Distinction Dr Fatou Sow : L’IFAN salue une ancienne pensionnaire, pionnière du féminisme africain

Le 18 mai, l’Université de Bayreuth remettra de manière festive au Dr Fatou Sow le doctorat honorifique BIGSAS. Avec ce prix, la sociologue sénégalaise Dr. Fatou Sow – basée à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) à Paris – est reconnue pour son engagement indéfectible à la cause des femmes et ses remarquables travaux d’érudition. réalisations dans les sujets féministes sur le continent africain. Sow est une véritable pionnière des études de genre et du féminisme africain, qui a travaillé à la pointe des droits des femmes en Afrique de l’Ouest et au-delà pendant plus d’un demi-siècle.

Le prix a été annoncé pour la première fois lors de son discours liminaire à la conférence Africa Multiple Cluster of Excellence le 14 juillet 2021 et sera désormais célébré de manière festive le 18 mai de cette année.

La cérémonie aura lieu sur le campus, mais peut également être suivie en ligne. Veuillez vous inscrire à l’un ou l’autre des formats d’événement en visitant  https://bigsas-award-ceremony.wr-events.de/

Les mercredis de l’alphabétisation Àllarbay làkki réew mi

Lecture – Écriture wolof (Cours en ligne)

Le Laboratoire de linguistique de l’IFAN Ch. A. Diop, en collaboration avec le groupe Fonk Sunuy làmmiñ, organise des cours pour l’écriture et la lecture du wolof.

Ces cours, gratuits, se dérouleront en ligne du 18 mai au 11 juin 2022 et sont ouverts à toute personne désireuse d’améliorer son niveau d’écriture et de lecture en wolof.

Deux possibilités sont offertes :

  •  les mercredis de 16h à 18h
  • les samedis de 10h30 à 12h30

Les personnes intéressées peuvent contacter l’équipe enseignante aux numéros et e-mails ci-dessous et préciser le jour qui leur convient.

Contact :

Tel : +221 77 631 63 47, +221 70 970 41 15, +221 77 453 64 63

E-mail : dramemamour@yahoo.fr ; adjisall@yahoo.fr allarbaylakkireewmi@gmail.com

CAMARA LAYE-PENSIONNAIRE DE L’IFAN

Camara Laye intégra l’IFAN en 1966 à la faveur d’une bourse d’étude attribuée par le président sénégalais Léopold Sédar Senghor. Il fut d’abord admis au laboratoire d’histoire avant de poursuivre sa carrière scientifique au laboratoire des langues et civilisations africaines. Professeur Yves Person l’encourageait poursuivre son travail de transcription et de traduction des bandes de l’épopée de Soundiata Keita entamé en Guinée. Camara Laye travaillait ainsi sous la direction de Professeur Liliane Kesteloot, contribuant ainsi à la sauvegarde des récits sur l’Afrique racontés par les griots. Cette entreprise l’occupa pleinement durant ces dernières années de vie alors que sa santé était devenue vacillante.

Né en 1928 à Kouroussa en Guinée, Camara Laye est issue d’une lignée de forgerons. Après des études primaires inachevées , il s’orienta vers la professionnalisation et   réussit son certificat d’aptitude professionnelle en mécanique. Il eut ensuite une bourse d’étude en France pour une spécialisation. Mais « faute d’avoir pu s’inscrire dans un établissement scolaire, Camara Laye se retrouve ouvrier des usines Simca », peut-on lire dans le bulletin 175 des Notes Africaines qui retrace les principales étapes de sa vie. Camara Laye fait la connaissance d’une française,  professeur de lettres à Paris. Cette rencontre donna naissance à son premier roman L’enfant noir (1953), autobiographie dans laquelle l’auteur raconte l’histoire, les péripéties de sa vie dans un style imagé et pittoresque. Ce livre est un condensé des mémoires de Camara Laye. De son enfance dans une petite ville de la Haute Guinée en passant par le métier de bijoutier de son père qu’il doit perpétuer, les pouvoirs spirituels de sa mère, les croyances traditionnelles et son goût prononcé pour les études, L’enfant noir est considéré comme un chef d’œuvre de la littérature africaine. Avec cet ouvrage, il obtint le prix Charles Veillon en 1954. L’enfant noir est étudié dans les programmes scolaires au Sénégal et en Guinée

Le regard du roi (1954) est le deuxième roman de Camara Laye. Celui-ci a divisé les critiques sur l’authenticité de cet ouvrage mystique dont les référentiels reposent sur la culture Mossi. Le regard du roi évoque le cheminement spirituel d’un blanc délaissé par ses semblables, qui tente d’accéder à la sagesse africaine.

En 1958, Camara Laye est nommé directeur du crédit du Congo après un passage à la caisse centrale de la France d’Outre-Mer qui formait les cadres des agences de crédit d’Afrique noire. Lorsque la Guinée eut son indépendance, il est affecté au Ghana comme ambassadeur par le président Sékou Toure. Il occupa plusieurs postes à l’étranger avant d’être rappelé pour diriger l’Institut National de la Recherche et de la Documentation en Guinée ex   IFAN, afin de continuer son travail de recherche sur le Mande.
En conflit ouvert avec Sékou Touré, Camara Laye a vécu une brève expérience carcérale. A sa sortie de prison, il s’installa en Côte d’Ivoire puis au Sénégal en 1965. Une année plus tard, sortit son troisième ouvrage Dramous (1966), une critique acerbe du régime guinéen.

 Au Sénégal, dans les années 70, en dépit d’une hypertension artérielle tardivement diagnostiquée, Camara Laye finit ses recherches sur l’épopée de Soundiata Keita et publia l’ouvrage Le Maitre de la parole (1978).

 Il s’agit d’une transposition et d’une réécriture de l’épopée de Soundiata Keita que Camara Laye a mis une vingtaine d’années à collecter auprès des griots, gardiens de la mémoire en Afrique.

Camara Laye décédera deux ans plus tard, en 1980.  Il repose aux cimetières de Yoff.  Dans son allocution prononcée à Dakar lors de ses obsèques, Amar Samb, ancien directeur de l’IFAN parlait de lui en ces termes : «   romancier de talent, poète, ami affable, Laye Camara entre dans le panthéon des hommes de lettres (…), il est mort mais pas son œuvre littéraire marquée du sceau de l’originalité ».

REFERENCES

Kestelot, L (Juillet 1982). Témoignages sur Camara Laye. Revue Notes Africaines No 175, 58-59

L’oeuvre d’Abdoulaye-Bara DIOP en débat

Le Bulletin de l’IFAN Ch. A. Diop, série B, lance un appel à contribution en hommage au Pr Abdoulaye-Bara Diop.

Abdoulaye-Bara Diop a été le véritable grand maître et fondateur de la sociologie sénégalaise. Ses anciens étudiants occupent, de nos jours, des positions importantes dans l’enseignement, la recherche ou les fonctions gouvernementales au Sénégal comme ailleurs en Afrique. Les publications de cet enseignant-chercheur, connu pour sa grande humilité, sa discrétion et sa droiture morale, font partie du patrimoine le plus important de l’université sénégalaise en raison de leur originalité réflexive ou hétérodoxe, de la solidité de leurs fondements et de la précision de leurs résultats. Cette œuvre magistrale, déjà saluée par de nombreux commentaires, a été forgée sur la longue durée. Elle a été dominée par des publications exceptionnelles par leur qualité. Elle a constitué une séquence majeure dans la production de la « grande bibliothèque » relative à la vie de notre pays. Abdoulaye-Bara Diop incarne l’art de la recherche fondamentale. Il a abordé diverses problématiques d’études. 

L’itinéraire d’un brillant chercheur hétérodoxe

Né le 19 août 1930 à Saint-Louis, il a effectué ses études primaires dans cette ville. Entre 1948 et 1953, il fréquente la célèbre École normale William Ponty, à Sébikotane. À la suite d’une année de propédeutique à l’Institut des Hautes Études devenu, plus tard, l’Université de Dakar, il entame, en 1954, des études à l’Université de Toulouse. En 1958, il obtient une licence de psychologie et de sociologie. Il détient également le certificat de philosophie et le DES de sociologie. En 1958, de retour au Sénégal, il est recruté à l’IFAN, alors dirigé par Théodore Monod. En 1959, il est nommé assistant titulaire. Il prépare sa thèse de doctorat de troisième cycle qu’il soutient avec brio en 1964. Il est maître-assistant en 1968. En 1979, Abdoulaye-Bara Diop soutient sa thèse de doctorat d’État en sociologie à l’Université de Paris-Sorbonne, sous la direction de Georges Balandier. Il sera le premier sociologue professeur titulaire de l’Université de Dakar. Il se consacre alors entièrement à l’enseignement et à l’encadrement de ses doctorants africains.

Entre 1986 et 1995, il dirige l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop. Admis, en 1995, à faire valoir ses droits à la retraite, il poursuit néanmoins ses enseignements à la Faculté des Lettres et Sciences humaines. Il est également sollicité par ses collègues pour participer à des jurys de thèse au Sénégal, mais aussi dans d’autres pays africains et en Europe.  

Sa sensibilité politique de gauche l’a rapproché d’Abdoulaye Ly, grande figure intellectuelle, politique et morale du Sénégal contemporain (alors directeur adjoint de l’IFAN), d’Amadou Mahtar Mbow, d’Assane Seck et d’autres universitaires et patriotes africains de renom. C’est en reconnaissance de ses qualités intellectuelles et morales que la présidence de la Commission scientifique des Assises nationales du Sénégal lui a été confiée. Par ailleurs, tout le monde sait le rôle important qu’il a joué au sein de  la Commission nationale de réforme des institutions (CNRI) qui a produit – le fait mérité d’être souligné – le meilleur rapport disponible dans le pays en matière de réforme des institutions.

Il a obtenu de nombreuses distinctions, parmi lesquelles le titre de professeur honoraire de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’UCAD, d’Officier de l’Ordre du Mérite de la République du Sénégal, de Chevalier des Palmes académiques de la République française, de Chevalier de la Légion d’honneur de la République française. 

Un pionnier des études sur les migrations

Le succès de ses livres sur les Wolof a tendance à occulter son œuvre fondatrice sur les migrations. Avant l’indépendance du pays, il a lancé une grande enquête sur la migration toucouleur à Dakar dans le cadre des recherches de la Mission socioéconomique du Sénégal (MISOES). Cette enquête a été effectuée, entre avril 1958 et mars 1959, dans les centres urbains. Ses résultats avaient fait l’objet d’un premier rapport. Il en tirera une thèse de troisième cycle en 1964. C’est à partir de cette base solide qu’il a encouragé ses étudiants à s’intéresser aux migrations sereer et joola. Il a conduit, avec ses partenaires, des programmes de recherche en y insérant certains de ses étudiants. En 1996, il a édité, en collaboration avec Philippe Antoine (démographe à l’ORSTOM devenu IRD), le livre au titre évocateur La ville à guichets fermés : Itinéraires, réseaux et insertion urbaine, IFAN-ORSTOM, 1995, 363 p.

Deux ans plus tard, il a rédigé la préface de l’ouvrage sur L’insertion urbaine à Dakar et à Bamako, dans le cadre d’un partenariat entre le CERPOD (Centre d’études et de recherche sur la population pour le développement), l’IFAN Ch. A. Diop (Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop), l’ORSTOM (Institut français de recherches scientifiques pour le développement en coopération), le CEPED (Centre français sur la population et le développement) et le Département de démographie de l’Université de Montréal. Ce livre de référence est intitulé Trois générations de citadins au Sahel : trente ans d’histoire sociale à Dakar et à Bamako, Paris, L’Harmattan, 1998, 290 p. (Collection « Villes et Entreprises »).

Abdoulaye-Bara Diop a marqué un intérêt soutenu en faveur de la comparaison internationale, de la recherche empirique de terrain et de l’analyse biographique en l’occurrence. Il s’est déployé au-delà de sa discipline. Sa carrière remarquable est jalonnée par des études novatrices au croisement de la sociologie, de l’anthropologie, de l’histoire, de la géographie et de la démographie. Son intérêt pour la démographie a été permanent. Voilà pourquoi il a dispensé des enseignements à l’IPDSR (Institut de formation et de recherche en population, Développement et Santé de la reproduction), alors qu’il avait déjà pris sa retraite de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Des études magistrales sur la société et la famille wolof 

On retiendra du Pr Abdoulaye-Bara Diop les œuvres monumentales que sont : La société wolof, les systèmes d’inégalité et de domination, Paris, Karthala, 1981 et La famille wolof. Tradition et changement, Paris, Karthala, 1985, 262 p. Le premier livre traite notamment des castes, ordres monarchiques et de la société religieuse confrérique. Il y explique, entre autres, les conditions d’émergence du système des confréries religieuses. En conséquence, il a été sollicité pour participer, avec Christian Coulon et Donal Cruise O’Brien, à la présentation critique du livre de Jean Copans (Les marabouts de l’arachide, Paris, Le Sycomore, 1980), dans le n° 4 de la revue Politique africaine (La question islamique en Afrique noire, décembre 1981 : 111-121).

Ses travaux sur la famille wolof traitent successivement de la parenté (structure, terminologie, système d’alliance, comportements), des cérémonies matrimoniales (de l’organisation traditionnelle et des changements socio-économiques), de la polygamie et du divorce. Il a mis au point une méthodologie à la fois descriptive et analytique du système de parenté et d’alliance avec une terminologie d’une grande précision. Il a surtout mis en évidence les changements et problèmes d’adaptation qui se posent à la société wolof et les effets de la très rude domination du pays par le système capitaliste. C’est ce qui l’avait amené à insister sur la nécessité de rechercher une autre forme de développement mettant l’intérêt des paysans au centre de ses préoccupations et dont ils seraient, eux-mêmes, partie prenante. 

On se souvient encore de la chronique bibliographique établie par l’un de ses collègues, un théoricien hétérodoxe, très attaché au Sénégal : « Ce travail est important à plus d’un titre : à cause de la place des Wolof dans l’histoire des sociétés sénégambiennes et sénégalaises d’abord, mais surtout parce qu’il s’agit là de la première étude d’ensemble, sociologique et ethnologique, sur cette population (ce qui par ailleurs est tout à fait paradoxal). Ce travail est également décisif en ce qu’il allie travail de terrain (recueil de traditions orales et de questionnaires sociologiques) et travail de relecture de la littérature disponible » (voir Politique africaine, n° 4, La question islamique en Afrique noire, décembre 1981 : 137-138).

D’autres travaux d’A.-B. Diop ont été consacrés à la tenure foncière en milieu wolof ou à la formation de la nation au Sénégal. Boubacar Barry, l’auteur du remarquable ouvrage Le royaume du Waalo. Le Sénégal avant la conquête, a célébré la richesse exceptionnelle du travail de Diop, notamment en ce qui concerne « l’évolution de la tenure foncière sous le lamanat et la monarchie jusqu’à nos jours ». A.-B. Diop s’est également intéressé aux paysans du bassin arachidier, notamment à leurs comportements de survie au début de la mise en œuvre des programmes d’ajustement structurel qui ont affecté durablement l’économie et la société sénégalaises.  Un homme de méthode, de rigueur scientifique et morale.

Abdoulaye-Bara Diop a marqué des générations de sociologues et d’anthropologues. Il leur a notamment appris que le succès d’une recherche dépend de sa préparation, de sa bonne planification, mais aussi des références théoriques solides qui la soutiennent et l’orientent. Connu pour sa grande rigueur intellectuelle, il a enseigné à ses étudiants les fondements et les exigences du métier de chercheur. Il leur a surtout montré que l’excellence est le fruit de l’épreuve, de l’apprentissage organisé et patient de la méthode, de la mise à jour des connaissances théoriques. Les recherches rapides, ponctuelles et portant sur des objets circonstanciels peuvent, en effet, conduire à des conclusions superficielles. Le succès de l’œuvre d’A.-B. Diop est le fruit d’un patient travail de méthode et de créativité scientifique. Dr Arame Fal, chercheure également à l’IFAN et éminente linguiste, a, sans doute, joué un rôle important dans la grande précision de la terminologie linguistique adoptée dans les publications de ce brillant chercheur. 

Abdoulaye-Bara Diop a organisé, du 27 février au 3 mars 1989, une rencontre internationale destinée à célébrer le cinquantenaire de l’IFAN, un Institut qui fut prestigieux et qu’il a tenté de redresser de toutes ses forces pour l’inscrire à nouveau dans la trajectoire définie par Théodore Monod, son fondateur. Ce symposium a marqué la mémoire de l’Institut par la qualité des participants et des contributions (voir la présentation qu’en font E. Le Bris et Christian Coulon dans Politique africaine, 34, juillet 1989, États et sociétés nomades :133-135). 

Abdoulaye-Bara Diop a fait partie des enseignants et chercheurs, venant de toute la sous-région ouest-africaine, qui ont marqué l’institution universitaire du Sénégal durant les années 1960 et 1970. Ces enseignants et chercheurs bien formés et recrutés avec rigueur ont rendu l’université attrayante pour les jeunes de la sous-région, malgré la vigueur du syndicalisme étudiant de l’époque. Ils constituaient une élite prestigieuse et respectée.

Le professeur Abdoulaye-Bara Diop a donné à plusieurs étudiants et chercheurs l’inspiration et la force leur permettant de produire des savoirs originaux sur les sociétés africaines. Son territoire de prédilection a toujours été l’université. Malgré son âge, il n’avait pas arrêté la quête du savoir. Il continuait à travailler sur un grand projet éditorial dédié à la nation sénégalaise. 

Figure intellectuelle majeure du Sénégal contemporain, A.-B. Diop a aussi fait partie de ses grandes figures morales. Comme cela a été dit à propos d’autres universitaires et nationalistes ayant marqué l’histoire des idées de notre pays, personne n’a pu le corrompre et encore moins le « capturer » pour domestiquer sa pensée. Abdoulaye-Bara Diop était un homme intègre. Il symbolisait une forme élevée de la noblesse morale. Il était surtout un homme libre. Voilà pourquoi il mérite d’être célébré par ses collègues universitaires.

Les contributions souhaitées

La démarche retenue est d’encourager des contributions (témoignages et articles) s’inscrivant dans le creuset de la riche et exceptionnelle production scientifique d’Abdoulaye-Bara Diop et privilégiant une démarche réflexive organisée autour de ses principaux thèmes de recherche. Une façon de célébrer son œuvre scientifique remarquable.

Chaque témoignage ne devrait pas dépasser une dizaine de pages. Les autres contributions souhaitées seront axées principalement, avec une démarche très réflexive et si possible hétérodoxe, sur les principales thématiques qui structurent le travail intellectuel d’A.-B. Diop, sur les stratifications sociales, sur l’anthropologie ou la sociologie en Afrique, sur la problématique de la nation, sur l’histoire de l’IFAN ou celle de la Faculté des Lettres et Sciences humaines, mais aussi sur des questions sociales ou politiques importantes relatives au Sénégal contemporain.

Les contributions ne devront pas dépasser 30 pages en interligne simple, y compris la bibliographie. La police recommandée est Times New Roman, corps 12. Les notes de bas de pages seront traitées en Times New Roman, corps 10. 

Les sources des tableaux éventuels seront clairement indiquées. Les graphiques seront livrés en noir et blanc. On fera un usage modéré des tableaux et des autres sources annexés à chaque contribution.

Les photos ou illustrations proposées devront être de bonne qualité et pouvoir être publiées en noir et blanc. Les cartes seront présentées dans un format standardisé, avec les indications habituelles (échelle, légende, sources, sigles et trames). Une police de caractère unique doit être utilisée pour toutes les cartes, en veillant à laisser les noms lisibles. Les couleurs ne seront pas utilisées. Les photos, illustrations, cartes devront être fournies aux éditeurs à part le texte, en fichier séparé.

Chaque contribution comportera des subdivisions avec des titres et sous-titres courts en minuscules. La hiérarchie entre les différents niveaux de titres doit être très claire.

Les citations sont placées entre guillemets doubles et insérées dans le corps du texte, lorsqu’elles sont courtes. Si elles atteignent au moins quatre lignes, elles sont placées en retrait. Toute citation, directe ou indirecte, doit être référencée.  

Les citations de seconde main ne sont pas admises

Les références sont incorporées dans le texte, selon le système auteur-date sans ponctuation, entre parenthèses, comme suit : 

(Fall 1980) et, en cas de renvoi à la page : (Fall 1980 : 118) ou (Fall 1980 : 117, 120, 130). 

Dans le corps du texte, le nom est présenté en minuscules, à l’exception de l’initiale en majuscule : Vernant ; Vidal-Naquet ; Diop.  

Les notes de bas de page seront numérotées de façon continue. Il est conseillé d’éviter l’excès de notes (en nombre ou en longueur).

Les majuscules ne seront utilisées que pour les initiales du nom et du ou des prénoms. Chaque contribution sera accompagnée d’un bref résumé et d’une liste des sigles et abréviations utilisés. Il est demandé de ne pas mettre de point ni d’espace après chaque lettre (exemple : ANSD et non A. N. S. D.). Les sigles seront écrits en capitales lorsque les initiales se prononcent séparément (ANSD, CNRS), mais avec les seules lettres initiales en majuscule lorsque le sigle se lit comme tel (Isra, Orstom, Unesco).

Une bibliographie sera attachée à chaque contribution, et devra être présentée comme suit. 

Présentation bibliographique (dans l’ordre alphabétique, uniquement)

1) ouvrages imprimés, à présenter comme suit, à l’exclusion de toute autre mention 

a) ouvrage en 1 vol.

FOURNIER, N. (1998). Grammaire du français classique. Paris : Belin. 

b) titre générique d’un ouvrage et titre propre d’un volume 

GURVITCH, G. (1969). La vocation actuelle de la sociologie, t. 1, Vers la sociologie différentielle. Paris : PUF. 

c) contribution à un ouvrage collectif 

THILMANS, G. (1997). « Puits et captiveries à Gorée aux XVIIe et XVIIIe s. » : 107-120, 5 ill., in : D. Samb (ed.) Gorée et l’esclavage. Dakar : IFAN Ch. A. Diop. 

2) Mémoire ou thèse (norme AFNOR Z44-050, simplifiée)

NGOM, P. M. (1995).- Caractérisation de la croûte birimienne dans les parties centrale et méridionale du supergroupe de Mako.- Th. État : Géol. : UCAD de Dakar.- 243 f. 

3) Article 

CASTER, F. (1964). « Les réseaux modernes », Géographie urbaine XII (9) : 234-289, 11 fig., 3 ill., 1 carte. 

Les contributions sont à envoyer à : publications.ifan@ucad.edu.sn et seront publiées dans le Bulletin de l’IFAN, série B, LXI (1-2) 2022

Date limite de soumission : 15 mai 2022 

Responsable du volume : 

Pr Abdou Salam FALL 

Responsable de la formation doctorale « Sciences sociales appliquées au Développement »  ETHOS, UCAD

Coordinateur du Laboratoire de Recherche sur les Transformations économiques et sociales 

(LARTES-IFAN), Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN)

URICA : Webinaire sur « Ecrire des histoires plurielles de la migration : pistes de réflexion à partir d’un travail en cours sur des sources radiophoniques locales à Kayes (Mali) »

L’Unité de Recherche en Ingénierie culturelle et en Anthropologie, dans le cadre de ses activités d’animation scientifique organise de manière ponctuelle des conférences sur diverses thématiques des sciences sociales.

Mercredi 6 avril 2022 à partir de 10h 30, vous êtes cordialement invité au prochain webinaire sur « Ecrire des histoires plurielles de la migration : pistes de réflexion à partir d’un travail en cours sur des sources radiophoniques locales à Kayes (Mali) ». Ce webinaire sera animé par le Dr. Aïssatou Mbodj-Pouye, anthropologue chargée de recherche CNRS et à l’Institut des mondes africains à Aubervilliers (France).

Pour participer au webinaire, veuillez cliquer sur le lien suivant : 

https://us02web.zoom.us/j/87590014171?pwd=NTJjT0ZKbEdRU0RCSWRPMFpGaEJrdz09

Célébration de la Journée du Parrain : UCAD Hackaton

Concours d’applications en langues nationales  

Dans le cadre de la célébration de la Journée du Parrain de l’UCAD et des journées Portes ouvertes de l’IFAN Ch. A. Diop, l’Université de Dakar organise un concours d’applications en langues nationales pour téléphones portables intelligents (smartphones) et ordinateurs. 

Ce concours a pour objectif d’encourager de jeunes développeurs à travailler avec des linguistes pour créer des applications utiles pour la communauté dans l’exercice de leur citoyenneté et leur vie quotidienne, de façon générale. 

Les droits à la citoyenneté font en effet partie des droits fondamentaux de tout être humain. Pour exercer ce droit, les personnes doivent avoir accès  à l’information et aux services de base que l’État a le devoir de leur fournir. Cela ne peut se faire de manière efficace que si cet accès est offert dans la langue des usagers et par l’intermédiaire d’un médium qui leur est familier et facilement accessible. 

Dans cette optique, le smartphone est un outil d’une grande aide compte tenu de la rapidité de sa vulgarisation auprès de toutes les catégories de la population et la possibilité qu’il offre d’utiliser aussi bien la voix, l’image que l’écriture, quelle que soit la langue.

Selon le rapport de la GSMA de 2021, 495 millions de personnes étaient abonnées à des services mobiles en Afrique subsaharienne en 2020, soit 46 % de la population de la région – une augmentation de près de 20 millions par rapport à 2019.

De nombreux services l’utilisent de manière efficace. L’un des exemples les plus patents, au Sénégal, est sans aucun doute celui des services financiers, notamment les transferts d’argent et les paiements de factures en ligne. Orange Money, Wave et Free money, sont des services à succès qui utilisent le smartphone via des applications permettant ainsi à tous types de publics,  alphabétisés ou non d’avoir accès à des services bancaires et de paiement en ligne.

Le concours que nous proposons a pour objectif de répondre à un autre type de besoins directement liés à l’exercice de la citoyenneté des Sénégalais.  La majorité de la population sénégalaise n’a en effet pas accès à des services de base et aux informations qui lui permettrait d’exercer de manière éclairée ses droits et devoirs de citoyen. Le premier écueil est celui de la langue. Les textes et services de l’état sont pour la plupart accessibles uniquement en français, la langue officielle du Sénégal. Ils sont de ce fait inaccessibles à tout citoyen ne comprenant pas le français, ce qui est le cas d’environ 90% de la population sénégalaise. Le second écueil est l’accessibilité géographique des services. Les services sont, en grande majorité, situés dans les centres urbains, alors que la majorité de la population vit en milieu rural. 

Deux solutions peuvent remédier à ces problématiques : rendre les services et informations accessibles dans les langues sénégalaises, donc parlées par la majorité des citoyens ; rendre les services et informations disponibles sur smartphone, la couverture GSM et internet du territoire sénégalais étant quasi-totale via les différents fournisseurs agréés au Sénégal. 

Le champ d’application aux services et informations en trait avec la citoyenneté est vaste. Les applications proposées devront concerner des thèmes tels que l’éducation (correcteurs orthographiques, dictionnaires etc.), la citoyenneté (déclaration des naissances, etc.), la santé (notices de médicaments, informations sur les maladies, etc) ou à tout autre thème pouvant toucher le plus grand nombre. 

Le concours de création d’applications en langues locales est ouvert à tous. Pour cette première édition du concours, il s’agira de de proposer des idées d’applications dans deux  langues nationales uniquement, le wolof et le pulaar. Les applications doivent pouvoir utiliser la voix, l’écrit et les images, au besoin.

Les propositions devront être envoyées au plus tard le 25 mars à minuit à l’adresse laboling.ifan@ucad.edu.sn avec comme objet : « Concours applications LN 2022 » Un jury composé d’informaticiens, de linguistes et d’usagers potentiels les évaluera.

Les 3 premiers lauréats seront accompagnés financièrement dans leur projet. Les résultats seront annoncés lors des Journées portes ouvertes de l’IFAN. 

La remise de prix des trois premiers projets sélectionnés, à développer plus tard, se fera le 31 mars, Journée du parrain, par le Recteur de l’UCAD.

Une mise en œuvre au niveau national est prévue en concertation avec les services concernés de l’État du Sénégal. 

Ñëwleen bindu gaaw !    

Ngaree mbinndo-ɗee ko yaawi !

Présentation de l’ouvrage « Provencialiser la langue, langage et colonialisme »

Présentation d’ouvrage le 17 Mars 2022

Cécile Canut est sociolinguiste et cinéaste. Membre du CERLIS (UMR 8070), elle enseigne à l’université de Paris. Elle a dans un premier temps orienté sa recherche sur les imaginaires linguistiques en Afrique (Mali), sur la mise en scène des migrations (au Cap-Vert). Prônant une linguistique anthropologique politique, elle défend une vision engagée de la recherche. Elle a publié notamment Langue, Anamosa, en 2021,Le langage, une pratique sociale,  Element d’une sociolinguistique politique en 2018 (avec Manon Him-Aquilli, Felix Danos, Caroline Panis au PUFC), Mise en scène des Roms en Bulgarie, Petites manipulations médiatiques ordinaires en 2016, aux éditions Petra ; Une langue sans qualité (2007), Le Spectre identitaire. Entre langue et pouvoir au Mali (2008) aux éditions Lambert Lucas.

Cécile Canut réalise des films documentaires depuis une quinzaine d’années en étroite collaboration avec les personnes qu’elle rencontre.

DISCUTANTS

Héléne Quashie est socio-anthropologue, chercheuse associée au Lartes-IFAN, affiliée à l’Institut des Mondes Africains et fellow de l’Institut Convergences Migrations. Ses travaux s’intéressent aux migrations vers l’Afrique subsaharienne au départ d’Europe et d’Amérique du Nord, incluant les « retours» et circulations des diasporas.

Mouhamed Abdallah Ly sociolinguiste et chef du laboratoire des études sociales de l’IFAN.

Pôle d’Observation et d’Etude de la Migration et de l’Environnement (POEME) du Laboratoire des études sociales de

l’IFAN.

Marame Gueye Marame Gueye est professeur associé de littérature africaine et de la diaspora africaine. Elle donne des cours de premier et de deuxième cycle dans le cadre de la concentration Littératures multiculturelles et transnationales. Ses articles ont été publiés dans Research in African Literatures, African Studies Review, le Journal of Pan African Studies ainsi que dans de nombreuses publications internationales.

Heure : 14h00 – 16h30 (Dakar) ; 15h00 – 17h30 (Paris)

Lien Zoom : https://us06web.zoom.us/j/89991406431

Un squelette de baleine enrichit la Collection du laboratoire de biologie marine

A l’entrée de l’IFAN, des ossements attirent l’attention des visiteurs. C’est une baleine qui a échoué à la plage de « Malika pas loin de la décharge de Mbebeuss », selon les membres de l’association qui ont bien voulu mettre leur découverte à la disposition de l’IFAN. Cette espèce marine a été trouvée le 13 avril 2014 par le Frère CRISTI TAIZE et son équipe Nazareth-Kër Taizé, une association qui prend soin de la nature et de l’humain.

D’autres individus ont également été découverts et récoltés le 23 mars 2015. Le squelette de la baleine bien conservé  a été offert à l’IFAN Cheikh Anta Diop le 25 août 2021. Il vient enrichir la collection du laboratoire de biologie marine qui compte déjà une centaine d’espèces. Ainsi, chercheurs, étudiants et autres spécialistes de la matière pourraient mener des projets de recherche afin de mieux comprendre ces espèces et les interactions environnementales. Le laboratoire de biologie marine de l’IFAN garde une importante collection dont l’objectif est de documenter et d’étudier les espèces marines de la sous-région. Certaines sont en voie de disparition.

LEVEE DE FONDS : L’ART AU SERVICE DE LA RECHERCHE

Des lithographies limitées de deux oeuvres d’art de Kalidou Kassé  seront cédées à des bonnes volontés (entreprises publiques et privées, personnalités, fondations, mécènes, artistes, sportifs) pour soutenir la Recherche à l’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop. L’objectif de ce projet est de développer un programme collaboratif autour de l’art et de la science.

«Les chercheurs ont besoin de nous préparer à l’avenir. L’art a toujours porté la vie, donc est révélateur d’une nouvelle conscience esthétique ; ne plus nous confiner dans les formes et techniques mais interagir dans ce monde contemporain qui fait appel aux champs de tous les possibles culturels, économiques sociaux et environnementaux » affirme Kalidou Kasse pour expliquer la campagne  « Une oeuvre pour la Recherche ».

Les exemplaires seront cédés contre un montant minimum de 500000 francs CFA.

 «Une oeuvre pour la recherche est un prétexte à plus de solidarité, de cohésion sociale autour de l’essentiel et d’une vision partagée» a indiqué l’artiste plasticien, pour qui l’art est un facteur de développement.

Le Directeur de l’IFAN Ch. A. Diop a apprécié l’initiative sa juste valeur. Pour lui, il s’agit de trouver les moyens pour financer la Recherche par nous-mêmes.

Pour expliquer l’intérêt de cette levée du fonds, le directeur affirme que  »Le plus souvent, nos subventions proviennent de l’Europe, de l’Asie de l’Amérique. Ces derniers se posent des

questions et mettent des moyens pour que la Recherche soit menée à bien. Si on finance nous-même nos projets de recherche, on pourra étudier des thématiques qui nous sont propres ».

Par ailleurs, il précise que l’IFAN Ch. A Diop bénéficie d’une subvention annuelle de 100 millions de francs CFA, auxquels s’ajoutent 30 millions de recettes propres. Mais ces fonds ne suffisent pas pour un institut qui, avec ses 17 laboratoires de recherche voudrait bien se déployer sur tout le continent.

Ce financement participatif de la Recherche vise   doter à l’Institut d’équipements scientifiques adéquats, à réhabiliter les bâtiments et à financer des projets de recherche d’équipes pluridisciplinaires.

 « C’est par le savoir que nous arriverons à conquérir et à préserver notre indépendance, facteur indispensable de notre développement», dixit le Professeur Ndiaye.

L’autre composante de ce projet se rapporte à l’organisation d’un forum sur la pacification de l’espace universitaire. Pour mener à bien les projets de recherche, l’Université  doit être un espace

de dialogue et de sérénité. C’est pourquoi, ce projet intègre cet événement porté par Kalidou Kassé  en partenariat avec l’IFAN et la Fondation UCAD.

Ce forum essayera de dégager des consensus forts permettant la pacification indispensable des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.