Clôture du projet de numérisation du fonds documentaire Kesteloot

L’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop), en partenariat avec le Réseau francophone numérique (RFN), organise le mardi 23 juin à 9 heures, à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, une journée de clôture et de restitution du projet de numérisation du fonds documentaire de la chercheuse Lilyan Kesteloot.

Réalisé avec le concours de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ce projet a permis la sauvegarde, la numérisation et la valorisation de plus de 1 400 cassettes et documents sonores. Ce corpus constitue un patrimoine exceptionnel composé de chants, contes, légendes et épopées collectés auprès de divers groupes ethnolinguistiques d’Afrique noire.

La manifestation se tiendra dans la salle de visioconférence de l’UCAD II et réunira des représentants de l’IFAN, du Réseau francophone numérique, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ainsi que des chercheurs, enseignants et professionnels du patrimoine documentaire.

La matinée sera consacrée aux allocutions officielles et à la présentation des résultats du projet, notamment les réalisations techniques, les volumes d’archives sauvegardés et les perspectives de mise en ligne de ces ressources dans les bibliothèques numériques de l’IFAN et du RFN. Une démonstration permettra également de découvrir les modalités d’accès aux archives désormais disponibles en format numérique.

L’après-midi sera dédiée à une table ronde intitulée : « De l’écriture à l’oralité : Lilyan Kesteloot, l’odyssée d’un franchissement de seuil épistémologique », modérée par M. Papa Massène Sène.

Cette rencontre scientifique mettra en lumière l’apport majeur de Lilyan Kesteloot au développement des études sur la littérature orale à l’Université Cheikh Anta Diop et dans l’espace universitaire africain francophone.

Plusieurs spécialistes interviendront à cette occasion, parmi lesquels le professeur Amade Faye, M. Abdoulaye Keïta, le Dr Ibrahima Faye, le Dr Lamane Mbaye et le Dr Ngor Gning. Leurs communications porteront sur la genèse de l’enseignement de la littérature orale en Afrique, la constitution des archives sonores, l’héritage scientifique de Lilyan Kesteloot et la valorisation des fonds conservés à l’IFAN.

Cette journée constitue à la fois l’aboutissement d’un important programme de préservation du patrimoine documentaire africain et un hommage à une figure majeure de la recherche sur les traditions orales du continent.

La coordination de cette manifestation est assurée par le Département Langues & Civilisations et le Département Information scientifique de l’IFAN Ch. A. Diop, en partenariat avec le Réseau francophone numérique.

L’IFAN réceptionne des enregistrements sonores de tirailleurs sénégalais

Le directeur des archives du  Centre de Technologie Culturelle de l’Université Humboldt de Berlin, Dr. Christopher Li, a procédé mardi 11 juin 2024 à la remise officielle d’enregistrements sonores  historiques de tirailleurs sénégalais à   l’IFAN. Ces précieux documents audio, enregistrés durant la Première Guerre mondiale, témoignent de l’expérience des tailleurs sénégalais mobilisés à l’époque. Une sélection de ces archives a d’ores et déjà enrichi le fonds audiovisuel de l’IFAN, marquant le début d’un transfert complet des archives ouest-africaines conservées par le centre.

Datant de plus d’un siècle, ces enregistrements ont été réalisés dans un camp de prisonniers allemands et comprennent les voix de soldats issus des colonies françaises, enregistrées entre 1915 et 1918.

« L’analyse de ces documents nous offrira une fenêtre inestimable sur les messages que ces tirailleurs sénégalais ont cherché à transmettre, parfois à l’insu de leurs interlocuteurs pour révéler peut être des aspects méconnus de leur condition d’existence », a souligné le directeur de l’IFAN, Pr Abdoulaye Ndiaye.

Dr. Li renseigne que les premières études de ces enregistrements remontent aux années 40.

«Ces études étaient teintées d’une perspective coloniale. Il était essentiel de rapatrier ces archives en Afrique, dans le contexte de la décolonisation, afin de restituer la parole aux Africains et de leur confier l’exploitation de leur propre histoire»,  explique-t-il.

En parallèle à cette restitution, une session de travail a été organisée avec des chercheurs pour favoriser l’émergence de collaborations scientifiques prometteuses. Ces enregistrements constituent en effet une ressource inépuisable pour les historiens, les anthropologues, les sociologues, les linguistes,  les spécialistes de l’oralité et  les archivistes afin d’éclairer avec des paradigmes différents  les cultures et sociétés africaines du début du XXe siècle. Ils représentent également un enjeu majeur dans la décolonisation des archives ; une invite à la  révision des métadonnées pour une représentation plus équitable et fidèle de l’histoire.

00:00
00:00