Célébration de la Journée du Parrain : UCAD Hackaton

Concours d’applications en langues nationales  

Dans le cadre de la célébration de la Journée du Parrain de l’UCAD et des journées Portes ouvertes de l’IFAN Ch. A. Diop, l’Université de Dakar organise un concours d’applications en langues nationales pour téléphones portables intelligents (smartphones) et ordinateurs. 

Ce concours a pour objectif d’encourager de jeunes développeurs à travailler avec des linguistes pour créer des applications utiles pour la communauté dans l’exercice de leur citoyenneté et leur vie quotidienne, de façon générale. 

Les droits à la citoyenneté font en effet partie des droits fondamentaux de tout être humain. Pour exercer ce droit, les personnes doivent avoir accès  à l’information et aux services de base que l’État a le devoir de leur fournir. Cela ne peut se faire de manière efficace que si cet accès est offert dans la langue des usagers et par l’intermédiaire d’un médium qui leur est familier et facilement accessible. 

Dans cette optique, le smartphone est un outil d’une grande aide compte tenu de la rapidité de sa vulgarisation auprès de toutes les catégories de la population et la possibilité qu’il offre d’utiliser aussi bien la voix, l’image que l’écriture, quelle que soit la langue.

Selon le rapport de la GSMA de 2021, 495 millions de personnes étaient abonnées à des services mobiles en Afrique subsaharienne en 2020, soit 46 % de la population de la région – une augmentation de près de 20 millions par rapport à 2019.

De nombreux services l’utilisent de manière efficace. L’un des exemples les plus patents, au Sénégal, est sans aucun doute celui des services financiers, notamment les transferts d’argent et les paiements de factures en ligne. Orange Money, Wave et Free money, sont des services à succès qui utilisent le smartphone via des applications permettant ainsi à tous types de publics,  alphabétisés ou non d’avoir accès à des services bancaires et de paiement en ligne.

Le concours que nous proposons a pour objectif de répondre à un autre type de besoins directement liés à l’exercice de la citoyenneté des Sénégalais.  La majorité de la population sénégalaise n’a en effet pas accès à des services de base et aux informations qui lui permettrait d’exercer de manière éclairée ses droits et devoirs de citoyen. Le premier écueil est celui de la langue. Les textes et services de l’état sont pour la plupart accessibles uniquement en français, la langue officielle du Sénégal. Ils sont de ce fait inaccessibles à tout citoyen ne comprenant pas le français, ce qui est le cas d’environ 90% de la population sénégalaise. Le second écueil est l’accessibilité géographique des services. Les services sont, en grande majorité, situés dans les centres urbains, alors que la majorité de la population vit en milieu rural. 

Deux solutions peuvent remédier à ces problématiques : rendre les services et informations accessibles dans les langues sénégalaises, donc parlées par la majorité des citoyens ; rendre les services et informations disponibles sur smartphone, la couverture GSM et internet du territoire sénégalais étant quasi-totale via les différents fournisseurs agréés au Sénégal. 

Le champ d’application aux services et informations en trait avec la citoyenneté est vaste. Les applications proposées devront concerner des thèmes tels que l’éducation (correcteurs orthographiques, dictionnaires etc.), la citoyenneté (déclaration des naissances, etc.), la santé (notices de médicaments, informations sur les maladies, etc) ou à tout autre thème pouvant toucher le plus grand nombre. 

Le concours de création d’applications en langues locales est ouvert à tous. Pour cette première édition du concours, il s’agira de de proposer des idées d’applications dans deux  langues nationales uniquement, le wolof et le pulaar. Les applications doivent pouvoir utiliser la voix, l’écrit et les images, au besoin.

Les propositions devront être envoyées au plus tard le 25 mars à minuit à l’adresse laboling.ifan@ucad.edu.sn avec comme objet : « Concours applications LN 2022 » Un jury composé d’informaticiens, de linguistes et d’usagers potentiels les évaluera.

Les 3 premiers lauréats seront accompagnés financièrement dans leur projet. Les résultats seront annoncés lors des Journées portes ouvertes de l’IFAN. 

La remise de prix des trois premiers projets sélectionnés, à développer plus tard, se fera le 31 mars, Journée du parrain, par le Recteur de l’UCAD.

Une mise en œuvre au niveau national est prévue en concertation avec les services concernés de l’État du Sénégal. 

Ñëwleen bindu gaaw !    

Ngaree mbinndo-ɗee ko yaawi !

Présentation de l’ouvrage “Provencialiser la langue, langage et colonialisme”

Présentation d’ouvrage le 17 Mars 2022

Cécile Canut est sociolinguiste et cinéaste. Membre du CERLIS (UMR 8070), elle enseigne à l’université de Paris. Elle a dans un premier temps orienté sa recherche sur les imaginaires linguistiques en Afrique (Mali), sur la mise en scène des migrations (au Cap-Vert). Prônant une linguistique anthropologique politique, elle défend une vision engagée de la recherche. Elle a publié notamment Langue, Anamosa, en 2021,Le langage, une pratique sociale,  Element d’une sociolinguistique politique en 2018 (avec Manon Him-Aquilli, Felix Danos, Caroline Panis au PUFC), Mise en scène des Roms en Bulgarie, Petites manipulations médiatiques ordinaires en 2016, aux éditions Petra ; Une langue sans qualité (2007), Le Spectre identitaire. Entre langue et pouvoir au Mali (2008) aux éditions Lambert Lucas.

Cécile Canut réalise des films documentaires depuis une quinzaine d’années en étroite collaboration avec les personnes qu’elle rencontre.

DISCUTANTS

Héléne Quashie est socio-anthropologue, chercheuse associée au Lartes-IFAN, affiliée à l’Institut des Mondes Africains et fellow de l’Institut Convergences Migrations. Ses travaux s’intéressent aux migrations vers l’Afrique subsaharienne au départ d’Europe et d’Amérique du Nord, incluant les « retours» et circulations des diasporas.

Mouhamed Abdallah Ly sociolinguiste et chef du laboratoire des études sociales de l’IFAN.

Pôle d’Observation et d’Etude de la Migration et de l’Environnement (POEME) du Laboratoire des études sociales de

l’IFAN.

Marame Gueye Marame Gueye est professeur associé de littérature africaine et de la diaspora africaine. Elle donne des cours de premier et de deuxième cycle dans le cadre de la concentration Littératures multiculturelles et transnationales. Ses articles ont été publiés dans Research in African Literatures, African Studies Review, le Journal of Pan African Studies ainsi que dans de nombreuses publications internationales.

Heure : 14h00 – 16h30 (Dakar) ; 15h00 – 17h30 (Paris)

Lien Zoom : https://us06web.zoom.us/j/89991406431