Le Secrétaire général et le Directeur des Ressources humaines de l’UCAD en visite à l’IFAN Ch. A. Diop

Le Secrétaire général de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), M. Seydi Ababakar Mbengue, accompagné du Directeur des Ressources humaines, M. Ibrahima Mamadou Kane, a réservé sa première visite institutionnelle à l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop).

La rencontre a débuté par un tête-à-tête avec les autorités de l’Institut, notamment le Pr Matar Ndiaye, Directeur de l’IFAN Ch. A. Diop, et Mme Khady Sarr Ndiaye, Cheffe des Services administratifs.  Cet échange a permis de faire un état des lieux du fonctionnement de l’Institut, de ses activités scientifiques ainsi que de ses perspectives.

La délégation a ensuite visité   les laboratoires des vertébrés et des invertébrés terrestres, où les équipes ont présenté leurs collections scientifiques ainsi que leurs missions de recherche, de conservation et de documentation du patrimoine.

Au terme de la visite, le Secrétaire général de l’UCAD a exprimé son appréciation pour le travail mené par les équipes de l’IFAN. Le Directeur de l’Institut, le Pr Matar Ndiaye, a pour sa part salué cette initiative et exhorté ses hôtes à servir de relais auprès des autorités universitaires, afin de renforcer l’accompagnement dédié aux missions scientifiques et patrimoniales de l’IFAN.

La visite du Secrétaire général de l’UCAD contribue à renforcer les liens entre l’administration centrale et les instituts rattachés, tels que l’IFAN. Elle vise à mieux prendre en charge leurs besoins, à soutenir leurs activités scientifiques et à optimiser la coordination administrative.

Portraits de femmes engagées dans l’administration et la recherche

Mme Khady Sarr Ndiaye est cheffe des Services administratifs de l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop) depuis 2026. Elle y assure la coordination et le suivi des activités administratives de l’institution, contribuant au bon fonctionnement des services et à l’appui aux missions de recherche, de conservation et de valorisation du patrimoine scientifique. 

De 2022 à 2026, elle a occupé les fonctions de Cheffe des Services administratifs de l’École Supérieure Polytechnique (ESP) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), où elle a veillé à la bonne organisation des services administratifs et à l’accompagnement des activités académiques et institutionnelles. 

 Juriste de formation, Mme Ndiaye est titulaire d’un Diplôme d’Études Approfondies (DEA) en droit privé obtenu à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’UCAD. Souvent présentée comme un véritable « pur produit de l’UCAD », elle y a construit l’essentiel de son parcours professionnel. Elle a notamment exercé les fonctions de Cheffe du Service de la Pédagogie à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG) à partir de 2010, avant de devenir Cheffe du Service de la Scolarité de cette même faculté entre 2013 et 2018.  

Elle rejoint ensuite la Direction des Affaires Juridiques de l’UCAD en 2019, où elle met à profit sa formation juridique et son expérience administrative.  

Parallèlement à ses responsabilités professionnelles, Mme Khady Sarr Ndiaye se distingue par son engagement constant en faveur des droits des femmes. Elle a été membre, consultante et formatrice au sein de l’Association des Femmes Juristes du Sénégal, dont elle a également occupé les fonctions de Secrétaire générale adjointe, puis de Secrétaire générale, avant d’intégrer le Conseil d’administration de l’association.  

« La femme n’a plus à prouver ses capacités ni ses compétences. Le monde reconnaît de plus en plus ce qu’elle incarne déjà.»,  comme pour rappeler une évidence en ce mois dédiée aux femmes dans le monde. 

Appréciée pour sa rigueur, sa persévérance et son sens du service, Mme Khady Sarr Ndiaye incarne une administration universitaire dynamique, alliant compétence, engagement institutionnel et sens des responsabilités. 

Anna Marie Diagne , linguiste engagée pour la valorisation des langues africaines et la transmission du savoir 

Dr Anna Marie Diagne est linguiste au Laboratoire de linguistique de l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (IFAN), à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Elle occupe, depuis 2023, les fonctions de cheffe du Département des Langues et Civilisations de l’IFAN. Titulaire d’un doctorat en philologie africaine, elle s’est distinguée par un engagement constant en faveur de la recherche, de la valorisation du patrimoine linguistique africain et de la diffusion des savoirs scientifiques. 

« Je suis convaincue que chaque femme trouve, dans sa langue et sa culture, la force d’exprimer tout son potentiel ; c’est cette conviction qui guide mon engagement pour les langues et la transmission du savoir », soutient-elle. 

Au cours de sa carrière, Dr Diagne a occupé plusieurs fonctions de responsabilité au sein de l’UCAD et de l’IFAN. Elle a notamment été cheffe du Département de l’Information scientifique de l’IFAN (2014–2017) et directrice de l’Animation culturelle et scientifique de l’Université Cheikh Anta Diop (2015–2017). Elle a également codirigé le projet de recherche « Communication persuasive chez les Wolof : aspects culturels et langagiers », consacré à l’analyse des stratégies discursives dans les pratiques sociales wolof. 

Ses travaux de recherche portent principalement sur la grammaire et la dialectologie des langues africaines, en particulier des langues mandé, ainsi que sur la documentation et la description de langues minoritaires ou menacées. Elle est notamment engagée dans l’étude du seereer paloor, langue atlantique minoritaire du Sénégal, ainsi que dans l’analyse des dynamiques de contact linguistique dans l’aire mandé, à travers le projet « Contact de langues et trajectoires linguistiques dans l’aire mandé : destins de deux branches des Silla au Sénégal et au Burkina Faso ». Dans cette perspective, elle s’intéresse également aux phénomènes d’îlots linguistiques, aux processus de différenciation dialectale et aux effets de l’histoire sociale sur la structuration des langues. 

Une part importante de ses recherches est consacrée à la mise en lumière de la diversité linguistique du Sénégal, notamment à travers des travaux de dialectologie et de cartographie linguistique visant à mieux documenter la variation interne des langues nationales et à en restituer les dynamiques territoriales et historiques. 

Parallèlement, Dr Diagne développe un intérêt croissant pour la documentation et la reconnaissance des langues des signes au Sénégal. Ses recherches visent à contribuer à l’identification et à la description d’une langue des signes sénégalaise, dans une perspective à la fois linguistique, patrimoniale et inclusive, attentive à la reconnaissance des pratiques langagières des communautés sourdes. 

Elle est également impliquée dans plusieurs initiatives éditoriales et scientifiques au sein de l’IFAN. Elle a codirigé un numéro hommage des Mémoires de l’IFAN consacré à la linguiste Arame Fal, figure majeure des études sur les langues sénégalaises, participant ainsi à la valorisation de l’héritage scientifique et intellectuel dans le domaine de la linguistique africaine. 

Dr Diagne est coauteure de l’ouvrage Des langues, une nation : mythes et récits de fondation au Sénégal, publié dans la collection URITHI de l’IFAN Ch. A. Diop, en collaboration avec Abdoulaye Keita et Sidy Sam. Elle a également participé au projet international « Conception d’un dictionnaire électronique unilingue wolof et bilingue woloffrançais » (2007–2008), qui visait à développer des outils lexicographiques numériques pour la langue wolof. 

Très engagée dans l’animation de la recherche, Dr Diagne a présidé le comité d’organisation du Colloque international de linguistique de Dakar (CILDAK), tenu en mars 2023, une rencontre scientifique qui a réuni chercheurs et spécialistes autour des enjeux contemporains de la linguistique africaine et de la diversité linguistique. 

À travers ses travaux et ses responsabilités scientifiques, Dr Anna Marie Diagne œuvre à promouvoir une approche inclusive et dynamique des langues africaines, attentive à la diversité des pratiques linguistiques, à la documentation des langues minoritaires et à la transmission des savoirs linguistiques en Afrique. 

Souverainetés et Restitutions : l’IFAN accueille un colloque international pour le retour des trésors africains

Du 23 au 26 février 2026, les musées de l’IFAN (Théodore Monod d’art/Musée historique de Gorée) ainsi que le Musée des Civilisations noires ont accueilli un colloque international intitulé «  Souverainetés et restitutions des biens culturels  ».
Ce colloque, qui a réuni des experts d’Afrique, d’Europe et des États-Unis, est une étape majeure dans la réflexion sur le retour et la restitution des biens culturels spoliés pendant la colonisation.

Pour les organisateurs et les autorités sénégalaises, la question de la restitution dépasse largement le cadre de l’art. Comme l’a souligné Abdoulaye Koundoul, conseiller technique culturel à la Primature, il s’agit d’une «  exigence morale et politique ».  Selon lui, la souveraineté d’un peuple est indivisible : sans une souveraineté sur son histoire et son récit national, un pays ne peut prétendre à une pleine souveraineté économique ou politique.

L’un des objectifs majeurs de ce colloque est de déconstruire l’argumentaire occidental qui tend à limiter ces objets à leur seule dimension esthétique.

« Ces objets n’avaient pas une vocation esthétique seulement. Ils avaient une vocation sociale, et étaient notamment  liés aux cultes », a expliqué Abdoulaye Koundoul.

Un bilan  des restitutions jugé dérisoire au Sénégal

Malgré les promesses de restitution formulées par le gouvernement français   dès 2017, un seul objet emblématique a, à ce jour, été restitué au Sénégal : le sabre d’El Hadj Omar Tall. Ce bilan, jugé « dérisoire » par les acteurs culturels, nourrit un sentiment d’insuffisance face aux enjeux de mémoire et de justice patrimoniale.

Ceux‑ci appellent à accélérer le plaidoyer politique, en étroite collaboration avec les chercheurs, afin d’obtenir le retour d’autres objets appartenant au patrimoine sénégalais, identifiés dans le rapport de Felwine Sarr consacré à la restitution des biens culturels.

Selon Mamarame Seck, enseignant-chercheur à l’IFAN Cheikh Anta Diop, coorganisateur de ce colloque, « Il ne doit y avoir aucune condition à la restitution des biens culturels ».

Il fustige les lois européennes, notamment françaises, qui comportent encore trop de « garde-fous » et de conditions techniques (capacités de conservation, locaux, etc.) qu’il considère comme une insulte à la souveraineté africaine.

Des voies de récupération alternatives

Face à la lenteur des États, d’autres initiatives émergent. La sociologue Saskia Cousin Kouton, membre du comité scientifique du colloque, estime  que la question du retour des biens culturels est « plus vaste » et nécessite « d’autres modalités de récupération ».

Le colloque a notamment mis en lumière l’exemple de la communauté mouride, qui a choisi la voie du rachat. Des fidèles ont ainsi acquis des photographies de Cheikh Ahmadou Bamba afin de les rapatrier au Sénégal.  Si cette démarche est saluée pour son efficacité immédiate, elle pose question. Pour beaucoup, le rachat ne doit pas devenir la norme, car il s’agit d’un droit d’obtenir la restitution d’objets spoliés..
Une exposition abritée par le Musée historique de Gorée intitulée « Ku ñaan ñàkk, soo jëndee am »  signifiant « Ce que la demande ne t’accorde pas. L’achat te l’offre », met d’ailleurs en avant cet engagement des communautés dans la préservation et la restitution de leur patrimoine.

Une science engagée pour l’avenir

Le colloque, qui se déroule sur plusieurs sites emblématiques (Musée Théodore Monod, Musée historique de Gorée, Musée des Civilisations noires), se veut le point d’aboutissement de quatre années de recherches mondiales.

Pour le Pr Matar Ndiaye, Directeur de l’IFAN, la restitution est un processus qui engage les mémoires collectives et les récits nationaux. L’objectif est clair : permettre aux jeunes générations de comprendre le lien intrinsèque entre ces objets et l’évolution de leur société. Il ne s’agit plus seulement de regarder vers le passé, mais d’anticiper l’avenir en reprenant possession de son identité culturelle.

Depuis sa création, l’Institut fondamental d’Afrique noire s’est engagé à inventorier, conserver et mettre en valeur les héritages culturels du continent. Dans le contexte actuel marqué par les débats sur les restitutions, l’institution est désormais appelée à élargir sa réflexion au cadre dans lequel ces œuvres peuvent revenir, être accueillies et donner lieu à de nouvelles formes de collaboration.

« Aujourd’hui, il nous appartient également de réfléchir aux conditions éthiques, scientifiques et institutionnelles du retour des œuvres, à leurs modalités d’accueil et aux nouvelles formes de coopération qu’elles appellent »,  a souligné le directeur de l’IFAN, Pr Matar Ndiaye 

Les débats se sont  poursuivis jusqu’au 26 février avec l’espoir que  ce rendez-vous de Dakar serve à relancer un processus de restitution total et sans compromis.

Partenariat : les musées du Quai Branly et Théodore Monod-IFAN ’’réinventent’’ le passé

Pour la troisième année consécutive, le Musée Théodore Monod d’Art africain de l’IFAN Cheikh Anta Diop accueille un dialogue culturel international en présentant les œuvres des lauréats du Prix de la Photographie 2023-2024 du Musée du Quai Branly Jacques Chirac.

Fruit d’un partenariat désormais durable entre les deux institutions, l’exposition Réinventer son passé met en lumière le travail de trois lauréats internationaux. Chacun explore, à sa manière, les notions d’identité, de mémoire et d’héritage, créant ainsi une passerelle sensible et poétique entre les continents. Trois parcours, trois regards, trois territoires, mais une même quête essentielle : retrouver la racine

Jaisingh Nageswaran (Inde), artiste autodidacte, transforme son combat personnel contre la dyslexie en une véritable autobiographie visuelle, documentant les communautés vulnérables avec une sensibilité remarquable. Mónica Alcázar-Duarte (Mexique/Royaume-Uni) interroge les zones de tension entre héritages ancestraux et modernité technologique. Julie Gough (Australie) complète ce triptyque en proposant une lecture profonde des mémoires insulaires et du passé colonial.

La force d’une collaboration durable

Ce partenariat dépasse la simple mise en scène d’une exposition. Il témoigne d’un engagement commun pour la circulation des savoirs et la valorisation des créations contemporaines entre l’Afrique et le reste du monde.

Lors du vernissage, le professeur Matar Ndiaye, directeur de l’IFAN, a salué cet événement culturel majeur à Dakar :
“J’espère que vous sortirez de cette visite impressionnés par la richesse de la photographie et que vous garderez d’agréables souvenirs de votre passage au Musée Théodore‑Monod, vitrine culturelle de l’Université Cheikh Anta Diop.”, a-t-il affirmé

Pour le conservateur du Musée Théodore Monod, le Professeur El Hadji Malick Ndiaye, ce projet permet de revisiter le passé pour mieux questionner les imaginaires contemporains à travers le storytelling visuel de ces artistes.

Un prix international majeur

Créé en 2008, le Prix pour la Photographie du Quai Branly soutient chaque année la création de projets originaux d’artistes originaires d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Avec une dotation de plus de 19 millions de FCFA par projet depuis 2022, il constitue l’un des soutiens les plus significatifs au monde dans le domaine de la photographie contemporaine.

En quinze ans, ce dispositif a permis de constituer une collection de référence de près de 1 000 tirages, abordant des thèmes essentiels tels que l’écologie, les migrations, la mémoire postcoloniale et les identités diasporiques.

Une exposition à découvrir jusqu’au 3 mai 2026

Ouverte au public jusqu’au 3 mai 2026 au Musée Théodore Monod IFAN Cheikh Anta Diop, l’exposition offre aux dakarois une occasion unique de découvrir le dialogue fécond entre les  patrimoines du musée Théodore Monod  IFAN  Cheikh Anta Diop et des œuvres majeures de la scène photographique internationale.

Passage de témoins à la direction de l’IFAN: continuité et engagement 

La cérémonie de passation de service entre le Directeur sortant, le Professeur Abdoulaye Baïla Ndiaye, et le Directeur entrant, le Professeur Matar Ndiaye s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de solennité et de cordialité.

Inscrite dans la pure tradition universitaire, la cérémonie s’est tenue en présence des chercheurs et enseignants (PER) , du personnel administratif, technique et de service (PATS), des étudiants, et a été marquée par des moments fructueux d’échanges cordiaux et de vœux de succès.

Dans son allocution, le Professeur Abdoulaye Baïla Ndiaye a exprimé sa profonde gratitude à l’ensemble des membres du personnel de l’Institut pour la confiance placée durant ses deux mandats. Il a salué leur professionnalisme et leur esprit d’équipe pour l’accomplissement de sa mission à la Direction de l’IFAN.

Prenant la parole à son tour, le Professeur Matar Ndiaye, nouveau Directeur de l’IFAN Cheikh Anta Diop, a accueilli avec humilité, responsabilité et remerciements la confiance que les collègues ont porté à sa modeste personne en l’élisant Directeur de l’IFAN. Ch. A. Diop. Il a réaffirmé sa volonté de s’inscrire dans une dynamique de continuité et de consolidation des acquis, tout en engageant de nouveaux chantiers structurants qui seront matérialisés autour d’un plan stratégique.

Le nouveau Directeur a en effet annoncé que le plan stratégique fera l’objet de larges concertations avec tous les membres du personnel exerçant dans les départements, laboratoires et services, afin de trouver la meilleure vision la plus consensuelle pour l’IFAN.

Fort de ses expériences scientifiques et administratives, le Professeur Matar Ndiaye compte impulser une nouvelle vision de la recherche adaptée aux mutations actuelles du monde académique et aux défis de l’affranchissement des champs disciplinaires pour tendre vers transdisciplinarité réfléchie et constructive.

« C’est un honneur et un privilège de prendre la direction de l’IFAN, qui constitue l’une des grandes institutions de recherche universitaire de l’Afrique. L’IFAN joue un rôle majeur dans la construction des savoirs, la conservation des collections, l’archivage et la numérisation des documents, ainsi que dans le partage et la valorisation des connaissances à travers des approches innovantes. J’entends mettre mon mandat au service de l’efficacité administrative et de la transparence totale dans la gestion des ressources. » a-t-il rajouté.

Cette cérémonie de passation de service marque ainsi une étape importante dans la vie de l’IFAN, institut universitaire au service de la recherche, du patrimoine et de la production des savoirs.

Le LATEU IFAN présente des solutions fondées sur la nature pour une gestion durable de l’eau et de l’assainissement

 Organisée par le Laboratoire de Traitement des Eaux Usées (LATEU) de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop), cette exposition est consacrée à la gestion durable de l’eau et de l’assainissement

Elle s’inscrit dans la mission de l’IFAN de promotion de la recherche scientifique et de valorisation des connaissances au service du développement. Inaugurée dans les jardins du musée Théodore Monod de l’IFAN, cette exposition se veut itinérante. Elle sera ensuite installée à l’IFAN au campus pédagogique de l’UCAD. 

L’objectif est de sensibiliser le grand public, les acteurs institutionnels et les décideurs aux enjeux liés à l’assainissement, à travers la présentation de solutions alternatives fondées sur la nature.

Un enjeu majeur de santé publique et de développement durable

L’assainissement constitue un pilier fondamental du développement durable. Il conditionne la santé des populations, la préservation des écosystèmes et la qualité du cadre de vie. Cependant, dans de nombreuses régions, l’accès à des services d’assainissement adéquats demeure limité, entraînant des conséquences sanitaires, économiques et sociales importantes, notamment pour les femmes, les filles et les populations les plus vulnérables.

Face aux limites des systèmes classiques de traitement des eaux usées, souvent coûteux et énergivores, le LATEU met en avant des solutions durables et accessibles. Le lagunage, les filtres plantés, les zones humides artificielles et le compostage des boues de vidange figurent parmi les technologies présentées lors de l’exposition.

Ces approches, fondées sur la nature, se distinguent par leur efficacité, leur résilience et leur faible coût d’exploitation, tout en étant mieux adaptées aux réalités locales.


L’expertise scientifique au cœur de l’initiative


Selon le Dr Nourou Diaby, chef du Laboratoire de Traitement des Eaux Usées de l’IFAN, une part importante des eaux usées est encore rejetée dans l’environnement sans traitement, avec des impacts significatifs sur la santé publique et les écosystèmes. 

« Avec la croissance démographique, la pression sur la ressource en eau s’accentue. Une eau utilisée devient une eau usée et ne peut être rejetée dans la nature sans un traitement approprié », souligne-t-il.


Le chercheur rappelle également que les solutions fondées sur la nature constituent une alternative crédible aux infrastructures classiques, en raison de leurs coûts d’investissement réduits et de leurs besoins énergétiques limités.

Une démarche de valorisation de la recherche

À travers cette exposition, l’IFAN réaffirme son engagement en faveur de la valorisation de la recherche scientifique et de la diffusion des connaissances auprès du public. En s’appuyant sur des expériences menées au Sénégal, en Afrique et à l’international, le LATEU contribue à promouvoir des réponses durables aux défis liés à l’assainissement et à la gestion de l’eau.

Redécouvrir Cheikh Anta Diop à travers l’ouvrage du Dr Khadim Ndiaye : l’IFAN accueille une table ronde

Ce lundi 22 décembre , à l’auditorium Khaly Amar Fall ,où la voix de Cheikh Anta Diop tonnait déjà en 1976 , s’est tenue une table ronde autour de la présentation de l’ouvrage du Dr Khadim Ndiaye, Cheikh Anta Diop par lui-même : itinéraire, pensées, confidences, opinions et combats.

Organisée grâce à la collaboration de trois laboratoires de l’IFAN (Histoire, Carbone 14, Préhistoire et Protohistoire), ainsi que de la Direction des affaires culturelles et scientifiques (DACS), cette rencontre a permis à l’auteur d’expliquer la démarche singulière qui a guidé son travail. Fidèle à l’esprit de Cheikh Anta Diop, qui refusait tout cloisonnement des disciplines scientifiques, Khadim Ndiaye a souligné qu’il était impossible d’appréhender pleinement la pensée du savant en se limitant à ses seuls ouvrages.

Pour combler ce qu’il estime être les « 20 % manquants » après pourtant dix années de recherche, l’historien s’est tourné vers d’autres sources : archives audiovisuelles, presse écrite, transcriptions de conférences et de colloques — notamment celui organisé par Sankoré sous l’impulsion de Pathé Diagne — ainsi que le journal Taxaw. Cette immersion dans les matériaux périphériques lui a permis de restituer une pensée vivante, contextualisée et profondément engagée.

 Présentant sa lecture de Cheikh Anta Diop, Dr Ndiaye ressort plusieurs axes majeurs de la pensée diopienne. L’unité culturelle africaine  est un fait historique, sans nécessairement impliquer une unité politique, celle-ci relevant d’un projet. Il considère à travers la relecture de Cheikh Anta Diop que le savant milite pour  une fédération africaine pluricommunautaire respectueuse des identités nationales ; pour  la promotion d’une langue continentale n’entrant pas en concurrence avec les langues maternelles ainsi que  la nécessité, dans une logique de dissuasion, d’une « bombe atomique africaine ».  En effet,  Cheikh Anta Diop considère que « la sécurité précède le développement ». Il y a enfin, l’instauration d’un bicaméralisme inspiré des sociétés africaines précoloniales, avec deux chambres parlementaires d’égale dignité, l’une composée de femmes, l’autre d’hommes.

Sur ce point,  Dr Khadim Ndiaye a proposé le concept de « Féeminisme », forgé à partir du terme wolof feem, pour qualifier la vision féministe singulière de Cheikh Anta Diop, enracinée dans les structures sociales africaines.

Comme le veut la tradition académique, la présentation de l’ouvrage a été précédée d’un panel introductif, modéré par le Dr Mamadou Bodian, sociologue à l’IFAN. Pr Ibrahima Thiaw  représentant le Directeur de l’IFAN , a ouvert la rencontre en rappelant avec force que « Cheikh Anta Diop est sans aucun doute l’intellectuel africain le plus puissant du XXᵉ siècle ».

Préfacier de l’ouvrage, le Dr Dialo Diop a choisi de ne pas s’attarder sur le scientifique dont les travaux, bien que longtemps controversés, ne le sont plus aujourd’hui. Il a plutôt mis en lumière l’homme politique, fondateur du Rassemblement national démocratique (RND), insistant sur la place centrale de l’éthique dans son engagement, son respect scrupuleux de la parole donnée et sa rigueur morale. Il a également rappelé un point fondamental de la pensée de Cheikh Anta Diop : pour lui, toutes les cultures se valent, et la seule revendication légitime des peuples noirs est celle de l’antériorité de leur civilisation.

Ancienne directrice de la Bibliothèque universitaire de l’UCAD puis de la Direction du Livre et de la Lecture, Mme Marietou Diongue a, pour sa part, souligné la profonde confiance que Cheikh Anta Diop plaçait dans  la jeunesse, à laquelle il témoignait une affection sincère. Elle a rappelé que si la première exposition consacrée au savant au Sénégal a pu être organisée seulement quarante jours après son décès, c’est parce qu’il lui avait lui-même donné, de son vivant, toutes les indications nécessaires sur les œuvres à présenter au public.

Mme Diongue a également plaidé pour une valorisation effective des langues nationales, rappelant l’importance de la diversité linguistique comme socle de l’émancipation culturelle africaine.

Approches pluridisciplinaires des manuscrits islamiques : l’IFAN abrite un atelier doctoral international

L’IFAN a abrité  du 15 au 18 décembre un  atelier de formation doctoral « Écrire les savoirs islamiques en Afrique de l’Ouest à l’époque moderne : approche pluridisciplinaire des manuscrits de l’IFAN ». Co-organisé par le Centre Jacques Berque, l’INALCO et l’Université internationale de Rabat, cet atelier a vu la participation d’une quinzaine de doctorants sénégalais, marocains et français.

Consacré à l’étude et à la valorisation de ses riches collections de manuscrits de l’IFAN, cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’un programme de recherche lancé en octobre 2023 et distingué en 2024 par le programme d’excellence de l’IFI.

Intitulé « Penser l’islam depuis le Sénégal, la France et le Maroc. Approches comparatistes et pluridisciplinaires », ce projet vise à mieux comprendre les expériences musulmanes dans ces trois contextes, en croisant les regards de chercheurs issus de disciplines variées. Les participants s’interrogent notamment sur les langues, les références bibliographiques, les outils méthodologiques et les démarches épistémologiques mobilisés pour analyser les pratiques et les débats autour de l’islam, hier comme aujourd’hui.

Au cœur des discussions : les grands thèmes qui structurent les études islamiques en France, au Maroc et au Sénégal, ainsi que l’état actuel des recherches et des enjeux dans ces pays. Le programme se situe à la croisée des études islamiques « classiques » – doctrinales, juridiques, philologiques et mystiques – et des sciences humaines et sociales appliquées aux corpus et aux pratiques musulmanes.

L’IFAN accueille l’atelier de validation des fiches terminologiques du projet SENTERMINO

L’IFAN Cheikh Anta Diop a accueilli, les 19 et 20 novembre 2025, le premier grand atelier officiel de validation des fiches terminologiques du projet SENTERMINO – Banque de Données Terminologiques et de Traductique du Sénégal, un dispositif national dédié au développement, à la normalisation et à la diffusion des terminologies en langues nationales.

Cet atelier, organisé en collaboration avec l’École supérieure polytechnique (ESP) de Dakar et soutenu par l’Unesco dans le cadre de son programme Cap Education (CAPED), l’IFEF avec le programme Ecole et langues nationales (ELAN) et le Ministère de l’Éducation nationale, marque une étape majeure dans la construction d’une infrastructure linguistique destinée à renforcer l’enseignement bilingue et l’intégration des langues nationales dans l’écosystème numérique du Sénégal.

Un atelier placé sous le signe de la rigueur scientifique et du travail collectif

Dans son mot d’ouverture, la Pr Adjaratou Oumar Sall Diaw, coordonnatrice du projet, a rappelé l’importance de cette étape : « C’est le premier atelier de validation scientifique. Nous construisons ici les fondations d’une plateforme qui servira l’éducation, la recherche et le grand public. »

L’atelier intervient après une première séance d’essai consacrée à la prise en main de la plateforme. Cette fois, le Comité scientifique national de validation (CNSV) – une trentaine de spécialistes – était réuni pour assurer l’aval final des fiches terminologiques. Mme Diaw a salué la présence des experts, des professeurs et des linguistes qui travaillent sur la terminologie depuis des décennies, ainsi que celle Marieme Diallo, coordinatrice du Programme CapED de l’UNESCO et des représentants du Ministère de l’Éducation nationale, Pr Mbacké Diagne, Conseiller technique du Ministre et Mr Aliou Fall, Directeur de l’Alphabétisation et des Langues nationales, Mme Sernabou Wade, Directrice du Centre National de ressources éducationnelles.

Le Comité scientifique national de validation (CNSV), composé d’une trentaine de spécialistes, a travaillé durant deux jours à l’examen et à la validation des fiches produites par les Sous-réseaux thématiques (SRT) et prévalidées par les Comités de Langue (CL).

Un processus méthodologique rigoureux et participatif

Le projet SENTERMINO repose sur une méthodologie structurée en quatre étapes principales :

– Dépouillement et préproduction par les Comités de Langue, qui élaborent les listes de mots et les premières définitions ;

– Production terminologique par les Sous-réseaux thématiques, organisés par langues et par domaines scientifiques ;

– Relecture, harmonisation et corrections par les Comités de Langue ;

– Validation finale par le Comité scientifique national de validation, chargé de garantir la fiabilité linguistique, terminologique et scientifique des équivalents.

Au total, plus de 1 000 fiches terminologiques ont déjà été produites sur un corpus de 2 089 entrées couvrant les trois langues nationales (wolof, pulaar, seereer) et cinq domaines disciplinaires : Langue & communication, Mathématiques, Physique, Chimie, Sciences de la vie et de la Terre (SVT), TIC.

Des apports documentaires exceptionnels : plus de 200 corpus remis au projet

La Direction de l’Alphabétisation et des Langues nationales (DALN), le Centre national de ressources éducationnelles (CNRE), ainsi que d’autres partenaires institutionnels et experts individuels ont remis au projet près de 200 documents terminologiques, constituant une base unique au Sénégal.

Ces documents – souvent issus de décennies de recherche – sont déjà numérisés et son entrain d’être archivés et intégrés dans la bibliothèque numérique SENTERMINO.

À cela s’ajoute un nouveau corpus de 400 termes en finance aves des équivalences en pulaar, remis par un expert des Nations Unies, qui servira de point de départ à l’élaboration d’une série quadrilingue (wolof–pulaar–seereer–français).

Des enjeux majeurs pour l’enseignement bilingue

SENTERMINO est désormais considéré comme un outil clé pour la mise en œuvre du Modèle harmonisé de l’enseignement bilingue (MOHEBS).

Il facilitera la création de manuels bilingues, la formation des enseignants et l’introduction des langues nationales dans les outils numériques et les plateformes éducatives.

Les participants ont également insisté sur l’urgence d’intégrer les langues nationales dans les environnements numériques afin d’éviter la circulation d’équivalents incorrects générés par l’intelligence artificielle.

Recommandations et perspectives : renforcer la souveraineté linguistique et numérique

Les participants ont formulé plusieurs recommandations essentielles pour consolider l’efficacité du dispositif et assurer la pérennité du travail terminologique. Ils ont d’abord insisté sur la nécessité de retravailler certaines définitions afin de les rendre plus accessibles et plus facilement utilisables par les producteurs de fiches comme par les futurs utilisateurs. Ils ont également souligné l’importance de garantir une véritable cohérence interlinguistique, en veillant à ce que les équivalents proposés soient harmonisés entre les différentes langues nationales.

L’accélération du rythme de production terminologique a été identifiée comme un axe prioritaire, notamment pour répondre aux besoins croissants du système éducatif et des secteurs numériques. Dans cette perspective, les participants ont recommandé d’adresser un courrier au Ministre de l’Éducation nationale afin de permettre l’intégration des ressources terminologiques déjà produites dans le cadre de l’enseignement bilingue à la future base nationale, et de les approfondir si nécessaire.

Ils ont également attiré l’attention sur l’urgence de renforcer la présence des langues nationales dans l’environnement numérique, afin d’éviter que les systèmes d’intelligence artificielle ne

génèrent des équivalents incorrects pouvant induire les apprenants en erreur. Enfin, ils ont préconisé l’intensification des sessions régulières de validation afin de soutenir la dynamique de production et d’assurer la qualité scientifique des contenus terminologiques.

Des enjeux majeurs pour l’enseignement bilingue

SENTERMINO est désormais considéré comme un outil clé pour la mise en œuvre du Modèle harmonisé de l’enseignement bilingue (MOHEBS).

Il facilitera la création de manuels bilingues, la formation des enseignants et l’introduction des langues nationales dans les outils numériques et les plateformes éducatives.

Les participants ont également insisté sur l’urgence d’intégrer les langues nationales dans les environnements numériques afin d’éviter la circulation d’équivalents incorrects générés par l’intelligence artificielle.

Le projet répond directement aux priorités nationales en matière de souveraineté linguistique, éducative et numérique, et contribue à renforcer la cohésion linguistique du pays.

Les deux journées de l’atelier des 19 et 20 novembre 2025 ont marqué une avancée décisive pour la structuration de la terminologie en langues nationales au Sénégal. Avec l’engagement des linguistes, des enseignants-chercheurs, des partenaires institutionnels, des experts du Ministère, des personnes ressources, SENTERMINO franchit une nouvelle étape vers la mise à disposition d’une base terminologique nationale accessible, fiable et adaptée aux besoins de l’éducation, de la recherche et du grand public.

Avec cet atelier, l’IFAN Cheikh Anta Diop, en tant qu’institution pilote, réaffirme son rôle central dans la production scientifique, la valorisation des langues nationales et le développement d’outils innovants au service du Sénégal.

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