenu IRD), le livre au titre \u00e9vocateur <em>La ville \u00e0 guichets ferm\u00e9s : Itin\u00e9raires, r\u00e9seaux et insertion urbaine<\/em>, IFAN-ORSTOM, 1995, 363 p.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"justify-text\">Deux ans plus tard, il a r\u00e9dig\u00e9 la pr\u00e9face de l\u2019ouvrage sur <em>L\u2019insertion urbaine \u00e0 Dakar et \u00e0 Bamako<\/em>, dans le cadre d\u2019un partenariat entre le CERPOD (Centre d&#8217;\u00e9tudes et de recherche sur la population pour le d\u00e9veloppement), l&#8217;IFAN Ch. A. Diop (Institut fondamental d&#8217;Afrique noire Cheikh Anta Diop), l&#8217;ORSTOM (Institut fran\u00e7ais de recherches scientifiques pour le d\u00e9veloppement en coop\u00e9ration), le CEPED (Centre fran\u00e7ais sur la population et le d\u00e9veloppement) et le D\u00e9partement de d\u00e9mographie de l&#8217;Universit\u00e9 de Montr\u00e9al. Ce livre de r\u00e9f\u00e9rence est intitul\u00e9 <em>Trois g\u00e9n\u00e9rations de citadins au Sahel : trente ans d\u2019histoire sociale \u00e0 Dakar et \u00e0 Bamako<\/em>, Paris, L\u2019Harmattan, 1998, 290 p. (Collection \u00ab Villes et Entreprises \u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"justify-text\">Abdoulaye-Bara Diop a marqu\u00e9 un int\u00e9r\u00eat soutenu en faveur de la comparaison internationale, de la recherche empirique de terrain et de l\u2019analyse biographique en l\u2019occurrence. Il s\u2019est d\u00e9ploy\u00e9 au-del\u00e0 de sa discipline. Sa carri\u00e8re remarquable est jalonn\u00e9e par des \u00e9tudes novatrices au croisement de la sociologie, de l\u2019anthropologie, de l\u2019histoire, de la g\u00e9ographie et de la d\u00e9mographie. Son int\u00e9r\u00eat pour la d\u00e9mographie a \u00e9t\u00e9 permanent. Voil\u00e0 pourquoi il a dispens\u00e9 des enseignements \u00e0 l\u2019IPDSR (Institut de formation et de recherche en population, D\u00e9veloppement et Sant\u00e9 de la reproduction), alors qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 pris sa retraite de l\u2019Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Des \u00e9tudes magistrales sur la soci\u00e9t\u00e9 et la famille wolof&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"justify-text\">On retiendra du P<sup>r<\/sup> Abdoulaye-Bara Diop les \u0153uvres monumentales que sont : <em>La soci\u00e9t\u00e9 wolof, les syst\u00e8mes d\u2019in\u00e9galit\u00e9 et de domination<\/em>, Paris, Karthala, 1981 et <em>La famille wolof. Tradition et changement<\/em>, Paris, Karthala, 1985, 262 p. Le premier livre traite notamment des castes, ordres monarchiques et de la soci\u00e9t\u00e9 religieuse confr\u00e9rique. Il y explique, entre autres, les conditions d\u2019\u00e9mergence du syst\u00e8me des confr\u00e9ries religieuses. En cons\u00e9quence, il a \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9 pour participer, avec Christian Coulon et Donal Cruise O\u2019Brien, \u00e0 la pr\u00e9sentation critique du livre de Jean Copans (<em>Les marabouts de l\u2019arachide<\/em>, Paris, Le Sycomore, 1980), dans le n\u00b0 4 de la revue <em>Politique africaine<\/em> (<em>La question islamique en Afrique noire<\/em>, d\u00e9cembre 1981 : 111-121).<\/p>\n\n\n\n<p>Ses travaux sur la famille wolof traitent successivement de la parent\u00e9 (structure, terminologie, syst\u00e8me d\u2019alliance, comportements), des c\u00e9r\u00e9monies matrimoniales (de l\u2019organisation traditionnelle et des changements socio-\u00e9conomiques), de la polygamie et du divorce. Il a mis au point une m\u00e9thodologie \u00e0 la fois descriptive et analytique du syst\u00e8me de parent\u00e9 et d\u2019alliance avec une terminologie d\u2019une grande pr\u00e9cision. Il a surtout mis en \u00e9vidence les changements et probl\u00e8mes d\u2019adaptation qui se posent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 wolof et les effets de la tr\u00e8s rude domination du pays par le syst\u00e8me capitaliste. C\u2019est ce qui l\u2019avait amen\u00e9 \u00e0 insister sur la n\u00e9cessit\u00e9 de rechercher une autre forme de d\u00e9veloppement mettant l\u2019int\u00e9r\u00eat des paysans au centre de ses pr\u00e9occupations et dont ils seraient, eux-m\u00eames, partie prenante.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On se souvient encore de la chronique bibliographique \u00e9tablie par l\u2019un de ses coll\u00e8gues, un th\u00e9oricien h\u00e9t\u00e9rodoxe, tr\u00e8s attach\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal : \u00ab\u2009Ce travail est important \u00e0 plus d\u2019un titre : \u00e0 cause de la place des Wolof dans l\u2019histoire des soci\u00e9t\u00e9s s\u00e9n\u00e9gambiennes et s\u00e9n\u00e9galaises d\u2019abord, mais surtout parce qu\u2019il s\u2019agit l\u00e0 de la premi\u00e8re \u00e9tude d\u2019ensemble, sociologique et ethnologique, sur cette population (ce qui par ailleurs est tout \u00e0 fait paradoxal). Ce travail est \u00e9galement d\u00e9cisif en ce qu\u2019il allie travail de terrain (recueil de traditions orales et de questionnaires sociologiques) et travail de relecture de la litt\u00e9rature disponible\u2009\u00bb (voir <em>Politique africaine<\/em>, n\u00b0 4, <em>La question islamique en Afrique noire<\/em>, d\u00e9cembre 1981 : 137-138).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"justify-text\">D\u2019autres travaux d\u2019A.-B. Diop ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s \u00e0 la tenure fonci\u00e8re en milieu wolof ou \u00e0 la formation de la nation au S\u00e9n\u00e9gal. Boubacar Barry, l\u2019auteur du remarquable ouvrage <em>Le royaume du Waalo. Le S\u00e9n\u00e9gal avant la conqu\u00eate<\/em>, a c\u00e9l\u00e9br\u00e9 la richesse exceptionnelle du travail de Diop, notamment en ce qui concerne \u00ab\u2009l\u2019\u00e9volution de la tenure fonci\u00e8re sous le lamanat et la monarchie jusqu\u2019\u00e0 nos jours\u2009\u00bb. A.-B. Diop s\u2019est \u00e9galement int\u00e9ress\u00e9 aux paysans du bassin arachidier, notamment \u00e0 leurs comportements de survie au d\u00e9but de la mise en \u0153uvre des programmes d\u2019ajustement structurel qui ont affect\u00e9 durablement l\u2019\u00e9conomie et la soci\u00e9t\u00e9 s\u00e9n\u00e9galaises.&nbsp; <strong>Un homme de m\u00e9thode, de rigueur scientifique et morale<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Abdoulaye-Bara Diop a marqu\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations de sociologues et d\u2019anthropologues. Il leur a notamment appris que le succ\u00e8s d\u2019une recherche d\u00e9pend de sa pr\u00e9paration, de sa bonne planification, mais aussi des r\u00e9f\u00e9rences th\u00e9oriques solides qui la soutiennent et l\u2019orientent. Connu pour sa grande rigueur intellectuelle, il a enseign\u00e9 \u00e0 ses \u00e9tudiants les fondements et les exigences du m\u00e9tier de chercheur. Il leur a surtout montr\u00e9 que l\u2019excellence est le fruit de l\u2019\u00e9preuve, de l\u2019apprentissage organis\u00e9 et patient de la m\u00e9thode, de la mise \u00e0 jour des connaissances th\u00e9oriques. Les recherches rapides, ponctuelles et portant sur des objets circonstanciels peuvent, en effet, conduire \u00e0 des conclusions superficielles. Le succ\u00e8s de l\u2019\u0153uvre d\u2019A.-B. Diop est le fruit d\u2019un patient travail de m\u00e9thode et de cr\u00e9ativit\u00e9 scientifique. D<sup>r<\/sup> Arame Fal, chercheure \u00e9galement \u00e0 l\u2019IFAN et \u00e9minente linguiste, a, sans doute, jou\u00e9 un r\u00f4le important dans la grande pr\u00e9cision de la terminologie linguistique adopt\u00e9e dans les publications de ce brillant chercheur.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"justify-text\"><strong>Abdoulaye-Bara Diop<\/strong> a organis\u00e9, du 27 f\u00e9vrier au 3 mars 1989, une rencontre internationale destin\u00e9e \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer le cinquantenaire de l\u2019IFAN, un Institut qui fut prestigieux et qu\u2019il a tent\u00e9 de redresser de toutes ses forces pour l\u2019inscrire \u00e0 nouveau dans la trajectoire d\u00e9finie par Th\u00e9odore Monod, son fondateur. Ce symposium a marqu\u00e9 la m\u00e9moire de l\u2019Institut par la qualit\u00e9 des participants et des contributions (voir la pr\u00e9sentation qu\u2019en font E. Le Bris et Christian Coulon dans <em>Politique africaine, <\/em>34, juillet 1989<em>, \u00c9tats et soci\u00e9t\u00e9s nomades <\/em>:133-135).\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Abdoulaye-Bara Diop a fait partie des enseignants et chercheurs, venant de toute la sous-r\u00e9gion ouest-africaine, qui ont marqu\u00e9 l\u2019institution universitaire du S\u00e9n\u00e9gal durant les ann\u00e9es 1960 et 1970. Ces enseignants et chercheurs bien form\u00e9s et recrut\u00e9s avec rigueur ont rendu l\u2019universit\u00e9 attrayante pour les jeunes de la sous-r\u00e9gion, malgr\u00e9 la vigueur du syndicalisme \u00e9tudiant de l\u2019\u00e9poque. Ils constituaient une \u00e9lite prestigieuse et respect\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le professeur Abdoulaye-Bara Diop a donn\u00e9 \u00e0 plusieurs \u00e9tudiants et chercheurs l\u2019inspiration et la force leur permettant de produire des savoirs originaux sur les soci\u00e9t\u00e9s africaines. Son territoire de pr\u00e9dilection a toujours \u00e9t\u00e9 l\u2019universit\u00e9. Malgr\u00e9 son \u00e2ge, il n\u2019avait pas arr\u00eat\u00e9 la qu\u00eate du savoir. Il continuait \u00e0 travailler sur un grand projet \u00e9ditorial d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la nation s\u00e9n\u00e9galaise.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Figure intellectuelle majeure du S\u00e9n\u00e9gal contemporain, A.-B. Diop a aussi fait partie de ses grandes figures morales. Comme cela a \u00e9t\u00e9 dit \u00e0 propos d\u2019autres universitaires et nationalistes ayant marqu\u00e9 l\u2019histoire des id\u00e9es de notre pays, personne n\u2019a pu le corrompre et encore moins le \u00ab capturer \u00bb pour domestiquer sa pens\u00e9e. Abdoulaye-Bara Diop \u00e9tait un homme int\u00e8gre. Il symbolisait une forme \u00e9lev\u00e9e de la noblesse morale. Il \u00e9tait surtout un homme libre. Voil\u00e0 pourquoi il m\u00e9rite d\u2019\u00eatre c\u00e9l\u00e9br\u00e9 par ses coll\u00e8gues universitaires.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Les contributions souhait\u00e9es<\/h1>\n\n\n\n<p>La d\u00e9marche retenue est d\u2019encourager des contributions (t\u00e9moignages et articles) s\u2019inscrivant dans le creuset de la riche et exceptionnelle production scientifique d\u2019Abdoulaye-Bara Diop et privil\u00e9giant une d\u00e9marche r\u00e9flexive organis\u00e9e autour de ses principaux th\u00e8mes de recherche. Une fa\u00e7on de c\u00e9l\u00e9brer son \u0153uvre scientifique remarquable.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque t\u00e9moignage ne devrait pas d\u00e9passer une dizaine de pages. Les autres contributions souhait\u00e9es seront ax\u00e9es principalement, avec une d\u00e9marche <em>tr\u00e8s r\u00e9flexive et si possible h\u00e9t\u00e9rodoxe<\/em>, sur les principales th\u00e9matiques qui structurent le travail intellectuel d\u2019A.-B. Diop, sur les stratifications sociales, sur l\u2019anthropologie ou la sociologie en Afrique, sur la probl\u00e9matique de la nation, sur l\u2019histoire de l\u2019IFAN ou celle de la Facult\u00e9 des Lettres et Sciences humaines, mais aussi sur des questions sociales ou politiques importantes relatives au S\u00e9n\u00e9gal contemporain.<\/p>\n\n\n\n<p>Les contributions ne devront pas d\u00e9passer 30 pages en interligne simple, y compris la bibliographie. La police recommand\u00e9e est Times New Roman, corps 12. Les notes de bas de pages seront trait\u00e9es en Times New Roman, corps 10.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les sources des tableaux \u00e9ventuels seront clairement indiqu\u00e9es. Les graphiques seront livr\u00e9s en noir et blanc. On fera un usage mod\u00e9r\u00e9 des tableaux et des autres sources annex\u00e9s \u00e0 chaque contribution.<\/p>\n\n\n\n<p>Les photos ou illustrations propos\u00e9es devront \u00eatre de bonne qualit\u00e9 et pouvoir \u00eatre publi\u00e9es en noir et blanc. Les cartes seront pr\u00e9sent\u00e9es dans un format standardis\u00e9, avec les indications habituelles (\u00e9chelle, l\u00e9gende, sources, sigles et trames). Une police de caract\u00e8re unique doit \u00eatre utilis\u00e9e pour toutes les cartes, en veillant \u00e0 laisser les noms lisibles. Les couleurs ne seront pas utilis\u00e9es. Les photos, illustrations, cartes devront \u00eatre fournies aux \u00e9diteurs \u00e0 part le texte, en fichier s\u00e9par\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque contribution comportera des subdivisions avec des titres et sous-titres courts en minuscules. La hi\u00e9rarchie entre les diff\u00e9rents niveaux de titres doit \u00eatre tr\u00e8s claire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les citations sont plac\u00e9es entre guillemets doubles et ins\u00e9r\u00e9es dans le corps du texte, lorsqu\u2019elles sont courtes. Si elles atteignent au moins quatre lignes, elles sont plac\u00e9es en retrait. Toute citation, directe ou indirecte, doit \u00eatre r\u00e9f\u00e9renc\u00e9e.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Les citations de seconde main ne sont pas admises<\/em>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9f\u00e9rences sont incorpor\u00e9es dans le texte, selon le syst\u00e8me auteur-date sans ponctuation, entre parenth\u00e8ses, comme suit :&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>(Fall 1980) et, en cas de renvoi \u00e0 la page : (Fall 1980 : 118) ou (Fall 1980 : 117, 120, 130).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le corps du texte, le nom est pr\u00e9sent\u00e9 en minuscules, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019initiale en majuscule : Vernant ; Vidal-Naquet ; Diop.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les notes de bas de page seront num\u00e9rot\u00e9es de fa\u00e7on continue. Il est conseill\u00e9 d\u2019\u00e9viter l\u2019exc\u00e8s de notes (en nombre ou en longueur).<\/p>\n\n\n\n<p>Les majuscules ne seront utilis\u00e9es que pour les initiales du nom et du ou des pr\u00e9noms. Chaque contribution sera accompagn\u00e9e d\u2019un bref r\u00e9sum\u00e9 et d\u2019une liste des sigles et abr\u00e9viations utilis\u00e9s. Il est demand\u00e9 de ne pas mettre de point ni d\u2019espace apr\u00e8s chaque lettre (exemple : ANSD et non A. N. S. D.). Les sigles seront \u00e9crits en capitales lorsque les initiales se prononcent s\u00e9par\u00e9ment (ANSD, CNRS), mais avec les seules lettres initiales en majuscule lorsque le sigle se lit comme tel (Isra, Orstom, Unesco).<\/p>\n\n\n\n<p>Une bibliographie sera attach\u00e9e \u00e0 chaque contribution, et devra \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e comme suit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pr\u00e9sentation bibliographique<\/strong> (dans l\u2019ordre alphab\u00e9tique, uniquement)<\/p>\n\n\n\n<p>1) ouvrages imprim\u00e9s, \u00e0 pr\u00e9senter comme suit, \u00e0 l\u2019exclusion de toute autre mention&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>     <em>a<\/em>) ouvrage en 1 vol.<\/p>\n\n\n\n<p>FOURNIER, N. (1998). <em>Grammaire du fran\u00e7ais classique<\/em>. Paris : Belin.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>    b) titre g\u00e9n\u00e9rique d\u2019un ouvrage et titre propre d\u2019un volume&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>GURVITCH, G. (1969). <em>La vocation actuelle de la sociologie, t. 1, Vers la sociologie diff\u00e9rentielle<\/em>. Paris : PUF.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>   c) contribution \u00e0 un ouvrage collectif&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>THILMANS, G. (1997). \u00ab Puits et captiveries \u00e0 Gor\u00e9e aux XVII<sup>e<\/sup> et XVIII<sup>e<\/sup> s. \u00bb : 107-120, 5 ill., <em>in <\/em>: D. Samb (ed.) <em>Gor\u00e9e et l\u2019esclavage<\/em>. Dakar : IFAN Ch. A. Diop.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>2) M\u00e9moire ou th\u00e8se (norme AFNOR Z44-050, simplifi\u00e9e)<\/p>\n\n\n\n<p>NGOM, P. M. (1995).- <em>Caract\u00e9risation de la cro\u00fbte birimienne dans les parties centrale et m\u00e9ridionale du supergroupe de Mako<\/em>.- Th. \u00c9tat : G\u00e9ol. : UCAD de Dakar.- 243 f.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>3) Article&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>CASTER, F. (1964). \u00ab Les r\u00e9seaux modernes \u00bb, <em>G\u00e9ographie urbaine <\/em>XII (9) :  234-289, 11 fig., 3 ill., 1 carte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les contributions sont \u00e0 envoyer \u00e0 :<strong> <a href=\"mailto:publications.ifan@ucad.edu.sn\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">publications.ifan@ucad.edu.sn<\/a> <\/strong>et seront publi\u00e9es dans le<strong> <em>Bulletin de l\u2019IFAN<\/em>, s\u00e9rie B, LXI (1-2) 2022<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Date limite de soumission : 31 Juillet 2022\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Responsable du volume :&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h5 class=\"wp-block-heading\">P<sup>r<\/sup> Abdou Salam FALL&nbsp;<\/h5>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Responsable de la formation doctorale \u00ab Sciences sociales appliqu\u00e9es au D\u00e9veloppement \u00bb&nbsp; ETHOS, UCAD<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Coordinateur du Laboratoire de Recherche sur les Transformations \u00e9conomiques et sociales&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">(LARTES-IFAN), Institut fondamental d&#8217;Afrique noire (IFAN)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Bulletin de l&#8217;IFAN Ch. A. Diop, s\u00e9rie B, lance un appel \u00e0 contribution en hommage au Pr Abdoulaye-Bara Diop. 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