L’IFAN et le Centre Cheikh Moussa Kamara collaborent pour la sauvegarde et la valorisation de manuscrits arabo-islamiques du Sénégal et de la sous-région

L’Institut fondamental d’Afrique noire IFAN Cheikh Anta Diop et le Centre Cheikh Moussa Kamara pour la Recherche, la Culture et le Développement ont signé une convention pour soutenir la restauration, la conservation, la numérisation et la valorisation des manuscrits des lettrés arabes du Sénégal et de la sous-région. Il s’agit d’un patrimoine religieux, scientifique et culturel  d’une portée incommensurable. Installé à Ganguél Soulé dans la  région de Matam (département de Kanel), le centre se fixe comme objectif la collecte, la conservation et la valorisation des manuscrits de Cheikh Moussa Camara ainsi que d’autres érudits musulmans de la zone.

Cheikh Moussa Kamara, guide religieux originaire duFouta a marqué de son empreinte l’histoire intellectuelle du Sénégal. Son œuvre rédigée en langue arabe couvre des domaines variés tels que l’histoire, la religion, la linguistique, la grammaire, la sociologie, l’anthropologie et l’astrologie.

Eminent historien, Cheikh Moussa Kamara entretenait des liens cordiaux avec l’administration coloniale. Il avait ainsi instruit son petit-fils, Mamadou Djiby Kane de remettre des manuscrits à Théodore Monod, le premier directeur de IFAN. Ces manuscrits forment le fonds Cheikh Moussa Kamara constitué entre 1930 et 1944. Ils sont soigneusement préservés dans la salle des manuscrits de l’IFAN qui porte son nom.

Pour soutenir ce partenariat entre l’IFAN et le centre, le khalife de la famille Cheikh Moussa Kamara, Thierno Mouhamadou Bassirou Camara, a invité une délégation de l’IFAN à Guanguel Soulé lors de la ziarra annuelle à l’honneur de  Cheikh Moussa Kamara (1864-1945). La délégation était composée du directeur de l’IFAN, Pr Abdoulaye Baila Ndiaye, du chef du laboratoire d’Islamologie, Dr Djim Damé, du chef du service des archives, Souleymane Gaye.

Dans son discours, le directeur de l’IFAN a magnifié les liens qui unissaient l’Institut à Cheikh Moussa Camara. Il a réaffirmé la disponibilité de l’IFAN à développer des relations de confiance avec le Centre Ch. M. Kamara et avec toutes les familles qui possèdent des manuscrits précieux afin de faciliter leur sauvegarde et leur valorisation. Il a encouragé les détenteurs de manuscrits à les confier au Centre Cheikh Moussa Kamara pour assurer leur préservation et leur diffusion au niveau national et international. L’objectif étant d’éviter  la disparition des savoirs pluridisciplinaires produits par nos érudits.

« L’IFAN ne ménagera aucun effort pour soutenir la préservation et la valorisation de ce patrimoine précieux », a indiqué Pr Ndiaye insistant sur la nécessité de sensibiliser la population sur l’intérêt de céder les documents au centre Cheikh Moussa Kamara et de faire de ce lieu un pôle d’attraction et de visibilité pour la localité.

Le directeur de l’IFAN a par ailleurs salué le rôle du khalife Thierno Mouhamadou Bassirou Kamara et a rappelé la collaboration de longue date entre l’IFAN et la famille de Cheikh Moussa Camara.

Exposition « Habiter ce monde » , un appel contre la haine et le désespoir

Le musée Théodore Monod d’art africain de l’IFAN Ch. A DIOP, en partenariat avec le musée du quai Branly-Jacques Chirac présente l’exposition « Habiter ce monde » du 19 janvier au 31 mars 2024. Le  vernissage de l’exposition s’est déroulé le 18 janvier en présence des autorités des deux institutions muséales.

Les clichés exposés  sont le résultat de recherche de trois artistes, lauréats du prix de la photographie du musée du quai Branly-jacques Chirac en 2019.  Elles relatent chacune une histoire, un évènement et un vécu. Abdoulaye Barry  montre à travers ses photos les nuits passées avec des réfugiés fuyant les djihadistes alors que les torches des téléphones portables semblent   donner des lueurs d’espoir pour des lendemains meilleurs. Pablo Lopez Luz  s’intéresse à la protection des maisons cubaines  particulièrement aux  motifs des fers et des grilles des habitations variés et adaptés à la culture caribéenne. La  photographie de Prasiit Sthapit dresse le tableau de la situation écologique et politique vulnérable du Népal.

Le prix de la photographie du musée du quai Branly-Jacques Chirac témoigne de l’engagement de l’institution muséale  en faveur de la création photographique contemporaine extra-européenne, s’adressant aux artistes photographes originaires de l’un des quatre continents représentés dans les collections des musées en Afrique, Asie, Amérique et Océanie.

A l’ occasion du vernissage, Emmanuel Kasarhérou, président du musée du quai Branly-Jacques Chirac rappelle la volonté de « Co-construire » un partenariat nouveau avec l’IFAN. Il rajoute  que l’exposition  « Habiter ce monde » est un programme initié depuis 2008, permettant de percevoir et d’élargir la perception du monde, constituant ainsi une archive photographique à conserver .

 La première présentation des œuvres des trois lauréats 2019, Prasiit Sthapit (Népal), Pablo Lopez Luz (Mexique) et Abdoulaye Barry (Tchad) à Dakar est l’occasion pour le musée Théodore Monod de l’IFAN Cheikh Anta Diop de les mettre en résonance avec la scène artistique sénégalaise, dynamique et innovante. Ce qui témoigne des liens tissés entre les deux institutions, en cohérence avec leur engagement pour la diffusion de la photographie.

Pour le directeur de l’IFAN, Pr Abdoulaye Baila Ndiaye, la présentation de cette  exposition à Dakar est une nouvelle étape et vient renforcer le partenariat et l’amitié entre le musée du quai Branly-Jacques Chirac et l’IFAN Cheikh Anta Diop. Il précise que la photographie est un patrimoine à entretenir pour rendre le monde plus intelligent. C’est également un appel poétique à nous ériger contre la haine et le désespoir.

ARIELLE MAHOUDO METAHOU

Stagiaire Service Communication

L’exposition “Falémé 12 ans de recherche dans le Sénégal oriental” : comprendre le passé pour mieux s’imprégner du présent…

Du 30 janvier au 30 avril, le musée historique de Gorée de l’IFAN Ch. A. Diop accueille l’exposition “ Falémé 12 ans de recherche dans le Sénégal oriental” qui présente les résultats de 12 ans de fouilles archéologiques menées par une équipe internationale et interdisciplinaire d’archéologues et de paléo environnementalistes. L’exposition retrace l’histoire des populations humaines qui ont habité cette région depuis le Paléolithique ancien jusqu’à nos jours, en mettant en lumière les techniques qu’elles ont développées pour exploiter les ressources de la rivière, ainsi que les influences et les réseaux d’échange qu’elles ont tissé avec d’autres régions.

Proposant un parcours chronologique et thématique à travers plusieurs méthodes de datation, ce travail de recherche exposé à Gorée  permet de découvrir les vestiges archéologiques issus des fouilles, tels que des objets taillés en pierre, de la céramique, des cauris et des perles, mais aussi de comprendre le contexte géomorphologique et paléo environnemental dans lequel ils ont été produits et utilisés. L’exposition s’intéresse aussi aux aspects culturels et sociaux des populations, comme la métallurgie, l’architecture, l’agriculture, l’élevage, la chasse et la pêche.

Le défi de ces douze années de recherche est  de dater chronologiquement l’évolution du peuplement et du climat, ainsi qu’à démontrer les méthodes d’adaptation de la population. L’objectif est également de reconstituer le climat, de décrire les événements passés, la végétation qui y était présente et l’origine de la production d’or.  Il s’agit ainsi  de mieux comprendre les changements environnementaux et les adaptations humaines qui ont eu lieu dans la région étudiée.

Du temps médiéval jusqu’au début de la production du fer, à l’époque actuelle, les chercheurs du projet s’intéressent de près dans leur documentation aux techniques métallurgiques qui ont été mises en œuvre, ainsi que les éléments architecturaux. Les recherches ont permis de retrouver des sites de production de fer qui dataient du 4e siècle avant notre ère.

By Khadija NDONGO,
Stagiaire, Service Communication IFAN

INTERVIEW KHADIM NDIAYE, CHERCHEUR EN HISTOIRE DE L’AFRIQUE

Chercheur en histoire de l’Afrique, l’Enseignant nous livre un vibrant témoignage sur la vie et l’œuvre de Cheikh Anta Diop qui a largement contribué à la restauration de la vérité scientifique et la promotion des langues africaines, notamment locales, gage de développement et d’indépendance.

Au stade actuel, les archives de l’IFAN Ch. A. Diop et de l’UCAD sont malheureusement muettes sur tout ce qui concerne Cheikh Anta Diop. Quelle explication peut-on donner à cette donne ?

Cheikh Anta Diop, auteur controversé, a longtemps eu la réputation d’un penseur infréquentable qui a osé bousculer les idées reçues sur l’histoire de l’Afrique. De son temps, très peu d’intellectuels se sont risqués à écrire sur lui, au sein même de l’Université. Ceci explique certainement cette situation. Mais curieusement, on note aujourd’hui un regain d’intérêt autour de sa pensée. Il y a un réel engouement, chez les jeunes notamment et on ne compte plus le nombre d’articles scientifiques et d’ouvrages qui lui sont consacrés.

Quel est l’apport de ses travaux à la recherche scientifique à l’UCAD et en Afrique en général ?

Un de ses principaux apports est d’avoir théorisé et démontré l’antériorité des civilisations noires. Le continent africain est à l’origine de tout le développement de la civilisation humaine. Cela a été rendu possible par la démonstration qu’il a faite de la « continuité historique » de l’Afrique, faisant remonter son origine à l’Antiquité, ruinant ainsi la thèse des « siècles obscurs » communément soutenue à son époque.

Le rôle de Cheikh Anta DIOP dans la restauration et la préservation de la vérité scientifique, comment l’évaluer ?

Cheikh Anta Diop a joué un rôle de pionnier dans la restauration de la vérité scientifique sur l’Afrique. Si la thèse de l’antériorité des civilisations africaines a été évoquée par des auteurs antérieurs, son apport décisif a été d’en faire un « concept scientifique opératoire » qu’il a pu vérifier dans plusieurs domaines de la connaissance : historique, linguistique, philosophique, sociologique, etc.

Pourquoi a-t-il toujours ramé à contre-courant de la Communauté scientifique internationale ?

Certaines thèses, très en vue à son époque et qui dissimulaient en réalité un projet de domination, faisaient de l’Afrique le parent pauvre de l’histoire, un continent fruste qui n’a rien apporté. Diop a opéré un renversement épistémologique en montrant que l’Afrique est la mère des civilisations. C’est donc une confrontation qui instaure une césure radicale dans la vision de l’histoire de l’humanité.

À quel point pouvez-vous évaluer les impacts (positifs comme négatifs) de son engagement politique ou de son génie politique sur son parcours d’homme de sciences ?

L’impact positif c’est la référence sur l’éthique tout au long de sa carrière politique. Cheikh Anta Diop a refusé à plusieurs reprises l’offre de postes ministériels et parlementaires faite à son parti. Il a toujours refusé les compromissions. Ce qui lui a valu d’être combattu. Il aurait pu faire beaucoup plus au niveau de la formation et de la recherche scientifique si les pouvoirs publics n’avaient pas transféré l’adversité politique sur le terrain de la science.

D’aucuns disent que Cheikh Anta DIOP était bien au-dessus de son époque, qu’en pensez-vous ?

Ceux qui vont à l’encontre de la doxa officielle dans le domaine du savoir sont en général incompris et rejetés de prime abord. C’est bien une marque de supériorité que de renverser une perspective communément admise, d’offrir des paradigmes nouveaux de lecture et d’user d’une méthodologie pluridisciplinaire. C’est ce que fit Cheikh Anta Diop.

Témoignages sur Cheikh Anta DIOP

35 ans après sa mort, des intellectuels témoignent.

Les témoignages sont unanimes. Imminent intellectuel sénégalais disparu en 1987, Cheikh Anta Diop fut l’homme de l’intégrité morale et intellectuelle et du refus des compromissions pour satisfaire les « vraisemblances » du moment. Dans ce Spécial Cheikh Anta Diop, amis, parents, anciens compagnons politiques et intellectuels reviennent sur la vie et le parcours de l’homme.

Boubacar Boris Diop, Écrivain

« Si Cheikh Anta Diop était resté enfermé dans son laboratoire de l’IFAN (…), seuls quelques spécialistes se souviendraient aujourd’hui… »

« Diop est un immense porte-drapeau, un symbole de la résistance politique et culturelle d’un continent que l’Histoire n’a pas épargné. Au Nigeria, il est l’un des rares intellectuels dits francophones à être lu avec attention. Ce n’est pas à Bamako seulement qu’il y a un lycée privé à son nom, j’en ai découvert un autre à Johannesburg. L’Afrique lui sait gré d’avoir su reconnecter le politique et le culturel, mais c’est dans le domaine linguistique que le peuple sénégalais lui est le plus redevable.  »Nations nègres et culture » paraît en 1954 et dès 1958 se constitue le « Groupe de Grenoble » dont les membres (Assane Sylla, Saliou Kandji, Cheik Aliou Ndao, etc.) reconnaissent avoir été directement influencés par l’ouvrage de Diop. Il en naît « Ijjib wolof » le premier alphabet dans la langue de Kocc. Tous ceux qui viendront plus tard – Saxiir Thiam, Pathé Diagne, Aboubacry Moussa Lam et Aram Fal – revendiqueront son héritage.

Aux dires de certains, Diop n’aurait jamais s’engager en politique. Ils estiment que les années qu’il y a consacrées ont été autant d’années

perdues pour ses précieuses recherches. Je pense exactement le contraire. Si Cheikh Anta Diop était resté enfermé dans son laboratoire de l’IFAN à travailler sur des sujets arides, des sujets en rapport avec un passé très lointain, seuls quelques spécialistes se souviendraient aujourd’hui de son passage sur terre, quitte d’ailleurs à vampiriser ou discréditer son œuvre…

L’impact de Diop reste puissant et durable parce qu’il a été, par le biais de l’action politique, sans cesse au contact des souffrances et des espérances de tout un continent. Il a montré à la jeunesse que le terrain politique n’est pas forcément le lieu du mensonge et de la corruption. »

Le dernier parti fondé par Cheikh Anta Diop, le « Rassemblement national démocratique », fonctionnait à bien des égards comme une université populaire, il y était surtout question des défis majeurs que la jeunesse africaine se devait de relever »

Dr Ibrahima Sagna(Laboratoire Carbone 14, IFAN) et Dr Cheikh Abdoulaye Niang (Laboratoire d’Anthropologie culturelle, IFAN)

« Cheikh Anta Diop, un chercheur entre défi scientifique et « courage de la vérité »

«Il est inutile de rappeler que Cheikh Anta s’est résolument engagé dans les rapports de force intellectuels de son époque, dans l’art de la contradiction scientifique et dans celui de la controverse amicale des gens de la communauté du savoir ». Cependant, il n’est superflu de dire qu’il l’a fait au nom d’un admirable « courage de la vérité » autrement dit d’un

«parrêsia1 » qui procède d’une abnégation à porterses idées, de la hardiesse et de la pugnacité à proposer des arguments inédits et novateurs dans la « disputatio » et de la disposition à « souffrir » parce que minoritaire dans ses convictions, de la témérité à faire les frais d’un engagement scientifique quand bien même on aurait en face tout un establishment politico-scientifique »…

Pr Babacar Diop dit Bouba Diop

« Il est parti sans nous laisser ses mémoires, ses réflexions sur l’articulation entre engagement politique, activités scientifiques, sociales, etc. »

« Il suffit de lire ou relire le rapport fait par un de mes anciens professeurs à la Sorbonne, le Prof Jean Dévisse (ancien de l’Université de Dakar dans les années 60) suite à la Conférence du Caire en 1974 sur le peuplement de l’Égypte ancienne et le déchiffrement de la langue méroïtique. La préparation méticuleuse de Cheikh Anta Diop et de Théophile Obenga n’a pas eu la contrepartie attendue de leurs adversaires. Donc il n’y a pas eu match, c’est dans le rapport validé par l’UNESCO alors dirigé par le professeur Amadou Mokhtar Mbow. On aurait pu évoquer le 1er Festival mondial des arts nègres, en 1966, à Dakar, qui a consacré Cheikh Anta avec Dubois comme intellectuels qui ont marqué la pensée nègre au XXe siècle.

Il a ramé contre les fossoyeurs de nombreux pays et entretenus par des établissements, institutions, maisons de presse qui voulaient maintenir l’Afrique dans la dépendance et le monde dans la queue des races, des

civilisations, des religions. Il faut lire à ce sujet un des derniers ouvrages de Pathé Diagne « l’Afrique, enjeu de l’Histoire, afrocentrisme, eurocentrisme, Sémitocentrisme », Co-édition Sankore, paru aux éditions L’Harmattan en 2010 ».

Cheikh Anta a été un intellectuel organique dans les sens que Gramsci donne à ce terme. Il illustre bien le rôle d’un individu particulier dans l’histoire de son pays, le Sénégal, de son continent, l’Afrique, et du monde.

Le regret qu’on peut formuler c’est sa disparition brutale en 1986. Il est parti sans nous laisser ses mémoires, ses réflexions sur l’articulation entre engagement politique, activités scientifiques, sociales, etc.…

De toutes les façons, il est difficile de dissocier ces 2 dimensions dans la vie de Cheikh Anta Diop. Il a eu ses convictions, il les a assumées avec courage, dignité et lucidité ».

CHEIKH ANTA DIOP : la recherche au service de la conscience historique africaine

L’illustre chercheur, Cheikh Anta Diop a laissé à l’Afrique un héritage de libération intellectuelle sans précédent. Les résultats de ses recherches sont le produit d’un effort gigantesque de reconstitution des fondements de l’architecture d’une civilisation qui était enfouie sous les décombres de l’oubli, comme disait Jean-Pierre NDiaye dans le J.A. n° 1316 (daté du 26 mars 1986). L’institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop qui porte son nom et où il fut chercheur, lui rend un hommage appuyé par des témoignages, dans le second numéro de son bulletin d’information.

« L’Égypte ancienne était nègre… C’est l’évolution du hasard qui a voulu que l’homme ait pris naissance en Afrique. Donc, l’homme était d’abord noir et cet homme est l’ancêtre de toutes les autres races ». Tel est le résumé qui sort principalement des travaux scientifiques menés par l’éminent chercheur.

La première parution de « Nations nègres et culture » en 1954, fut un véritable séisme dans les milieux intellectuels de l’époque. Le chercheur qui rame à contre-courant va plus loin en étudiant les textes anciens des savants et explorateurs. Il reprend ainsi les récits de voyageurs européens du XVIIIe siècle qui, malgré les préjugés de la société esclavagiste, ont perçu comme une évidence l’origine nègre de l’Égypte ancienne.

Il invite également, photographies à l’appui, à porter un regard critique, direct sur les sculptures et les fresques égyptiennes, et à voir dans la pigmentation foncée des personnages, dans leur nez court et charnu, leurs lèvres épaisses et leur morphologie un type humain intégralement nègre.

Selon lui, les ancêtres des Européens, les Latins et les Grecs qui étaient arrivés au centre de la lucidité et de la maturité à l’instar des philosophes de l’antiquité, avaient tous abondé dans le même sens. Mieux, ils prétendaient avoir reçu de ces derniers, tous les éléments de leur civilisation. Une telle théorie plaçant l’Égypte au cœur de la civilisation universelle et comme base l’hellénisme, ne pouvait que susciter l’indignation.

Au service du génie noir…

Cheikh Anta Diop appartient en effet aux générations des intellectuels africains de la Seconde Guerre mondiale. C’est le moment où vont éclater les contradictions de trois siècles de domination occidentale avec une prééminence des idéologies racistes et colonialistes, une infériorisation des noirs et une négation de leur contribution à l’Histoire universelle.

Les travaux de Cheikh Anta Diop marquent également la résurrection de la Haute Antiquité égyptienne qui remonte à 6 000 ans avant J.-C. et qui témoigne de l’existence d’une écriture à travers laquelle les peuples de la vallée du Nil ont immortalisé leur mémoire.

Ses travaux ont contribué à bouleverser les certitudes considérées comme scientifiques, au moment où les jeunes nations retrouvent théoriquement leur indépendance.

Après sa thèse de Doctorat d’État en Histoire, et quelques années d’enseignement de la physique-chimie aux lycées Claude Bernard et Voltaire à Paris, il retourne en 1960 au Sénégal, en terre africaine, pour contribuer au développement de la science et à la décolonisation des approches dominantes.

En 1961, il est affecté à l’Institut français d’Afrique noire (IFAN) de l’Université de Dakar où il va approfondir ses recherches sur l’histoire africaine et égyptienne en particulier. À l’IFAN, sa première tâche fut l’inventaire archéologique du Mali.

Le chercheur-Assistant va répertorier toutes sortes d’objets, de la poterie de l’époque médiévale, des haches de la période néolithique, etc. qui lui ont permis de reconstituer la chronologie, le mode de vie et d’organisation sociale des ancêtres d’Africains, leurs coutumes et la conception qu’ils se faisaient de la vie et de la mort.

Il va sans aucune aide du gouvernement, solliciter le concours des amis et collègues pour créer le Laboratoire Carbone 14 de datation des objets archéologiques par la méthode de radiocarbone, le seul laboratoire en Afrique à cette époque. Dans son Laboratoire, il y réunit toute une collection de moulage de crânes de différents stades de l’évolution humaine et s’emploie à remonter le plus loin possible dans l’histoire de l’Afrique. Chef du laboratoire Carbone 14 à l’IFAN, Cheikh Anta Diop s’adonne aussi à des recherches sur l’énergie solaire.

Dans le domaine politique, il parachève l’élaboration théorique de sa vision étatique qui s’identifie à celle de Nkrumah et la consolide.

Le Panafricain des premières heures

Son combat culturel eut naturellement un prolongement politique. Dans les années cinquante, Cheikh Anta Diop est l’un des principaux animateurs de la Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) qui lance pour la première fois, en direction de l’Afrique, le mot d’ordre d’ « indépendance immédiate » bousculant le calendrier et le programme politique des partis fédéraux africains.

Cheikh Anta Diop, c’est aussi un combat pour l’Unité de l’Afrique Noire, gage d’indépendance et de développement. Partisan d’un État fédéral d’Afrique Noire, il a posé les fondements économiques du continent noir dans son ouvrage « Les fondements économiques et culturels d’un État fédéral d’Afrique noire » dans lequel, le principe de l’unité transforme tous les problèmes auxquels l’Afrique est confrontée. Pour l’homme, il n’y a pas d’unité sans mémoire : il s’agit de restaurer la conscience historique africaine. II n’y a pas d’identité nationale et fédérale sans un langage commun : l’unification linguistique est possible.

L’UCAD a célébré le centenaire de la naissance de son parrain du 21au 29 décembre 2023

Les activités de célébration du centenaire de la naissance du Pr Cheikh Anta Diop ont été clôturées le 29 décembre 2023  avec l’inauguration du Musée Kër Séex Anta, ancienne maison de fonction du parrain de l’UCAD. La pensée toujours pertinente de Cheikh Anta Diop devrait constituer un socle, lors de ce centenaire, pour les générations futures afin de s’attaquer de manière proactive à la question du développement. Le Recteur de l’UCAD a souligné lors de la cérémonie de lancement des activités du centenaire  que « les thèses de Diop, autrefois contestées, sont aujourd’hui acceptées par  de nombreuses théories ».

Le professeur Ahmadou Aly Mbaye a par ailleurs souligné l’importance des travaux du Pr Cheikh Anta Diop pour la réputation et le prestige de l’Université de Dakar. Le directeur de l’IFAN, Pr Abdoulaye Baïla Ndiaye, a également rappelé l’impact durable de l’œuvre du Pr Cheikh Anta Diop, qui continue d’éclairer le paysage actuel et de fournir des clés pour comprendre le riche héritage de l’Afrique, afin de forger l’avenir avec audace.

 « La lumière de Cheikh Anta Diop, aussi perçante que jamais, illumine encore notre paysage actuel, nous offrant des clés pour déchiffrer notre riche héritage et forger avec audace notre avenir. Par ses travaux qui ont courageusement remis en question les récits eurocentrés et rétabli le lien ombilical entre l’Égypte et l’Afrique noire, il continue d’inspirer une réflexion innovante sur la gouvernance, le développement durable et l’intégration africaine… », a indiqué Pr Abdoulaye Baïla Ndiaye, directeur de l’IFAN.

Les activités de célébration du centenaire de la naissance de l’UCAD ont été lancées le jeudi 21 décembre 2023  à l’auditorium Khady Amar Fall  en collaboration avec l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN), et le Musée des Civilisations noires. Du 21 au 29 décembre, diverses manifestations ont été organisées autour du thème « Cheikh Anta, cent ans après : les défis de la reconstruction d’une pensée audacieuse pour l’Afrique ». La conférence inaugurale a été animée par les égyptologues Pr Aboubacry Moussa Lam et Pr Somet Yoporeka, sous la modération du Pr Hamady Bocoum, Directeur général du Musée des Civilisations noires.

Le centenaire a été également marqué par un colloque sur l’égyptologie du 26 au 29 décembre, au Musée des Civilisations noires. D’autres activités scientifiques et culturelles, notamment une exposition sur la vie et l’œuvre du parrain au Musée Théodore Monod de l’IFAN, un panel de haut niveau sur le thème « Sortir des sentiers battus : examen critique de l’œuvre de Cheikh Anta Diop » animé par le Dr Aziz Salmon Fall, le Dr Mamarame Seck, le Dr Diallo Diop et modéré par le Pr Mbaye Thiam, ont été programmées durant le centenaire. Une table ronde en wolof autour des discours politiques du Pr Cheikh Anta Diop était également au programme de la célébration du centenaire du parrain de l’UCAD.

Colloque International en hommage au Professeur Papa Alioune NDAO

L’Université Cheikh Anta Diop   vous convie  à un colloque international en hommage au Professeur Pape Alioune Ndao. Reconnu comme le père de la sociolinguistique sénégalaise, le Professeur Ndao a formé plusieurs générations de chercheurs et d’enseignants universitaires. 

Le colloque placé sous le thème de la  “Sociolinguistique en Afrique : pistes pour des perspectives alternatives”, se tiendra du 6 au 8 décembre 2023 à l’Institut Confucius. « L’objectif de ce colloque est de replacer la sociolinguistique dans le contexte historique de son émergence en Afrique, tout en portant un regard réflexif et critique sur son épistémologie, ses courants théoriques et méthodologiques, ainsi que ses interactions avec d’autres domaines de savoir connexes ». Une soixantaine de communications sera présentée durant cet événement académique.La séance plénière d’ouverture du colloque, prévue le mercredi 6 décembre à 9 heures, sera marquée par la projection d’un documentaire intitulé “Pr Alioune Ndao : les mots pour le dire”

Appel à communication du colloque « Linguistique et colonialisme », 50 ans après. Nouveaux concepts, nouvelles pratiques, nouvelles résistances

Colloque International

Les 21, 22 et 23 Octobre 2024

Tunis – Hammamet – Tunisie

Publié en 1974, traduit en différentes langues (allemand, coréen, espagnol, galicien, italien, japonais, serbo-croate, etc.), le livre de Louis-Jean Calvet Linguistique et colonialisme a joué un grand rôle dans l’épistémologie de la linguistique, l’émergence de la sociolinguistique, les réflexions sur les politiques linguistiques et la prise de conscience par les militants de la diversité linguistique. Louis-Jean Calvet a montré dans son ouvrage que l’ouverture de l’Europe sur le reste du monde s’est accompagnée d’une minoration et d’une domination de la langue de l’autre ; et cette réflexion dépasse, on s’en doute, les seules aires géopolitiques et situations sociolinguistiques des exemples choisis par l’auteur pour sa démonstration. Son livre a eu le mérite d’avoir autant élucidé le rôle de la langue dans l’ébauche de la prétendue suprématie de l’Occident que le rôle de la linguistique, en tant que discipline, dans la mise en oeuvre du projet colonial. Cette double perspective fait émerger l’idée que la décolonisation ne peut être opérante que si elle agrège une idéologie discursive de la langue d’une part, et une décolonisation de la linguistique, d’autre part.

Cinquante ans après sa publication, nous nous proposons de revenir sur la thématique principale de l’ouvrage et sur le concept de glottophagie, au regard de la configuration linguistique actuelle du monde, et de poser un certain nombre de questions :

– La sociolinguistique, discipline qui s’est institutionnalisée après la colonisation, est-elle concernée par le débat sur la décolonisation, entre autres celle des savoirs ?

– Qu’est-ce qui, dans son assise épistémologique, dans ses approches théoriques, dans ses démarches méthodologiques, dans ses pratiques empiriques, relèverait ou pas d’une colonialité de la discipline ?

– Qu’est-ce qui, dans la sociolinguistique appliquée, participe de la reproduction d’essentialisation, de hiérarchisation et de domination linguistiques ? En quoi la discipline rencontre-t-elle (ou pas) les développements sur la langue qui émergent des théories postcoloniales et de la pensée décoloniale ?

À partir de ces premières questions, il s’agira d’explorer les relations entre langues et colonialismes telles qu’elles se présentent aujourd’hui, afin d’esquisser un bilan, au-delà des descriptions et des discours, des politiques mises en oeuvre et donnant lieu à des formes de domination linguistique, qu’elles soient internes à des frontières ou se jouant entre plusieurs frontières : les processus coloniaux ont été et sont encore autant l’occasion d’actions à énumérer et à décrire que de discours et de représentations exprimées, qui en sont parfois le berceau et le reflet. Les politiques ou les expérimentations pour introduire des langues « nationales » ou non officielles dans les systèmes éducatifs formels ou informels des différents pays ou zones ayant été colonisés ou dans des situations de néo-colonisation pourraient ainsi être décrites et évaluées. Il s’agira de se demander si les situations socio-politiques envisagées font émerger des modalités de nouveaux colonialismes qu’il faudrait alors définir, entre autres dans les formes de domination développées et les nouvelles résistances qu’elles peuvent susciter. Dans ce cadre, l’étude des langues minorées et des processus de minoration prendra sans doute une place particulière, tant les nouvelles modalités, parfois cachées ou composites qu’elles adoptent, et les politiques, entre autres éducatives, qu’elles ont suscitées de par le monde, changent actuellement la donne concernant la description des langues circulantes, des situations transfrontalières et des plurilinguismes à travers les continents.

Dans ce sens, un accent particulier sera mis sur les politiques éducatives. Par exemple, plusieurs pays, entre autres en Afrique, se sont engagés dans une politique d’introduction des langues nationales ou locales dans leurs systèmes éducatifs formels. Quel bilan peut-on en tirer ? Et quelles questions théoriques émergent de cette dynamique, à la fois en linguistique et en sociolinguistique ?

Les communications pourront se pencher sur les populations qui parlent des langues minorées, et sur la façon dont les mobilités des migrations économiques, politiques ou écologiques affectent ces langues. Elles pourront également interroger leurs façons de s’approprier les langues et de composer avec les systèmes dominants. La perspective historique de leur évolution pourra être envisagée en rapport avec les moyens techniques nouveaux, les réseaux sociaux, les modalités virtuelles de domination ou de résistance, mais également les nouvelles exigences économiques, servant ou desservant les rapports de forces en jeu autour des langues, de leurs pratiques et de leur transmission.

Le colloque entend de fait poser la question des nouveaux espaces de colonialismes, concrets, virtuels ou symboliques, ou des domaines sociaux précis qui les hébergent, de façon explicite ou implicite, comme les productions artistiques, la musique et la chanson, les formes architecturales ou vestimentaires, etc. Ce type de réflexion incite à ouvrir notre champ scientifique à la rencontre d’autres sciences comme l’ethnologie, la musicologie, les sciences de la communication, l’anthropologie, l’économie, la géographie, etc. L’étude de ces discours sera instructive aussi bien pour les phénomènes examinés que pour les enjeux et dimensions idéologiques et politiques du débat autour des langues.

Les trois axes proposés, développés ci-dessous en 12 thèmes, pourront ainsi être abordés en référence à des situations nationales (« colonisation interne ou colonialisme intérieur ») ou internationales (« colonisation externe ») sur tous les continents. Des études micro étudiant une situation particulière, y compris intime (familles, couples, fratries, etc.) ou macro (épousant une large envergure, géographique, historique ou sociale), pourront être faites sur la base d’analyses qualitatives, quantitatives ou les deux à la fois.

Trois axes de réflexion sont proposés, déclinés chacun en 4 thèmes :

Axe 1 – Sociolinguistique et colonialité

Thème 1 Nouveaux colonialismes linguistiques dans le monde : mondialisation, intégrations régionales (Maghreb, Union européenne, Mercosur, Union africaine, etc.), langues « internationales »

Thème 2 Approche épistémologique, nouveaux univers conceptuels, nouveaux paradigmes

Thème 3 Stratégies linguistiques, littéracies, traduction, dimensions numériques et artistiques, nouveaux engagements

Thème 4 Nouvelles pratiques de recherche sur les langues en contexte postcolonial

Axe 2 – Langage, espace et colonialismes/colonialités

Thème 5 L’espace urbain comme lieu de (re)production de la colonialité du langage Processus de hiérarchisation des savoirs, du pouvoir et de la parole. Dimensions historiques et contemporaines.

Thème 6 Institutionnalisation des langues : continuités et discontinuités coloniales Approches institutionnelles (OIF, OEI, CPLP, etc.) et organismes de diffusion des langues (Alliances françaises, British Council, Goethe Institut, Instituto Cervantes, Instituts Confucius, etc.). Processus de construction politique de l’espace et critiques de la (re)production des pouvoirs à travers les langues.

Thème 7 Paysages linguistiques : marquage, (re)production et négociation de l’espace et de ses frontières comme expression des rapports de pouvoir et de leur remise en cause par les pratiques spatiales quotidiennes. Inégalités sociales, circulations migratoires, dynamiques de la redéfinition des espaces.

Thème 8 Langues locales, régionales, minoritaires, minorées : nomination (« patois », « dialectes », « langues », « autochtones », « indigènes », etc.) ou classification des langues : processus de minoration et de majoration, variations et visibilisation ou pas de ces processus.

Axe 3 – Politiques linguistiques, éducatives et scientifiques

Thème 9 Politiques linguistiques : interventions humaines sur les situations de plurilinguisme, promotion fonctionnelle des langues. Typologie de ces politiques (par exemple du haut vers le bas et du bas vers le haut). Réussites, échecs, etc.

Thème 10 Législations linguistiques, langues et droit. Les nouvelles populations apprenantes.

Thème 11 Politiques éducatives, éducation bilingue, EIB, éducation de base, plurilinguisme à l’école, nouvelles formes didactiques à l’oeuvre, décolonisation des curricula scolaires et universitaires, études de cas.

Thème 12 Méthodologies de la recherche en sociolinguistique : recherche collaborative, coécriture, méthodologies participatives

Le colloque se déroulera les 21, 22 et 23 octobre 2024 entre Hammamet et Tunis en Tunisie. L’organisation en sera assurée par le laboratoire ATTC, « Analyse Textuelle, Traduction, Communication » de la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de l’Université de la Manouba.

Les langues du colloque seront l’anglais, le français, l’arabe et l’espagnol. Cependant le comité d’organisation pourra accepter les communications en langues nationales et/ou minorées, sous réserve d’une possibilité de traduction. De même, les formes hybrides de communication seront encouragées (bilinguisme des discours, PP dans une langue / exposé dans une autre, titres bilingues, etc.).

Les frais d’inscription au colloque s’élèveront à :

– 80€ pour les chercheur-e-s professionnel-le-s

– 20€ pour les étudiant-e-s, doctorant-e-s ou jeunes chercheur-e-s, encore sans profession.

Des cas d’exonération pourront être examinés sur demande par le Comité d’organisation.

NB : Notre intention étant de privilégier les rencontres et les échanges formels et informels, le colloque est prévu en présentiel et non en distanciel.

Les propositions de communications devront parvenir conjointement aux adresses suivantes :

linguistique.colonialisme2024@gmail.com

attc.manouba@yahoo.com

et être déposées sur le site du colloque, où chaque correspondant-e pourra créer son compte :

https://calvet50.sciencesconf.org/

Elles rempliront les conditions suivantes :

– contenir un titre, un résumé (2000 signes maxi), une notice bibliographique (500 signes maxi), le nom et l’adresse électronique de l’auteur-e, son statut et son affiliation institutionnelle,

– indiquer avec précision l’axe et/ou le thème dans lequel s’inscrit la recherche,

– spécifier le contexte de l’étude, la problématique posée, le cadrage théorique (sous forme de 2 ou 3 concepts ou auteur-e-s de référence), la méthodologie adoptée (construction et analyse du corpus), et les perspectives de la réflexion, en lien avec le thème général du colloque.

Dernière date de réception des propositions : le 30 janvier 2024

Retour aux auteur-e-s : le 30 mars 2024

Envoi du programme définitif :15 mai 2024

Comité d’organisation

– Farah ZAÏEM, Inès BEN REJEB, Raja CHENNOUFI : Université de la Manouba, Laboratoire ATTC-LR18ES12, Tunis, Tunisie

– Abdelouahed MABROUR : Université Chouaib Doukkali, El Jaddida, Maroc

– Amidou MAIGA, Zakaria NOUNTA Université de Bamako, Mali

– Mouhamed Abdallah LY, Adjaratou O. SALL : Université de Dakar, Sénégal

– Marilena KARYOLEMOU : Université de Chypre

– Véronique FILLOL : Université de Nouvelle-Calédonie, Nouméa

– Telma C.A.S. PEREIRA, Xoan LAGARES : Université de Rio de Janeiro, Brésil

– Marielle RISPAIL : UJM, Laboratoire ECLLA, Saint Étienne, France

– Michelle AUZANNEAU, Carola MICK : Université Paris-Cité, Laboratoire CEPED, Paris, France

Comité scientifique

Universités de la Manouba et El Manar, Tunis, Tunisie

Ines BEN REJEB

Raja CHENOUFI-GHALLEB

Farah ZAIEM

Université Chouaib Doukkali, El Jaddida, Maroc

Abdelouahed MABROUR

Université Caddi Ayyad, Marrakech, Maroc

Lahoucine AIT SAGH

Fatima Ez-Zahra BEN KHALLOU

Université de Mostaganem, Algérie

Ibtissem CHACHOU

Université de Bamako, Mali

Amidou MAIGA

Zakaria NOUNTA

Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Sénégal

Moussa DAFF

Mouhamed Abdallah LY

Adjaratou O. SALL

Université Assane Seck de Ziguinchor, Sénégal

Ndiémé SOW

Universidad Nacional Autónoma de Honduras, Tegucigalpa, Honduras

Carlos SOLORZANO

Universidade Federal Fluminense, Rio de Janeiro, Brésil

Telma C.A.S. PEREIRA

Xoan LAGARES

Monica SAVEDRA

Universidad Autónoma del Estado de Morelos, Cuernavaca, Mexique

Cony SAENGER

Université de Montréal, Canada

Juan Carlos GODENZZI

Université de Nouvelle-Calédonie, Nouméa

Véronique FILLOL

Elatiana RAZAFI

Université de Chypre

Fabienne BAIDER

Marilena KARYOLEMOU

Università di Corsica Pasquale Paoli, Corse

Alain DI MEGLIO

Université d’Angers, France

Dalila MORSLY

Université Jean Monnet de St-Etienne, France

Marielle RISPAIL

Valeria VILLA-PEREZ

Université Paris Cité, France

Michelle AUZANNEAU

Carola MICK

Université de Provence, France

Louis-Jean CALVET

Dialogue académique entre le Recteur de l’Université du Sénégal oriental et le directeur de l’IFAN Cheikh Anta Diop

Le Recteur de l’Université du Sénégal oriental, le professeur Kandioura Noba, a rencontré le jeudi 09 Octobre 2023, le directeur de l’IFAN, le professeur Abdoulaye Baila Ndiaye. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en place de la nouvelle université du Sénégal oriental. Le professeur Noba a souligné que l’objectif principal de cette visite était d’établir une communication et un échange d’idées avec les différentes entités et institutions de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il a déjà eu des échanges fructueux avec le Recteur de l’UCAD, qui lui a conseillé de prendre attache avec les facultés et les instituts de recherche. Au cours de cette discussion avec le professeur Ndiaye, le coordonnateur de l’Université du Sénégal Oriental a exprimé son enthousiasme à l’idée d’être accompagné par l’IFAN, considérant l’institut comme un modèle exemplaire dans le domaine de la recherche. Il a mis en évidence l’importance de la recherche dans le contexte de la nouvelle université et a exprimé son désir de collaborer pour donner à la recherche la place qu’elle mérite .

Selon le professeur Noba, l’IFAN englobe presque toutes les disciplines en termes de recherche. Il a ainsi exprimé son intention de dupliquer ce modèle. Les deux professeurs ont ainsi convenu de travailler ensemble pour faire de la recherche une entité importante dans la nouvelle université du Sénégal oriental.