La pensée géographique du Pr Cheikh Ba : de Khadimou Rassoul à l’africanisation des savoirs

La bibliothèque universitaire a servi de cadre à une réflexion sur l’œuvre du Pr Cheikh Ba, figure importante de la géographie sénégalaise. Entre témoignage spatio spirituel et projet académique décolonial, cette rencontre a été modérée par le Pr Matar Ndiaye, directeur de l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop)..

Le premier ouvrage, Serigne Touba Khadim Rassoul : la source profitable à la lumière de la géographie, met en lumière la « spatialité » de l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba.
Selon le Pr Matar Ndiaye, le concept de Khitma (être au service) s’inscrit dans une géographie de l’épreuve, où la difficulté devient une ressource et un moteur de transformation spirituelle.

Du séjour à Thiéyène à l’ancrage de la Mouridiyya dans l’espace sénégambien, la géographie ne se contente pas de décrire les lieux : elle devient un support, mais aussi un témoin de la mission du Cheikh. Cet ouvrage montre comment la mobilité, dans des environnements multiples, confère un sens nouveau aux concepts et aux méthodes géographiques, tout en intégrant des dimensions religieuses et sociales.

Préfacière de l’ouvrage, le Pr Aminata Niang Diène a salué la facilitation de l’accès aux archives de Touba, rendue possible grâce au soutien de l’actuel directeur de l’IFAN Ch. A. Diop, le Pr Matar Ndiaye.

Le second ouvrage, Décolonisation des savoirs et africanisation de la géographie : sur les traces du Pr Cheikh Ba, dirigé par le Pr Mamadou Bouna Timéra, s’inscrit également dans la continuité intellectuelle du Pr Cheikh Ba. Il intérroge la décolonisation des savoirs et de l’africanisation de la géographie.

Ce travail  invite à repenser l’aménagement du territoire, à tirer des enseignements des pratiques locales et à investir de nouveaux champs de recherche ainsi que des objets d’étude endogènes.

En explorant  les traces du Pr Cheikh Ba, universitaire émérite et  son projet scientifique sur Serigne Touba , ces travaux démontrent que l’espace africain n’est pas qu’une simple donnée physique, il est le réceptacle d’une histoire intellectuelle et spirituelle qu’il appartient aux chercheurs actuels de documenter, d’analyser et de valoriser.