Distinction Dr Fatou Sow : L’IFAN salue une ancienne pensionnaire, pionnière du féminisme africain

Le 18 mai, l’Université de Bayreuth remettra de manière festive au Dr Fatou Sow le doctorat honorifique BIGSAS. Avec ce prix, la sociologue sénégalaise Dr. Fatou Sow – basée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) à Paris – est reconnue pour son engagement indéfectible à la cause des femmes et ses remarquables travaux d’érudition. réalisations dans les sujets féministes sur le continent africain. Sow est une véritable pionnière des études de genre et du féminisme africain, qui a travaillé à la pointe des droits des femmes en Afrique de l’Ouest et au-delà pendant plus d’un demi-siècle.

Le prix a été annoncé pour la première fois lors de son discours liminaire à la conférence Africa Multiple Cluster of Excellence le 14 juillet 2021 et sera désormais célébré de manière festive le 18 mai de cette année.

La cérémonie aura lieu sur le campus, mais peut également être suivie en ligne. Veuillez vous inscrire à l’un ou l’autre des formats d’événement en visitant  https://bigsas-award-ceremony.wr-events.de/

Les mercredis de l’alphabétisation Àllarbay làkki réew mi

Lecture – Écriture wolof (Cours en ligne)

Le Laboratoire de linguistique de l’IFAN Ch. A. Diop, en collaboration avec le groupe Fonk Sunuy làmmiñ, organise des cours pour l’écriture et la lecture du wolof.

Ces cours, gratuits, se dérouleront en ligne du 18 mai au 11 juin 2022 et sont ouverts à toute personne désireuse d’améliorer son niveau d’écriture et de lecture en wolof.

Deux possibilités sont offertes :

  •  les mercredis de 16h à 18h
  • les samedis de 10h30 à 12h30

Les personnes intéressées peuvent contacter l’équipe enseignante aux numéros et e-mails ci-dessous et préciser le jour qui leur convient.

Contact :

Tel : +221 77 631 63 47, +221 70 970 41 15, +221 77 453 64 63

E-mail : dramemamour@yahoo.fr ; adjisall@yahoo.fr allarbaylakkireewmi@gmail.com

CAMARA LAYE-PENSIONNAIRE DE L’IFAN

Camara Laye intégra l’IFAN en 1966 à la faveur d’une bourse d’étude attribuée par le président sénégalais Léopold Sédar Senghor. Il fut d’abord admis au laboratoire d’histoire avant de poursuivre sa carrière scientifique au laboratoire des langues et civilisations africaines. Professeur Yves Person l’encourageait poursuivre son travail de transcription et de traduction des bandes de l’épopée de Soundiata Keita entamé en Guinée. Camara Laye travaillait ainsi sous la direction de Professeur Liliane Kesteloot, contribuant ainsi à la sauvegarde des récits sur l’Afrique racontés par les griots. Cette entreprise l’occupa pleinement durant ces dernières années de vie alors que sa santé était devenue vacillante.

Né en 1928 à Kouroussa en Guinée, Camara Laye est issue d’une lignée de forgerons. Après des études primaires inachevées , il s’orienta vers la professionnalisation et   réussit son certificat d’aptitude professionnelle en mécanique. Il eut ensuite une bourse d’étude en France pour une spécialisation. Mais « faute d’avoir pu s’inscrire dans un établissement scolaire, Camara Laye se retrouve ouvrier des usines Simca », peut-on lire dans le bulletin 175 des Notes Africaines qui retrace les principales étapes de sa vie. Camara Laye fait la connaissance d’une française,  professeur de lettres à Paris. Cette rencontre donna naissance à son premier roman L’enfant noir (1953), autobiographie dans laquelle l’auteur raconte l’histoire, les péripéties de sa vie dans un style imagé et pittoresque. Ce livre est un condensé des mémoires de Camara Laye. De son enfance dans une petite ville de la Haute Guinée en passant par le métier de bijoutier de son père qu’il doit perpétuer, les pouvoirs spirituels de sa mère, les croyances traditionnelles et son goût prononcé pour les études, L’enfant noir est considéré comme un chef d’œuvre de la littérature africaine. Avec cet ouvrage, il obtint le prix Charles Veillon en 1954. L’enfant noir est étudié dans les programmes scolaires au Sénégal et en Guinée

Le regard du roi (1954) est le deuxième roman de Camara Laye. Celui-ci a divisé les critiques sur l’authenticité de cet ouvrage mystique dont les référentiels reposent sur la culture Mossi. Le regard du roi évoque le cheminement spirituel d’un blanc délaissé par ses semblables, qui tente d’accéder à la sagesse africaine.

En 1958, Camara Laye est nommé directeur du crédit du Congo après un passage à la caisse centrale de la France d’Outre-Mer qui formait les cadres des agences de crédit d’Afrique noire. Lorsque la Guinée eut son indépendance, il est affecté au Ghana comme ambassadeur par le président Sékou Toure. Il occupa plusieurs postes à l’étranger avant d’être rappelé pour diriger l’Institut National de la Recherche et de la Documentation en Guinée ex   IFAN, afin de continuer son travail de recherche sur le Mande.
En conflit ouvert avec Sékou Touré, Camara Laye a vécu une brève expérience carcérale. A sa sortie de prison, il s’installa en Côte d’Ivoire puis au Sénégal en 1965. Une année plus tard, sortit son troisième ouvrage Dramous (1966), une critique acerbe du régime guinéen.

 Au Sénégal, dans les années 70, en dépit d’une hypertension artérielle tardivement diagnostiquée, Camara Laye finit ses recherches sur l’épopée de Soundiata Keita et publia l’ouvrage Le Maitre de la parole (1978).

 Il s’agit d’une transposition et d’une réécriture de l’épopée de Soundiata Keita que Camara Laye a mis une vingtaine d’années à collecter auprès des griots, gardiens de la mémoire en Afrique.

Camara Laye décédera deux ans plus tard, en 1980.  Il repose aux cimetières de Yoff.  Dans son allocution prononcée à Dakar lors de ses obsèques, Amar Samb, ancien directeur de l’IFAN parlait de lui en ces termes : «   romancier de talent, poète, ami affable, Laye Camara entre dans le panthéon des hommes de lettres (…), il est mort mais pas son œuvre littéraire marquée du sceau de l’originalité ».

REFERENCES

Kestelot, L (Juillet 1982). Témoignages sur Camara Laye. Revue Notes Africaines No 175, 58-59

URICA : Webinaire sur « Ecrire des histoires plurielles de la migration : pistes de réflexion à partir d’un travail en cours sur des sources radiophoniques locales à Kayes (Mali) »

L’Unité de Recherche en Ingénierie culturelle et en Anthropologie, dans le cadre de ses activités d’animation scientifique organise de manière ponctuelle des conférences sur diverses thématiques des sciences sociales.

Mercredi 6 avril 2022 à partir de 10h 30, vous êtes cordialement invité au prochain webinaire sur « Ecrire des histoires plurielles de la migration : pistes de réflexion à partir d’un travail en cours sur des sources radiophoniques locales à Kayes (Mali) ». Ce webinaire sera animé par le Dr. Aïssatou Mbodj-Pouye, anthropologue chargée de recherche CNRS et à l’Institut des mondes africains à Aubervilliers (France).

Pour participer au webinaire, veuillez cliquer sur le lien suivant : 

https://us02web.zoom.us/j/87590014171?pwd=NTJjT0ZKbEdRU0RCSWRPMFpGaEJrdz09

Présentation de l’ouvrage « Provencialiser la langue, langage et colonialisme »

Présentation d’ouvrage le 17 Mars 2022

Cécile Canut est sociolinguiste et cinéaste. Membre du CERLIS (UMR 8070), elle enseigne à l’université de Paris. Elle a dans un premier temps orienté sa recherche sur les imaginaires linguistiques en Afrique (Mali), sur la mise en scène des migrations (au Cap-Vert). Prônant une linguistique anthropologique politique, elle défend une vision engagée de la recherche. Elle a publié notamment Langue, Anamosa, en 2021,Le langage, une pratique sociale,  Element d’une sociolinguistique politique en 2018 (avec Manon Him-Aquilli, Felix Danos, Caroline Panis au PUFC), Mise en scène des Roms en Bulgarie, Petites manipulations médiatiques ordinaires en 2016, aux éditions Petra ; Une langue sans qualité (2007), Le Spectre identitaire. Entre langue et pouvoir au Mali (2008) aux éditions Lambert Lucas.

Cécile Canut réalise des films documentaires depuis une quinzaine d’années en étroite collaboration avec les personnes qu’elle rencontre.

DISCUTANTS

Héléne Quashie est socio-anthropologue, chercheuse associée au Lartes-IFAN, affiliée à l’Institut des Mondes Africains et fellow de l’Institut Convergences Migrations. Ses travaux s’intéressent aux migrations vers l’Afrique subsaharienne au départ d’Europe et d’Amérique du Nord, incluant les « retours» et circulations des diasporas.

Mouhamed Abdallah Ly sociolinguiste et chef du laboratoire des études sociales de l’IFAN.

Pôle d’Observation et d’Etude de la Migration et de l’Environnement (POEME) du Laboratoire des études sociales de

l’IFAN.

Marame Gueye Marame Gueye est professeur associé de littérature africaine et de la diaspora africaine. Elle donne des cours de premier et de deuxième cycle dans le cadre de la concentration Littératures multiculturelles et transnationales. Ses articles ont été publiés dans Research in African Literatures, African Studies Review, le Journal of Pan African Studies ainsi que dans de nombreuses publications internationales.

Heure : 14h00 – 16h30 (Dakar) ; 15h00 – 17h30 (Paris)

Lien Zoom : https://us06web.zoom.us/j/89991406431

Un squelette de baleine enrichit la Collection du laboratoire de biologie marine

A l’entrée de l’IFAN, des ossements attirent l’attention des visiteurs. C’est une baleine qui a échoué à la plage de « Malika pas loin de la décharge de Mbebeuss », selon les membres de l’association qui ont bien voulu mettre leur découverte à la disposition de l’IFAN. Cette espèce marine a été trouvée le 13 avril 2014 par le Frère CRISTI TAIZE et son équipe Nazareth-Kër Taizé, une association qui prend soin de la nature et de l’humain.

D’autres individus ont également été découverts et récoltés le 23 mars 2015. Le squelette de la baleine bien conservé  a été offert à l’IFAN Cheikh Anta Diop le 25 août 2021. Il vient enrichir la collection du laboratoire de biologie marine qui compte déjà une centaine d’espèces. Ainsi, chercheurs, étudiants et autres spécialistes de la matière pourraient mener des projets de recherche afin de mieux comprendre ces espèces et les interactions environnementales. Le laboratoire de biologie marine de l’IFAN garde une importante collection dont l’objectif est de documenter et d’étudier les espèces marines de la sous-région. Certaines sont en voie de disparition.

LEVEE DE FONDS : L’ART AU SERVICE DE LA RECHERCHE

Des lithographies limitées de deux oeuvres d’art de Kalidou Kassé  seront cédées à des bonnes volontés (entreprises publiques et privées, personnalités, fondations, mécènes, artistes, sportifs) pour soutenir la Recherche à l’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop. L’objectif de ce projet est de développer un programme collaboratif autour de l’art et de la science.

«Les chercheurs ont besoin de nous préparer à l’avenir. L’art a toujours porté la vie, donc est révélateur d’une nouvelle conscience esthétique ; ne plus nous confiner dans les formes et techniques mais interagir dans ce monde contemporain qui fait appel aux champs de tous les possibles culturels, économiques sociaux et environnementaux » affirme Kalidou Kasse pour expliquer la campagne  « Une oeuvre pour la Recherche ».

Les exemplaires seront cédés contre un montant minimum de 500000 francs CFA.

 «Une oeuvre pour la recherche est un prétexte à plus de solidarité, de cohésion sociale autour de l’essentiel et d’une vision partagée» a indiqué l’artiste plasticien, pour qui l’art est un facteur de développement.

Le Directeur de l’IFAN Ch. A. Diop a apprécié l’initiative sa juste valeur. Pour lui, il s’agit de trouver les moyens pour financer la Recherche par nous-mêmes.

Pour expliquer l’intérêt de cette levée du fonds, le directeur affirme que  »Le plus souvent, nos subventions proviennent de l’Europe, de l’Asie de l’Amérique. Ces derniers se posent des

questions et mettent des moyens pour que la Recherche soit menée à bien. Si on finance nous-même nos projets de recherche, on pourra étudier des thématiques qui nous sont propres ».

Par ailleurs, il précise que l’IFAN Ch. A Diop bénéficie d’une subvention annuelle de 100 millions de francs CFA, auxquels s’ajoutent 30 millions de recettes propres. Mais ces fonds ne suffisent pas pour un institut qui, avec ses 17 laboratoires de recherche voudrait bien se déployer sur tout le continent.

Ce financement participatif de la Recherche vise   doter à l’Institut d’équipements scientifiques adéquats, à réhabiliter les bâtiments et à financer des projets de recherche d’équipes pluridisciplinaires.

 « C’est par le savoir que nous arriverons à conquérir et à préserver notre indépendance, facteur indispensable de notre développement», dixit le Professeur Ndiaye.

L’autre composante de ce projet se rapporte à l’organisation d’un forum sur la pacification de l’espace universitaire. Pour mener à bien les projets de recherche, l’Université  doit être un espace

de dialogue et de sérénité. C’est pourquoi, ce projet intègre cet événement porté par Kalidou Kassé  en partenariat avec l’IFAN et la Fondation UCAD.

Ce forum essayera de dégager des consensus forts permettant la pacification indispensable des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.