Nafi Bakhoum /Adjaratou O Sall : Deux trajectoires qui façonnent la recherche et la documentation
Pr Adjaratou Oumar Sall Diaw est linguiste et Maître de recherche au Laboratoire de Linguistique de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN Cheikh Anta Diop) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, laboratoire qu’elle dirige actuellement. Ses travaux portent sur la linguistique africaine, la description et la documentation des langues, les politiques linguistiques et éducatives, ainsi que sur la terminologie, la traduction et la didactique des langues nationales du Sénégal.
Titulaire d’un doctorat de troisième cycle en linguistique consacré à la subordination en wolof, soutenu en 2005 à l’Institut für Afrikanistik de Cologne (Allemagne), puis d’un doctorat unique obtenu en 2021 portant sur les marqueurs de cohérence textuelle en wolof, ses recherches s’inscrivent dans une perspective de valorisation scientifique et culturelle des langues africaines.

Chercheuse à l’IFAN depuis 2007, elle enseigne également à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et participe activement à plusieurs projets de recherche, publications et colloques internationaux consacrés aux langues africaines, au multilinguisme et au patrimoine linguistique. Elle a également coordonné la newsletter institutionnelle IFAN ACTU.
Très engagée dans la promotion et la valorisation des langues nationales, elle coordonne le projet SENTERMINO, dédié à la production de ressources terminologiques et linguistiques pour l’éducation, la recherche et le numérique. Elle mène aussi des activités de vulgarisation scientifique, de production de manuels ( Léebal ma, Seex Anta, Arminaat, Junniy baat ci… ), ainsi que des actions de mobilisation communautaire visant à renforcer la transmission et la reconnaissance du patrimoine linguistique et culturel sénégalais.
« Je voulais être médecin pour soigner les corps ; la vie m’a finalement menée vers la linguistique pour révéler la force des mots. Mais dans les deux cas, la mission reste la même : servir, transmettre et ouvrir des chemins », explique-t-elle pour souligner son engagement envers les langues.
Membre active de plusieurs réseaux et associations scientifiques nationaux et internationaux (Fonk Sunuy Làmmiñ, REVACS, AFTRALAN…), elle collabore régulièrement avec des organisations engagées dans l’éducation bilingue et la promotion des langues nationales. Ses travaux s’inscrivent dans une approche qui articule langue, culture et développement, avec un accent particulier sur la transmission des savoirs, la revitalisation des langues minoritaires et l’intégration des langues africaines dans les politiques éducatives, scientifiques et technologiques contemporaines.
Par son travail et ses engagements, elle contribue à promouvoir une vision de la recherche qui relie langue, culture et développement, en mettant en avant la transmission intergénérationnelle des savoirs, la revitalisation des langues minoritaires et l’intégration des langues africaines dans les enjeux contemporains du numérique et de la science.
Pr Adjaratou Sall a ainsi choisi une voie qui dépasse la seule carrière académique : elle œuvre à rapprocher la recherche, la société et les langues du peuple.
Nafi Bakhoum : gardienne du savoir et artisanne de la mémoire documentaire de l’IFAN
Titulaire d’une Licence d’anglais et d’un Master en Sciences de l’Information et de la Communication, option Bibliothèques à l’EBAD, Nafi Bakhoum assure avec professionnalisme les services techniques et administratifs liés à la gestion d’une bibliothèque. Elle a renforcé ses compétences grâce à de nombreuses formations et stages à l’international. En 2005, elle a notamment effectué un stage sur l’usage des Technologies de l’Information et de la Communication dans les bibliothèques universitaires, à l’Université Libre de Bruxelles (Belgique). Ces expériences font d’elle un véritable « gardien du temple », forte de ses casquettes de Conservateur des Bibliothèques et de Cheffe du Service de la Documentation de l’IFAN.

« La célébration de la Journée de la femme, institutionnalisée un peu partout, a tendance à oublier la contribution des “forgeuses de destin”. Qu’elles soient des femmes actives dans le secteur informel ou des femmes au foyer, elles ont investi sur le long terme afin que nous puissions devenir ce que nous sommes aujourd’hui. Cet investissement, surtout immatériel, mérite d’être célébré. » soutient-elle.
Surnommée Nafi au sein de l’Amicale des femmes de l’IFAN, qu’elle préside depuis 2022, Nafisatou Bakhoum a suivi la formation « Concevoir et mettre en œuvre une bibliothèque numérique », organisée par l’OIF à la Bibliothèque nationale de France en 2008, puis à la Bibliothèque du Maroc en 2010.
Elle s’investit fortement dans le militantisme professionnel, à travers des activités scientifiques et associatives liées à la bibliothéconomie, tant au niveau national qu’international. Elle a également travaillé au sein du bureau de l’ASBAD (Association sénégalaise des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes).
Son parcours riche lui a permis de contribuer activement à l’animation scientifique de l’IFAN, notamment en coordonnant plusieurs expositions majeures, telles que :
- « L’IFAN au féminin : portrait et parcours de femmes dans la recherche » (2015) ;
- « L’IFAN à cœur ouvert », organisée dans le cadre des Journées Portes ouvertes de 2018.
Elle est aussi membre active d’IFAN ACTU, où elle participe à la valorisation des activités et du patrimoine scientifique de l’institution.
