L’IFAN Ch. A. Diop et l’Université d’Évry réfléchissent à des axes de collaboration

Une délégation de l’université d’Évry a été reçue à l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta de Diop du 27 au 28 mai. Les enjeux de la conservation et de la valorisation du patrimoine africain ont été au centre de deux jours d’échanges avec les services du Département de l’information scientifique de l’IFAN Ch. A. Diop et la délégation conduite par son président, Pr Patrick Cumi

Les Services des Archives, de la Publication, de la documentation et de l’Audiovisuel, ont tour à tour, exposé les fonds documentaires dont ils disposent, présenté leurs missions respectives ainsi que les contraintes et défis de la préservation de ce patrimoine. À la suite, une visite guidée a été organisée sous la conduite du Directeur de l’IFAN Ch. A. Diop, le Pr Abdoulaye Bailla Ndiaye.

« Pendant ces deux jours, on a eu à faire l’état des lieux et à échanger sur les perspectives de collaboration en termes de conservation et de valorisation. On a senti un certain intérêt de la part de l’université d’Évry. Ce qui est un réel motif de satisfaction, compte tenu de l’importance de ces fonds pour nous, pour les communautés d’origine et pour la communauté scientifique en général », a indiqué le Directeur. Pour le président de l’université d’Évry, Pr Patrick Cumi, cette visite a également répondu aux attentes. 

« On pressentait que cette visite allait, à la fois, nous permettre de découvrir un univers de données et d’informations qui sont précieuses à un moment où on a besoin de réconcilier l’homme avec l’homme dans sa diversité, mais aussi l’homme dans une harmonie avec la nature. On habite une maison commune qui, aujourd’hui, est quand même assez menacée. Et, ce que l’on a découvert ici, c’est qu’il y’a un ensemble de fonds documentaires écrits de la main de l’homme, des résultats de recherche scientifique, des fonds photographiques et sonores ainsi que des témoignages qui sont tout à fait originaux et inédits ; d’autres qui viennent en complémentarité de ceux qui existent dans le monde.  À l’université d’Évry, on a eu cette volonté qui perdure de mettre en valeur la richesse de l’histoire africaine, à travers les usages, les connaissances, la façon dont on respecte sur la longue durée, la terre qui nous nourrit et puis il y a les connaissances autour des plantes, du sous-sol, etc. L’IFAN Ch. A. Diop concentre tout cela. » 

L’IFAN Ch. A. Diop et l’université d’Évry partagent la même sensibilité à préserver ces documents et à valoriser les savoirs émanant de ces fonds qui constituent un legs pour les générations futures. Les discussions vont se poursuivre pour identifier précisément les axes de collaboration afin de mieux sauvegarder ce patrimoine en vue d’une exploitation scientifique. 

LEVEE DE FONDS : L’ART AU SERVICE DE LA RECHERCHE

Des lithographies limitées de deux oeuvres d’art de Kalidou Kassé  seront cédées à des bonnes volontés (entreprises publiques et privées, personnalités, fondations, mécènes, artistes, sportifs) pour soutenir la Recherche à l’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop. L’objectif de ce projet est de développer un programme collaboratif autour de l’art et de la science.

«Les chercheurs ont besoin de nous préparer à l’avenir. L’art a toujours porté la vie, donc est révélateur d’une nouvelle conscience esthétique ; ne plus nous confiner dans les formes et techniques mais interagir dans ce monde contemporain qui fait appel aux champs de tous les possibles culturels, économiques sociaux et environnementaux » affirme Kalidou Kasse pour expliquer la campagne  « Une oeuvre pour la Recherche ».

Les exemplaires seront cédés contre un montant minimum de 500000 francs CFA.

 «Une œuvre pour la recherche est un prétexte à plus de solidarité, de cohésion sociale autour de l’essentiel et d’une vision partagée» a indiqué l’artiste plasticien, pour qui l’art est un facteur de développement.

Le Directeur de l’IFAN Ch. A. Diop a apprécié l’initiative sa juste valeur. Pour lui, il s’agit de trouver les moyens pour financer la Recherche par nous-mêmes.

Pour expliquer l’intérêt de cette levée du fonds, le directeur affirme que ”Le plus souvent, nos subventions proviennent de l’Europe, de l’Asie de l’Amérique. Ces derniers se posent des

questions et mettent des moyens pour que la Recherche soit menée à bien. Si on finance nous-même nos projets de recherche, on pourra étudier des thématiques qui nous sont propres”.

Par ailleurs, il précise que l’IFAN Ch. A Diop bénéficie d’une subvention annuelle de 100 millions de francs CFA, auxquels s’ajoutent 30 millions de recettes propres. Mais ces fonds ne suffisent pas pour un institut qui, avec ses 17 laboratoires de recherche voudrait bien se déployer sur tout le continent.

Ce financement participatif de la Recherche vise   doter à l’Institut d’équipements scientifiques adéquats, à réhabiliter les bâtiments et à financer des projets de recherche d’équipes pluridisciplinaires.

 « C’est par le savoir que nous arriverons à conquérir et à préserver notre indépendance, facteur indispensable de notre développement», dixit le Professeur Ndiaye.

L’autre composante de ce projet se rapporte à l’organisation d’un forum sur la pacification de l’espace universitaire. Pour mener à bien les projets de recherche, l’Université  doit être un espace

de dialogue et de sérénité. C’est pourquoi, ce projet intègre cet événement porté par Kalidou Kassé  en partenariat avec l’IFAN et la Fondation UCAD.

Ce forum essayera de dégager des consensus forts permettant la pacification indispensable des établissements d’enseignement supérieur et de recherche.

Vidéo de présentation du projet “Une œuvre pour la recherche”