Khady DIOUF GOUDIABY / Masoxna Sène Mbaye : deux parcours, deux contributions

Titulaire d’un DEA de l’Institut des Sciences de l’Environnement de la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Pr Khady DIOUF GOUDIABY a réalisé une thèse de Doctorat unique en Écologie et Gestion des Systèmes Aquatiques Continentaux à l’Université de Montpellier 2 en France.

À l’issue de sa thèse, elle a travaillé de 2007 à 2008 comme chargée de recherche au Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye (CRODT) de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), avant d’être recrutée à l’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop).

Directrice de recherche assimilée, elle est aujourd’hui cheffe du Département de Biologie animale de l’IFAN Ch. A. Diop et dirige, depuis 2009, le Laboratoire de Biologie marine. Elle est également la coordinatrice, à l’UCAD, du Master conjoint Erasmus Mundus TROPIMUNDO, un programme d’excellence en biodiversité et écosystèmes tropicaux réunissant 16 universités de renommée internationale.

Membre du Conseil académique de l’UCAD et du Conseil Scientifique et Technique du CORAF, elle a également exercé, de juin 2020 à mai 2025, les fonctions de cheffe de la Division Appui au financement des projets à la Direction de la Recherche et de l’Innovation de l’UCAD, en parallèle de ses activités de recherche.

Ses travaux portent principalement sur la biologie et l’écologie marines. Elle est l’auteure de nombreuses publications scientifiques portant sur les traits de vie des poissons (âge, croissance, reproduction, connectivité), la biodiversité marine et la gestion des pêcheries.
Pr DIOUF GOUDIABY s’implique activement dans la création de synergies entre formation, recherche et initiatives dédiées à la conservation et à la gestion durable des ressources halieutiques.

Madame Masokhna Sène Mbaye : une trentaine au service  de la gestion administrative

Madame Masokhna Sène MBAYE cumule 31 années d’expérience en gestion administrative et a développé un professionnalisme reconnu au sein de l’IFAN Ch. A. Diop, où elle a travaillé auprès de trois générations de chercheurs. Elle possède une expertise confirmée dans l’organisation d’activités d’animation scientifique.

Recrutée en 1993 comme Assistante du Directeur de l’IFAN, elle assure ensuite la gestion administrative et logistique du Musée Théodore Monod d’Art Africain de 1996 à 2005, avant de réintégrer son poste initial pour une dizaine d’années.

Affectée en 2014 au Laboratoire de Recherche sur les Transformations Économiques et Sociales (LARTES-IFAN), elle occupe le poste de Chargée des relations institutionnelles. Assistante administrative de formation, elle devient la principale collaboratrice du Responsable administratif et financier du laboratoire. Elle apporte un soutien essentiel aux services administratif et logistique et accompagne la formation doctorale du LARTES-IFAN dispensée au sein de l’ETHOS.

Grâce à un suivi rigoureux des activités du personnel d’enseignement et de recherche, Mme MBAYE met à profit ses compétences en microédition pour produire le rapport annuel du laboratoire et divers documents scientifiques.

Présidente de l’Association des Femmes de l’IFAN Ch. A. Diop (AFIFAN) de 2011 à 2019, elle initie de nombreuses activités d’animation scientifique (forums, expositions, colloques, journées portes ouvertes) renforçant la visibilité de l’institution.
Membre de l’Association Nationale des Assistantes et Secrétaires du Sénégal (ANASS) de 2011 à 2021, elle en est également Présidente de la Section UCA. À ce titre, elle participe à plusieurs éditions de la Conférence Internationale des Professionnels du Secrétariat (CIPROSEC). Elle est aussi affiliée à la Fédération Africaine des Secrétaires, Assistants et Attachés de Direction (FASAAD), regroupant 13 pays membres.

Visite  des doyens de facultés à l’IFAN : immersion dans les laboratoires et les collections patrimoniales

À l’initiative du Directeur de l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (IFAN),  Professeur Matar Ndiaye, une visite a été organisée à l’intention des doyens de facultés et chefs d’établissement de l’UCAD.

Il s’agit du Professeur Ismaïla DIOUF, doyen de la Faculté des Sciences et Techniques (FST), de la Professeure Aminata Cissé NIANG, doyenne de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP), du Professeur Cherif Sidi KANE, doyen de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG), du Professeur Moustapha SOKHNA, doyen de la Faculté des Sciences et Technologies de l’Éducation  et de la Formation (FASTEF) et du Professeur Falilou Mbacké SAMBE, directeur de l’École Supérieure Polytechnique de l’UCAD (ESP). 

La rencontre avait pour objectif général de faire découvrir les différents départements et laboratoires abritant les collections et les archives scientifiques de l’Institut. Les objectifs spécifiques visent à renforcer les perspectives de collaboration avec les différentes facultés, écoles ou instituts de l’UCAD. 

Immersion au cœur du laboratoire de botanique

La visite a mis en lumière un laboratoire de botanique possédant l’un des herbiers les plus importants d’Afrique francophone, riche de 60 000 spécimens. Les chercheurs y effectuent un double travail : l’inventaire scientifique de la flore et la documentation des savoirs traditionnels (médecine, culture). Cette collection historique a récemment permis d’identifier une dizaine de nouvelles espèces au Sénégal. L’enjeu actuel repose sur la numérisation des collections pour faciliter l’accès aux chercheurs et aux étudiants, tout en valorisant ce patrimoine. Cependant, malgré la qualité des travaux produits, le laboratoire fait face à un manque de financement, les budgets universitaires privilégiant souvent l’enseignement au détriment de la recherche.

Des recherches variées au service de la société

La visite s’est poursuivie aux départements de Sciences humaines et des Langues et civilisations qui étudient les dynamiques sociales (genre, linguistique, littérature orale, religion, sécurité), au moment où les archéologues conservent des vestiges prouvant une occupation humaine millénaire. En géographie, l’accent est surtout mis sur l’analyse des territoires via la géomatique. Enfin, le laboratoire de biologie marine joue un rôle crucial dans la gestion des ressources halieutiques et l’étude environnementale, notamment sur la pollution aux microplastiques en collaboration internationale.

Les insectes, un maillon essentiel de la biodiversité

Le département de Biologie Animale explore le rôle écologique crucial des invertébrés (insectes, termites) et étudie leur valorisation économique, notamment pour l’alimentation animale. En parallèle, les recherches sur les vertébrés terrestres se concentrent sur les interactions faune-homme-environnement. 

La visite s’est achevée par le laboratoire de traitement des eaux, qui s’intéresse sur les qualités des eaux et de l’environnement, est aussi en quête d’une accréditation internationale. Le laboratoire Carbone 14 est héritier des travaux de Cheikh Anta Diop, reste un pilier scientifique majeur malgré des contraintes d’infrastructure qui freinent son développement.

Des doyens émerveillés par la richesse de l’IFAN

Les doyens, impressionnés par la diversité insoupçonnée des recherches et des collections de l’IFAN, ont salué le travail des équipes. Malgré des ressources limitées, le Pr Matar Ndiaye a félicité l’engagement des chercheurs et a appelé les doyens à devenir des plaideurs institutionnels pour mobiliser davantage de soutiens en faveur de la recherche et de la préservation du patrimoine africain.

Appel à contributions d’articles pour le Bulletin de l’IFAN, série  B, tome 67

Le Bulletin de l’IFAN, série B (Sciences humaines, Sciences sociales), lance un appel à

contribution d’articles pluridisciplinaires pour le tome LXVII, à paraître en janvier 2027.

Fondé en 1939, le Bulletin de l’IFAN publie des articles originaux ou de synthèse, des notes et documents et des comptes rendus bibliographiques sur des sujets relatifs à l’Afrique noire et spécialement l’Afrique noire occidentale, dans les différents domaines des Sciences de la Vie et de la Terre pour sa série A et dans ceux des Sciences humaines et sociales pour sa série B.

Ces études sont généralement rédigées en français, mais peuvent l’être en anglais ou éventuellement en allemand, espagnol, italien, ou portugais. Dans les autres cas, une traduction en français ou en anglais sera nécessaire.

Les contributions sont à envoyer à : publications.ifan@ucad.edu.sn et seront publiées dans le

Bulletin de l’IFAN, série B, tome LXVII, en janvier 2027.

Calendrier prévisionnel de publication du volume :

16 juin 2026 :Clôture de la soumission des articles

Septembre 2026 :Notification et retour d’expertise aux auteurs

Octobre 2026 : Retour définitif des textes corrigés

Janvier 2027 : Envoi des tirés à part (TAP)

Nafi Bakhoum /Adjaratou O Sall : Deux trajectoires qui façonnent la recherche et la documentation

Pr Adjaratou Oumar Sall Diaw est linguiste et Maître de recherche au Laboratoire de Linguistique de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN Cheikh Anta Diop) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, laboratoire qu’elle dirige actuellement. Ses travaux portent sur la linguistique africaine, la description et la documentation des langues, les politiques linguistiques et éducatives, ainsi que sur la terminologie, la traduction et la didactique des langues nationales du Sénégal.

Titulaire d’un doctorat de troisième cycle en linguistique consacré à la subordination en wolof, soutenu en 2005 à l’Institut für Afrikanistik de Cologne (Allemagne), puis d’un doctorat unique obtenu en 2021 portant sur les marqueurs de cohérence textuelle en wolof, ses recherches s’inscrivent dans une perspective de valorisation scientifique et culturelle des langues africaines.

Chercheuse à l’IFAN depuis 2007, elle enseigne également à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et participe activement à plusieurs projets de recherche, publications et colloques internationaux consacrés aux langues africaines, au multilinguisme et au patrimoine linguistique. Elle a également coordonné la newsletter institutionnelle IFAN ACTU.

Très engagée dans la promotion et la valorisation des langues nationales, elle coordonne le projet SENTERMINO, dédié à la production de ressources terminologiques et linguistiques pour l’éducation, la recherche et le numérique. Elle mène aussi des activités de vulgarisation scientifique, de production de manuels ( Léebal ma, Seex Anta, Arminaat, Junniy baat ci… ), ainsi que des actions de mobilisation communautaire visant à renforcer la transmission et la reconnaissance du patrimoine linguistique et culturel sénégalais.

« Je voulais être médecin pour soigner les corps ; la vie m’a finalement menée vers la linguistique pour révéler la force des mots. Mais dans les deux cas, la mission reste la même : servir, transmettre et ouvrir des chemins », explique-t-elle pour souligner son engagement envers les langues.

Membre active de plusieurs réseaux et associations scientifiques nationaux et internationaux (Fonk Sunuy Làmmiñ, REVACS, AFTRALAN…), elle collabore régulièrement avec des organisations engagées dans l’éducation bilingue et la promotion des langues nationales. Ses travaux s’inscrivent dans une approche qui articule langue, culture et développement, avec un accent particulier sur la transmission des savoirs, la revitalisation des langues minoritaires et l’intégration des langues africaines dans les politiques éducatives, scientifiques et technologiques contemporaines.

Par son travail et ses engagements, elle contribue à promouvoir une vision de la recherche qui relie langue, culture et développement, en mettant en avant la transmission intergénérationnelle des savoirs, la revitalisation des langues minoritaires et l’intégration des langues africaines dans les enjeux contemporains du numérique et de la science.

Pr Adjaratou Sall a ainsi choisi une voie qui dépasse la seule carrière académique : elle œuvre à rapprocher la recherche, la société et les langues du peuple.

Nafi Bakhoum : gardienne du savoir et artisanne de la mémoire documentaire de l’IFAN

Titulaire d’une Licence d’anglais et d’un Master en Sciences de l’Information et de la Communication, option Bibliothèques à l’EBAD, Nafi Bakhoum assure avec professionnalisme les services techniques et administratifs liés à la gestion d’une bibliothèque. Elle a renforcé ses compétences grâce à de nombreuses formations et stages à l’international. En 2005, elle a notamment effectué un stage sur l’usage des Technologies de l’Information et de la Communication dans les bibliothèques universitaires, à l’Université Libre de Bruxelles (Belgique). Ces expériences font d’elle un véritable « gardien du temple », forte de ses casquettes de Conservateur des Bibliothèques et de Cheffe du Service de la Documentation de l’IFAN.

« La célébration de la Journée de la femme, institutionnalisée un peu partout, a tendance à oublier la contribution des “forgeuses de destin”. Qu’elles soient des femmes actives dans le secteur informel ou des femmes au foyer, elles ont investi sur le long terme afin que nous puissions devenir ce que nous sommes aujourd’hui. Cet investissement, surtout immatériel, mérite d’être célébré. » soutient-elle.

Surnommée Nafi au sein de l’Amicale des femmes de l’IFAN, qu’elle préside depuis 2022, Nafisatou Bakhoum a suivi la formation « Concevoir et mettre en œuvre une bibliothèque numérique », organisée par l’OIF à la Bibliothèque nationale de France en 2008, puis à la Bibliothèque du Maroc en 2010.

Elle s’investit fortement dans le militantisme professionnel, à travers des activités scientifiques et associatives liées à la bibliothéconomie, tant au niveau national qu’international. Elle a également travaillé au sein du bureau de l’ASBAD (Association sénégalaise des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes).

Son parcours riche lui a permis de contribuer activement à l’animation scientifique de l’IFAN, notamment en coordonnant plusieurs expositions majeures, telles que :

  • « L’IFAN au féminin : portrait et parcours de femmes dans la recherche » (2015) ;
  • « L’IFAN à cœur ouvert », organisée dans le cadre des Journées Portes ouvertes de 2018.

Elle est aussi membre active d’IFAN ACTU, où elle participe à la valorisation des activités et du patrimoine scientifique de l’institution.

Le Secrétaire général et le Directeur des Ressources humaines de l’UCAD en visite à l’IFAN Ch. A. Diop

Le Secrétaire général de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), M. Seydi Ababakar Mbengue, accompagné du Directeur des Ressources humaines, M. Ibrahima Mamadou Kane, a réservé sa première visite institutionnelle à l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop).

La rencontre a débuté par un tête-à-tête avec les autorités de l’Institut, notamment le Pr Matar Ndiaye, Directeur de l’IFAN Ch. A. Diop, et Mme Khady Sarr Ndiaye, Cheffe des Services administratifs.  Cet échange a permis de faire un état des lieux du fonctionnement de l’Institut, de ses activités scientifiques ainsi que de ses perspectives.

La délégation a ensuite visité   les laboratoires des vertébrés et des invertébrés terrestres, où les équipes ont présenté leurs collections scientifiques ainsi que leurs missions de recherche, de conservation et de documentation du patrimoine.

Au terme de la visite, le Secrétaire général de l’UCAD a exprimé son appréciation pour le travail mené par les équipes de l’IFAN. Le Directeur de l’Institut, le Pr Matar Ndiaye, a pour sa part salué cette initiative et exhorté ses hôtes à servir de relais auprès des autorités universitaires, afin de renforcer l’accompagnement dédié aux missions scientifiques et patrimoniales de l’IFAN.

La visite du Secrétaire général de l’UCAD contribue à renforcer les liens entre l’administration centrale et les instituts rattachés, tels que l’IFAN. Elle vise à mieux prendre en charge leurs besoins, à soutenir leurs activités scientifiques et à optimiser la coordination administrative.

Portraits de femmes engagées dans l’administration et la recherche

Mme Khady Sarr Ndiaye est cheffe des Services administratifs de l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop) depuis 2026. Elle y assure la coordination et le suivi des activités administratives de l’institution, contribuant au bon fonctionnement des services et à l’appui aux missions de recherche, de conservation et de valorisation du patrimoine scientifique. 

De 2022 à 2026, elle a occupé les fonctions de Cheffe des Services administratifs de l’École Supérieure Polytechnique (ESP) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), où elle a veillé à la bonne organisation des services administratifs et à l’accompagnement des activités académiques et institutionnelles. 

 Juriste de formation, Mme Ndiaye est titulaire d’un Diplôme d’Études Approfondies (DEA) en droit privé obtenu à la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’UCAD. Souvent présentée comme un véritable « pur produit de l’UCAD », elle y a construit l’essentiel de son parcours professionnel. Elle a notamment exercé les fonctions de Cheffe du Service de la Pédagogie à la Faculté des Sciences Économiques et de Gestion (FASEG) à partir de 2010, avant de devenir Cheffe du Service de la Scolarité de cette même faculté entre 2013 et 2018.  

Elle rejoint ensuite la Direction des Affaires Juridiques de l’UCAD en 2019, où elle met à profit sa formation juridique et son expérience administrative.  

Parallèlement à ses responsabilités professionnelles, Mme Khady Sarr Ndiaye se distingue par son engagement constant en faveur des droits des femmes. Elle a été membre, consultante et formatrice au sein de l’Association des Femmes Juristes du Sénégal, dont elle a également occupé les fonctions de Secrétaire générale adjointe, puis de Secrétaire générale, avant d’intégrer le Conseil d’administration de l’association.  

“La femme n’a plus à prouver ses capacités ni ses compétences. Le monde reconnaît de plus en plus ce qu’elle incarne déjà.»,  comme pour rappeler une évidence en ce mois dédiée aux femmes dans le monde. 

Appréciée pour sa rigueur, sa persévérance et son sens du service, Mme Khady Sarr Ndiaye incarne une administration universitaire dynamique, alliant compétence, engagement institutionnel et sens des responsabilités. 

Anna Marie Diagne , linguiste engagée pour la valorisation des langues africaines et la transmission du savoir 

Dr Anna Marie Diagne est linguiste au Laboratoire de linguistique de l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (IFAN), à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Elle occupe, depuis 2023, les fonctions de cheffe du Département des Langues et Civilisations de l’IFAN. Titulaire d’un doctorat en philologie africaine, elle s’est distinguée par un engagement constant en faveur de la recherche, de la valorisation du patrimoine linguistique africain et de la diffusion des savoirs scientifiques. 

« Je suis convaincue que chaque femme trouve, dans sa langue et sa culture, la force d’exprimer tout son potentiel ; c’est cette conviction qui guide mon engagement pour les langues et la transmission du savoir », soutient-elle. 

Au cours de sa carrière, Dr Diagne a occupé plusieurs fonctions de responsabilité au sein de l’UCAD et de l’IFAN. Elle a notamment été cheffe du Département de l’Information scientifique de l’IFAN (2014–2017) et directrice de l’Animation culturelle et scientifique de l’Université Cheikh Anta Diop (2015–2017). Elle a également codirigé le projet de recherche « Communication persuasive chez les Wolof : aspects culturels et langagiers », consacré à l’analyse des stratégies discursives dans les pratiques sociales wolof. 

Ses travaux de recherche portent principalement sur la grammaire et la dialectologie des langues africaines, en particulier des langues mandé, ainsi que sur la documentation et la description de langues minoritaires ou menacées. Elle est notamment engagée dans l’étude du seereer paloor, langue atlantique minoritaire du Sénégal, ainsi que dans l’analyse des dynamiques de contact linguistique dans l’aire mandé, à travers le projet « Contact de langues et trajectoires linguistiques dans l’aire mandé : destins de deux branches des Silla au Sénégal et au Burkina Faso ». Dans cette perspective, elle s’intéresse également aux phénomènes d’îlots linguistiques, aux processus de différenciation dialectale et aux effets de l’histoire sociale sur la structuration des langues. 

Une part importante de ses recherches est consacrée à la mise en lumière de la diversité linguistique du Sénégal, notamment à travers des travaux de dialectologie et de cartographie linguistique visant à mieux documenter la variation interne des langues nationales et à en restituer les dynamiques territoriales et historiques. 

Parallèlement, Dr Diagne développe un intérêt croissant pour la documentation et la reconnaissance des langues des signes au Sénégal. Ses recherches visent à contribuer à l’identification et à la description d’une langue des signes sénégalaise, dans une perspective à la fois linguistique, patrimoniale et inclusive, attentive à la reconnaissance des pratiques langagières des communautés sourdes. 

Elle est également impliquée dans plusieurs initiatives éditoriales et scientifiques au sein de l’IFAN. Elle a codirigé un numéro hommage des Mémoires de l’IFAN consacré à la linguiste Arame Fal, figure majeure des études sur les langues sénégalaises, participant ainsi à la valorisation de l’héritage scientifique et intellectuel dans le domaine de la linguistique africaine. 

Dr Diagne est coauteure de l’ouvrage Des langues, une nation : mythes et récits de fondation au Sénégal, publié dans la collection URITHI de l’IFAN Ch. A. Diop, en collaboration avec Abdoulaye Keita et Sidy Sam. Elle a également participé au projet international « Conception d’un dictionnaire électronique unilingue wolof et bilingue woloffrançais » (2007–2008), qui visait à développer des outils lexicographiques numériques pour la langue wolof. 

Très engagée dans l’animation de la recherche, Dr Diagne a présidé le comité d’organisation du Colloque international de linguistique de Dakar (CILDAK), tenu en mars 2023, une rencontre scientifique qui a réuni chercheurs et spécialistes autour des enjeux contemporains de la linguistique africaine et de la diversité linguistique. 

À travers ses travaux et ses responsabilités scientifiques, Dr Anna Marie Diagne œuvre à promouvoir une approche inclusive et dynamique des langues africaines, attentive à la diversité des pratiques linguistiques, à la documentation des langues minoritaires et à la transmission des savoirs linguistiques en Afrique. 

Souverainetés et Restitutions : l’IFAN accueille un colloque international pour le retour des trésors africains

Du 23 au 26 février 2026, les musées de l’IFAN (Théodore Monod d’art/Musée historique de Gorée) ainsi que le Musée des Civilisations noires ont accueilli un colloque international intitulé «  Souverainetés et restitutions des biens culturels  ».
Ce colloque, qui a réuni des experts d’Afrique, d’Europe et des États-Unis, est une étape majeure dans la réflexion sur le retour et la restitution des biens culturels spoliés pendant la colonisation.

Pour les organisateurs et les autorités sénégalaises, la question de la restitution dépasse largement le cadre de l’art. Comme l’a souligné Abdoulaye Koundoul, conseiller technique culturel à la Primature, il s’agit d’une «  exigence morale et politique ».  Selon lui, la souveraineté d’un peuple est indivisible : sans une souveraineté sur son histoire et son récit national, un pays ne peut prétendre à une pleine souveraineté économique ou politique.

L’un des objectifs majeurs de ce colloque est de déconstruire l’argumentaire occidental qui tend à limiter ces objets à leur seule dimension esthétique.

« Ces objets n’avaient pas une vocation esthétique seulement. Ils avaient une vocation sociale, et étaient notamment  liés aux cultes », a expliqué Abdoulaye Koundoul.

Un bilan  des restitutions jugé dérisoire au Sénégal

Malgré les promesses de restitution formulées par le gouvernement français   dès 2017, un seul objet emblématique a, à ce jour, été restitué au Sénégal : le sabre d’El Hadj Omar Tall. Ce bilan, jugé « dérisoire » par les acteurs culturels, nourrit un sentiment d’insuffisance face aux enjeux de mémoire et de justice patrimoniale.

Ceux‑ci appellent à accélérer le plaidoyer politique, en étroite collaboration avec les chercheurs, afin d’obtenir le retour d’autres objets appartenant au patrimoine sénégalais, identifiés dans le rapport de Felwine Sarr consacré à la restitution des biens culturels.

Selon Mamarame Seck, enseignant-chercheur à l’IFAN Cheikh Anta Diop, coorganisateur de ce colloque, « Il ne doit y avoir aucune condition à la restitution des biens culturels ».

Il fustige les lois européennes, notamment françaises, qui comportent encore trop de « garde-fous » et de conditions techniques (capacités de conservation, locaux, etc.) qu’il considère comme une insulte à la souveraineté africaine.

Des voies de récupération alternatives

Face à la lenteur des États, d’autres initiatives émergent. La sociologue Saskia Cousin Kouton, membre du comité scientifique du colloque, estime  que la question du retour des biens culturels est « plus vaste » et nécessite « d’autres modalités de récupération ».

Le colloque a notamment mis en lumière l’exemple de la communauté mouride, qui a choisi la voie du rachat. Des fidèles ont ainsi acquis des photographies de Cheikh Ahmadou Bamba afin de les rapatrier au Sénégal.  Si cette démarche est saluée pour son efficacité immédiate, elle pose question. Pour beaucoup, le rachat ne doit pas devenir la norme, car il s’agit d’un droit d’obtenir la restitution d’objets spoliés..
Une exposition abritée par le Musée historique de Gorée intitulée « Ku ñaan ñàkk, soo jëndee am »  signifiant « Ce que la demande ne t’accorde pas. L’achat te l’offre », met d’ailleurs en avant cet engagement des communautés dans la préservation et la restitution de leur patrimoine.

Une science engagée pour l’avenir

Le colloque, qui se déroule sur plusieurs sites emblématiques (Musée Théodore Monod, Musée historique de Gorée, Musée des Civilisations noires), se veut le point d’aboutissement de quatre années de recherches mondiales.

Pour le Pr Matar Ndiaye, Directeur de l’IFAN, la restitution est un processus qui engage les mémoires collectives et les récits nationaux. L’objectif est clair : permettre aux jeunes générations de comprendre le lien intrinsèque entre ces objets et l’évolution de leur société. Il ne s’agit plus seulement de regarder vers le passé, mais d’anticiper l’avenir en reprenant possession de son identité culturelle.

Depuis sa création, l’Institut fondamental d’Afrique noire s’est engagé à inventorier, conserver et mettre en valeur les héritages culturels du continent. Dans le contexte actuel marqué par les débats sur les restitutions, l’institution est désormais appelée à élargir sa réflexion au cadre dans lequel ces œuvres peuvent revenir, être accueillies et donner lieu à de nouvelles formes de collaboration.

« Aujourd’hui, il nous appartient également de réfléchir aux conditions éthiques, scientifiques et institutionnelles du retour des œuvres, à leurs modalités d’accueil et aux nouvelles formes de coopération qu’elles appellent »,  a souligné le directeur de l’IFAN, Pr Matar Ndiaye 

Les débats se sont  poursuivis jusqu’au 26 février avec l’espoir que  ce rendez-vous de Dakar serve à relancer un processus de restitution total et sans compromis.

Partenariat : les musées du Quai Branly et Théodore Monod-IFAN ’’réinventent’’ le passé

Pour la troisième année consécutive, le Musée Théodore Monod d’Art africain de l’IFAN Cheikh Anta Diop accueille un dialogue culturel international en présentant les œuvres des lauréats du Prix de la Photographie 2023-2024 du Musée du Quai Branly Jacques Chirac.

Fruit d’un partenariat désormais durable entre les deux institutions, l’exposition Réinventer son passé met en lumière le travail de trois lauréats internationaux. Chacun explore, à sa manière, les notions d’identité, de mémoire et d’héritage, créant ainsi une passerelle sensible et poétique entre les continents. Trois parcours, trois regards, trois territoires, mais une même quête essentielle : retrouver la racine

Jaisingh Nageswaran (Inde), artiste autodidacte, transforme son combat personnel contre la dyslexie en une véritable autobiographie visuelle, documentant les communautés vulnérables avec une sensibilité remarquable. Mónica Alcázar-Duarte (Mexique/Royaume-Uni) interroge les zones de tension entre héritages ancestraux et modernité technologique. Julie Gough (Australie) complète ce triptyque en proposant une lecture profonde des mémoires insulaires et du passé colonial.

La force d’une collaboration durable

Ce partenariat dépasse la simple mise en scène d’une exposition. Il témoigne d’un engagement commun pour la circulation des savoirs et la valorisation des créations contemporaines entre l’Afrique et le reste du monde.

Lors du vernissage, le professeur Matar Ndiaye, directeur de l’IFAN, a salué cet événement culturel majeur à Dakar :
“J’espère que vous sortirez de cette visite impressionnés par la richesse de la photographie et que vous garderez d’agréables souvenirs de votre passage au Musée Théodore‑Monod, vitrine culturelle de l’Université Cheikh Anta Diop.”, a-t-il affirmé

Pour le conservateur du Musée Théodore Monod, le Professeur El Hadji Malick Ndiaye, ce projet permet de revisiter le passé pour mieux questionner les imaginaires contemporains à travers le storytelling visuel de ces artistes.

Un prix international majeur

Créé en 2008, le Prix pour la Photographie du Quai Branly soutient chaque année la création de projets originaux d’artistes originaires d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques. Avec une dotation de plus de 19 millions de FCFA par projet depuis 2022, il constitue l’un des soutiens les plus significatifs au monde dans le domaine de la photographie contemporaine.

En quinze ans, ce dispositif a permis de constituer une collection de référence de près de 1 000 tirages, abordant des thèmes essentiels tels que l’écologie, les migrations, la mémoire postcoloniale et les identités diasporiques.

Une exposition à découvrir jusqu’au 3 mai 2026

Ouverte au public jusqu’au 3 mai 2026 au Musée Théodore Monod IFAN Cheikh Anta Diop, l’exposition offre aux dakarois une occasion unique de découvrir le dialogue fécond entre les  patrimoines du musée Théodore Monod  IFAN  Cheikh Anta Diop et des œuvres majeures de la scène photographique internationale.

Passage de témoins à la direction de l’IFAN: continuité et engagement 

La cérémonie de passation de service entre le Directeur sortant, le Professeur Abdoulaye Baïla Ndiaye, et le Directeur entrant, le Professeur Matar Ndiaye s’est déroulée dans une atmosphère empreinte de solennité et de cordialité.

Inscrite dans la pure tradition universitaire, la cérémonie s’est tenue en présence des chercheurs et enseignants (PER) , du personnel administratif, technique et de service (PATS), des étudiants, et a été marquée par des moments fructueux d’échanges cordiaux et de vœux de succès.

Dans son allocution, le Professeur Abdoulaye Baïla Ndiaye a exprimé sa profonde gratitude à l’ensemble des membres du personnel de l’Institut pour la confiance placée durant ses deux mandats. Il a salué leur professionnalisme et leur esprit d’équipe pour l’accomplissement de sa mission à la Direction de l’IFAN.

Prenant la parole à son tour, le Professeur Matar Ndiaye, nouveau Directeur de l’IFAN Cheikh Anta Diop, a accueilli avec humilité, responsabilité et remerciements la confiance que les collègues ont porté à sa modeste personne en l’élisant Directeur de l’IFAN. Ch. A. Diop. Il a réaffirmé sa volonté de s’inscrire dans une dynamique de continuité et de consolidation des acquis, tout en engageant de nouveaux chantiers structurants qui seront matérialisés autour d’un plan stratégique.

Le nouveau Directeur a en effet annoncé que le plan stratégique fera l’objet de larges concertations avec tous les membres du personnel exerçant dans les départements, laboratoires et services, afin de trouver la meilleure vision la plus consensuelle pour l’IFAN.

Fort de ses expériences scientifiques et administratives, le Professeur Matar Ndiaye compte impulser une nouvelle vision de la recherche adaptée aux mutations actuelles du monde académique et aux défis de l’affranchissement des champs disciplinaires pour tendre vers transdisciplinarité réfléchie et constructive.

« C’est un honneur et un privilège de prendre la direction de l’IFAN, qui constitue l’une des grandes institutions de recherche universitaire de l’Afrique. L’IFAN joue un rôle majeur dans la construction des savoirs, la conservation des collections, l’archivage et la numérisation des documents, ainsi que dans le partage et la valorisation des connaissances à travers des approches innovantes. J’entends mettre mon mandat au service de l’efficacité administrative et de la transparence totale dans la gestion des ressources. » a-t-il rajouté.

Cette cérémonie de passation de service marque ainsi une étape importante dans la vie de l’IFAN, institut universitaire au service de la recherche, du patrimoine et de la production des savoirs.

Le LATEU IFAN présente des solutions fondées sur la nature pour une gestion durable de l’eau et de l’assainissement

 Organisée par le Laboratoire de Traitement des Eaux Usées (LATEU) de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop), cette exposition est consacrée à la gestion durable de l’eau et de l’assainissement

Elle s’inscrit dans la mission de l’IFAN de promotion de la recherche scientifique et de valorisation des connaissances au service du développement. Inaugurée dans les jardins du musée Théodore Monod de l’IFAN, cette exposition se veut itinérante. Elle sera ensuite installée à l’IFAN au campus pédagogique de l’UCAD. 

L’objectif est de sensibiliser le grand public, les acteurs institutionnels et les décideurs aux enjeux liés à l’assainissement, à travers la présentation de solutions alternatives fondées sur la nature.

Un enjeu majeur de santé publique et de développement durable

L’assainissement constitue un pilier fondamental du développement durable. Il conditionne la santé des populations, la préservation des écosystèmes et la qualité du cadre de vie. Cependant, dans de nombreuses régions, l’accès à des services d’assainissement adéquats demeure limité, entraînant des conséquences sanitaires, économiques et sociales importantes, notamment pour les femmes, les filles et les populations les plus vulnérables.

Face aux limites des systèmes classiques de traitement des eaux usées, souvent coûteux et énergivores, le LATEU met en avant des solutions durables et accessibles. Le lagunage, les filtres plantés, les zones humides artificielles et le compostage des boues de vidange figurent parmi les technologies présentées lors de l’exposition.

Ces approches, fondées sur la nature, se distinguent par leur efficacité, leur résilience et leur faible coût d’exploitation, tout en étant mieux adaptées aux réalités locales.


L’expertise scientifique au cœur de l’initiative


Selon le Dr Nourou Diaby, chef du Laboratoire de Traitement des Eaux Usées de l’IFAN, une part importante des eaux usées est encore rejetée dans l’environnement sans traitement, avec des impacts significatifs sur la santé publique et les écosystèmes. 

« Avec la croissance démographique, la pression sur la ressource en eau s’accentue. Une eau utilisée devient une eau usée et ne peut être rejetée dans la nature sans un traitement approprié », souligne-t-il.


Le chercheur rappelle également que les solutions fondées sur la nature constituent une alternative crédible aux infrastructures classiques, en raison de leurs coûts d’investissement réduits et de leurs besoins énergétiques limités.

Une démarche de valorisation de la recherche

À travers cette exposition, l’IFAN réaffirme son engagement en faveur de la valorisation de la recherche scientifique et de la diffusion des connaissances auprès du public. En s’appuyant sur des expériences menées au Sénégal, en Afrique et à l’international, le LATEU contribue à promouvoir des réponses durables aux défis liés à l’assainissement et à la gestion de l’eau.

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