« Héros Africains » : l’UNESCO et l’IFAN scellent une alliance numérique au service de la jeunesse

Le Directeur de l’IFAN CH.A.DIOP, Pr Matar Ndiaye, et le Directeur régional de l’UNESCO, Dimitri Sanga, ont scellé, jeudi 16 avril 2026, au siège de l’UNESCO à Dakar, une alliance stratégique autour du projet de jeu vidéo éducatif « Héros Africains ».

Cette initiative vise à réinventer la transmission des récits nationaux et continentaux, en s’appuyant sur les leviers de l’innovation numérique afin de toucher les nouvelles générations.
« C’est une opportunité pour nous de mettre à la disposition des jeunes, non seulement du Sénégal mais du monde entier, ces héros qui nous inspirent », a souligné Dimitri Sanga, Directeur régional de l’UNESCO.

Le projet s’appuie sur l’expertise scientifique de l’Histoire générale de l’Afrique, un travail de savants qu’il s’agit aujourd’hui de rendre accessible au plus grand nombre. De son côté, le Directeur de l’IFAN, Pr Matar Ndiaye, a affirmé :

« Ce partenariat constitue une étape clé dans la relation de longue date qui unit l’IFAN et l’UNESCO. Le Musée Théodore Monod de l’IFAN dispose d’une expertise reconnue, mais aussi d’une présence internationale. Nous nous réjouissons de pouvoir participer à cette dynamique de valorisation et de vulgarisation du patrimoine. »

Le partenariat va bien au-delà d’un simple logiciel, a rappelé Pr El Hadji Malick Ndiaye, responsable du Musée Théodore Monod de l’IFAN. Il a insisté sur l’intégration du jeu au sein même de l’institution. Le musée dispose déjà de quatre espaces dédiés où les jeunes viennent forger, dessiner et tisser. Un autre lieu de vie, situé au cœur du musée, a été identifié pour accueillir le projet : un espace où les jeunes pourront « s’asseoir, lire, vivre des moments et s’inspirer ».

Pour le conservateur du musée, « ce projet arrive à un moment où nous repensons la scénographie. Il s’agit de proposer de nouveaux repères et de reconstruire le récit historique africain, trop longtemps dévoyé ». Ce constat est largement partagé : pour toucher la nouvelle génération, il faut investir les écrans. « Où trouver ces jeunes ? Ils sont sur leurs portables », a-t-il souligné.

Le jeu vidéo « Héros Africains » ne sera donc pas qu’un divertissement. Il constituera un outil de valorisation de l’histoire du Sénégal et de l’Afrique, un support d’éducation numérique aligné sur les objectifs des Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2026, mais également un vecteur de valeurs telles que la citoyenneté et l’inclusion, à destination des futurs visiteurs de cet événement.

La signature s’est conclue par une invitation à visiter les collections uniques de l’IFAN Cheikh Anta Diop.

Faire de l’eau un moteur de désenclavement : chercheurs et acteurs locaux réunis à l’IFAN

L’IFAN Cheikh Anta Diop a accueilli, du 24 au 28 mars 2026, une réflexion stratégique majeure autour de la question de l’eau. L’atelier intitulé « Mobilités fluviales et lacustres en Afrique : repenser les technoscapes de l’eau » est le fruit d’un partenariat entre le Centre de recherche sur le savoir local Point Sud, l’IFAN Cheikh Anta Diop et plusieurs autres partenaires. Il a réuni chercheurs, décideurs et acteurs locaux autour d’une réflexion en faveur de la réappropriation des voies navigables africaines.

Le Dr Mamadou Bodian, responsable du Laboratoire des Études Sociales de l’IFAN, a souligné. l’importance pour l’Institut de se positionner comme un « réceptacle » de ces recherches.

Il s’agit aujourd’hui de réfléchir autour de l’eau, mais dans une perspective qui permet d’élargir le champ analytique pour rendre fluides nos réflexions au-delà de ce que nous savons. En effet, ces espaces, les fleuves, les océans, les lacs sont aussi  des voies  de savoir où interagissent l’humain et le non-humain “, a-t-il affirmé.

Lors de l’ouverture des travaux, le professeur Matar Ndiaye, directeur de l’IFAN, a également évoqué l’urgence de rompre avec une vision exclusivement routière du transport. Selon lui, le Sénégal et l’Afrique sont confrontés à une forme d’amnésie : alors que les fleuves (Sénégal, Casamance) et les lacs constituaient autrefois les artères vitales du continent, ils ont été relégués au second plan au profit d’infrastructures terrestres souvent saturées et coûteuses. Il a insisté sur le fait que l’IFAN, fidèle à sa mission de recherche ancrée dans les réalités africaines, se doit de porter ce plaidoyer afin que l’eau redevienne un moteur de désenclavement.

Au cœur des échanges figurait le concept de « technoscapes ». Peter Lambertz, co‑organisateur de l’atelier, soutient que la technologie ne doit pas servir à « dompter » l’eau de manière rigide, mais plutôt à accompagner ses flux naturels et sociaux. Il a mis en garde contre une « technicalisation » excessive, susceptible de déshumaniser la gestion de l’eau. Repenser les paysages hydriques apparaît ainsi comme un enjeu de paix régionale. En facilitant les mobilités fluviales et lacustres, l’intégration régionale pourrait être renforcée.

« En transformant nos fleuves en autoroutes de développement inclusif, nous ne gérons pas seulement un liquide ; nous gérons le lien social. Il est urgent que les décideurs, les ingénieurs et les citoyens collaborent pour que l’eau en Afrique redevienne ce qu’elle a toujours été : un espace de liberté et de vie », a‑t‑il précisé.

L’objectif de ces quatre jours de réflexion était également de combler un vide dans la recherche actuelle. Dans un contexte marqué par le changement climatique et par des interventions humaines telles que les barrages ou l’urbanisation, comprendre les modes de déplacement des populations sur les fleuves est devenu une priorité. L’atelier s’est ainsi largement ouvert aux acteurs de terrain. Des constructeurs de bateaux venus du Congo, du Mali et du Sénégal ont pu échanger sur leurs techniques ancestrales et s’inspirer mutuellement.

Les participants ont quitté les salles de conférence pour visiter le marché aux poissons ainsi que les chantiers navals de Yoff et de Fann-Hock, afin d’observer concrètement la transmission des savoir-faire. Le message de clôture de l’atelier est clair : il est nécessaire de rompre avec les approches « top‑down » (du haut vers le bas), où les grandes entreprises d’État et les planificateurs ignorent trop souvent la complexité des mondes locaux.

L’Ambassadrice de la République fédérale de Suisse en visite à l’IFAN

Son Excellence l’Ambassadeur de la République fédérale de Suisse à Dakar, Madame Mona Tamara, a effectué une visite à l’IFAN le lundi 30 mars 2026.

Il a été reçu, elle et Madame Sarah Fall de l’ambassade, par le  Pr Matar NDIAYE Directeur de l’IFAN.CH.A.DIOP.

Cette visite avait pour objectif de renforcer les relations de coopération académique et scientifique en cours à travers les projets de partenariats archéologiques comme “Le peuplement et le paléoenvironnement en Afrique” et le projet “Synergia” sur l’alimentation entre l’IFAN et les universités Suisses (Genève, Zurich).

Cette rencontre a permis d’échanger sur les axes prioritaires de la coopération, notamment dans les domaines de la culture, de la recherche scientifique et de la mobilité des chercheurs et du personnel administratif et technique de service de l’IFAN vers les institutions universitaires Suisses. 

Cette visite a permis d’effectuer avec Son Excellence Madame Mona Tamara, un parcours qui a mis en lumière la richesse du patrimoine de l’IFAN à travers les laboratoires d’archéologie, des invertébrés terrestres, des vertébrés terrestres, du Traitement des Eaux Usées et du laboratoire carbone 14.

Les différentes présentations de ces laboratoires s’articulent autour des sites mégalithiques et sur des pièces exceptionnelles comme le pectoral d’or de Rao. Un véritable musée d’histoire naturelle regroupant des espèces de la biodiversité animale a été visité, à côté d’une présentation des Solutions Fondées sur la Nature (SFN). Le laboratoire LATEU propose aussi des alternatives écologiques et innovantes pour le traitement des eaux, un enjeu majeur pour le développement durable.

La visite s’est conclue au Laboratoire Carbone 14, fondé par Cheikh Anta Diop, chercheur et parrain de l’IFAN.

Portraits de femmes professionnelles de l’IFAN – UCAD

Aïssatou Yvette DIALLO,  chercheure en ornithologie au Laboratoire de Zoologie des Vertébrés Terrestres

Dr Aïssatou Yvette DIALLO, épouse DABO, est chercheure en ornithologie au Laboratoire de Zoologie des Vertébrés Terrestres de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN – Cheikh Anta Diop). Docteure en Biodiversité et Environnement, spécialisée en Écologie et gestion des écosystèmes, elle s’est distinguée par son expertise en ornithologie.

Sa thèse a porté sur l’écologie de l’Échasse blanche et la migration de la Spatule blanche au Sénégal, menée sur trois sites : le Parc national des oiseaux du Djoudj, la Réserve naturelle urbaine de la Grande Niaye de Pikine et la Réserve naturelle communautaire de Palmarin. Ce travail a été soutenu par BirdLife International dans le cadre du programme consacré aux oiseaux migrateurs côtiers.

Elle participe également au projet « Atlas des Oiseaux du Sénégal », intégré au programme continental Atlas des Oiseaux d’Afrique.
Elle affirme  que « les oiseaux nous connectent à notre environnement. Les observer, c’est comprendre l’état de santé du vivant. »


Awa DIOP  sociologue‑chercheure  au  Laboratoire d’Anthropologie Culturelle

Dr Awa Diop est sociologue-chercheure au Laboratoire d’Anthropologie Culturelle de l’IFAN. Ses travaux portent sur les pratiques contemporaines autour des corps féminins et sur les formes de construction des féminités sénégalaises dans un contexte marqué par l’influence de l’islam et la montée de mouvements conservateurs.

Elle explore également les recompositions actuelles des rapports de genre et les dynamiques des mobilisations féministes au Sénégal. Ses recherches analysent les transformations sociales et culturelles qui façonnent les expériences et les identités des femmes dans la société contemporaine.

Elle souligne  qu’ « être une femme active sur le plan professionnel implique de conjuguer le travail et les responsabilités familiales. En avoir conscience, c’est développer des stratégies pour surmonter les défis du quotidien. »


Mbene Diaw  Sall , responsable des Projets et Partenariats – Musée Théodore Monod / IFAN

Mme Mbene Diaw Sall  est responsable des Projets et Partenariats au Musée Théodore Monod de l’IFAN. Après un baccalauréat série D obtenu au lycée Thierno Saïdou Nourou Tall, elle a été orientée en Sciences naturelles, puis a poursuivi une formation en comptabilité/gestion à l’Institut de Formation Professionnelle (IFP), sanctionnée par un BTS.

Au sein de l’Association des Femmes de l’IFAN (AFIFAN), elle gère les finances et veille à la disponibilité des ressources dédiées aux activités de l’association.
Pour elleêtre une femme comptable, c’est cultiver un équilibre où le perfectionnisme rencontre le contrôle, et où la confiance devient le plus bel actif d’une carrière. », explique t-elle.


Mme Mame Penda DIA , cheffe du Service des Ressources Humaines – IFAN

Mme Mame Penda Dia est Cheffe du Service des Ressources Humaines. Elle est titulaire d’un diplôme d’analyste-programmeur en informatique et d’un Master en Gestion des Ressources Humaines.

Elle a travaillé au Service informatique de l’IFAN (anciennement Unité des bases de données informatiques) où elle a contribué à la numérisation des collections ainsi qu’au projet de numérisation des thèses et mémoires africains conservés à la Bibliothèque de l’UCAD.

Durant ce mois dédié , elle porte le plaidoyer pour l’amelioration des conditions des femmes car selon elle « œuvrer pour le bien‑être des femmes au travail, c’est activer un levier essentiel de motivation et d’excellence professionnelle. »

Rokhaya Cissé experte reconnue en sciences sociales et Fatou Sène administratice au cœur de l’accueil

Rokhaya Cissé, une expertise reconnue en sciences sociales

Pr Rokhaya Cissé est sociologue, chercheure à l’Institut fondamental d’Afrique noire (IFAN-CAD) et coordonnatrice du Laboratoire de Recherche sur les Transformations économiques et sociales (LARTES-IFAN). Elle étudie les manifestations des faits sociaux à partir de deux composantes : la qualité du capital humain (éducation, santé, genre, protection de l’enfant, pauvreté et vulnérabilités) et les changements sociaux. Elle a développé et conduit plusieurs programmes de recherche sur les vulnérabilités et la pauvreté, inégalités de genre, les structures familiales, l’éducation, la santé reproductive des adolescentes. Elle a publié plusieurs ouvrages dont L’héritage de la pauvreté : entre récurrence, rupture et résilience dans les trajectoires des pauvres au Sénégal (L’harmattan, Paris, 2014) ; le confiage des enfants au Sénégal aux Nouvelles Éditions numériques africaines (NENA) (2017). En 2021, elle a également co-publié un livre sur le baromètre Jàngandoo intitulé La qualité des apprentissages au Sénégal, les leçons de Jàngandoo 2019 aux Presses universitaires de Dakar, puis un ouvrage sur la pauvreté dynamique au Sénégal aux Éditions universitaires européennes.  Elle considère que  « la recherche n’a de sens que si elle est habitée par nos parcours de femmes car chaque contribution, aussi humble soit-elle, devient un moteur de changement et une preuve de notre force d’engagement pour la société ».

Fatou Sène, Assistante du Directeur, Cheffe du Service Accueil-Informations

Titulaire d’un Master en Gestion des entreprises et administrations, Mme Fatou Sène est l’assistante du Directeur et la Cheffe du Service Accueil-Informations et Relations publiques

Elle a pour mission d’assister le Directeur de l’IFAN Ch. A. Diop en collaboration avec le Chef des Services administratifs.

Ses missions sont entre autres, de recevoir et renseigner les visiteurs, les usagers ; d’informer le public sur les services proposés par l’IFAN Ch. A. Diop, les activités scientifiques, culturelles et/ou sportives, des Départements, Laboratoires et Musées ; de réceptionner, filtrer et rediriger vers les bons destinataires les courriers, colis, appels téléphoniques, e-mails ; de planifier et coordonner les visites des sites de l’IFAN Ch. A. Diop par les établissements scolaires, les usagers, les visiteurs en relation avec ceux-ci et les structures et services concernés ; d’assurer la liaison avec les membres externes du Conseil d’établissement.

«  Être au cœur de l’accueil, c’est développer le sens de l’écoute, du service et de la rigueur. Transformer chaque interaction en lien, chaque mission en impact » , explique t –elle pour montrer l’ampleur de cette mission dans une administration universitaire.

Khady DIOUF GOUDIABY / Masoxna Sène Mbaye : deux parcours, deux contributions

Titulaire d’un DEA de l’Institut des Sciences de l’Environnement de la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Pr Khady DIOUF GOUDIABY a réalisé une thèse de Doctorat unique en Écologie et Gestion des Systèmes Aquatiques Continentaux à l’Université de Montpellier 2 en France.

À l’issue de sa thèse, elle a travaillé de 2007 à 2008 comme chargée de recherche au Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye (CRODT) de l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA), avant d’être recrutée à l’Institut Fondamental d’Afrique Noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop).

Directrice de recherche assimilée, elle est aujourd’hui cheffe du Département de Biologie animale de l’IFAN Ch. A. Diop et dirige, depuis 2009, le Laboratoire de Biologie marine. Elle est également la coordinatrice, à l’UCAD, du Master conjoint Erasmus Mundus TROPIMUNDO, un programme d’excellence en biodiversité et écosystèmes tropicaux réunissant 16 universités de renommée internationale.

Membre du Conseil académique de l’UCAD et du Conseil Scientifique et Technique du CORAF, elle a également exercé, de juin 2020 à mai 2025, les fonctions de cheffe de la Division Appui au financement des projets à la Direction de la Recherche et de l’Innovation de l’UCAD, en parallèle de ses activités de recherche.

Ses travaux portent principalement sur la biologie et l’écologie marines. Elle est l’auteure de nombreuses publications scientifiques portant sur les traits de vie des poissons (âge, croissance, reproduction, connectivité), la biodiversité marine et la gestion des pêcheries.
Pr DIOUF GOUDIABY s’implique activement dans la création de synergies entre formation, recherche et initiatives dédiées à la conservation et à la gestion durable des ressources halieutiques.

Madame Masokhna Sène Mbaye : une trentaine au service  de la gestion administrative

Madame Masokhna Sène MBAYE cumule 31 années d’expérience en gestion administrative et a développé un professionnalisme reconnu au sein de l’IFAN Ch. A. Diop, où elle a travaillé auprès de trois générations de chercheurs. Elle possède une expertise confirmée dans l’organisation d’activités d’animation scientifique.

Recrutée en 1993 comme Assistante du Directeur de l’IFAN, elle assure ensuite la gestion administrative et logistique du Musée Théodore Monod d’Art Africain de 1996 à 2005, avant de réintégrer son poste initial pour une dizaine d’années.

Affectée en 2014 au Laboratoire de Recherche sur les Transformations Économiques et Sociales (LARTES-IFAN), elle occupe le poste de Chargée des relations institutionnelles. Assistante administrative de formation, elle devient la principale collaboratrice du Responsable administratif et financier du laboratoire. Elle apporte un soutien essentiel aux services administratif et logistique et accompagne la formation doctorale du LARTES-IFAN dispensée au sein de l’ETHOS.

Grâce à un suivi rigoureux des activités du personnel d’enseignement et de recherche, Mme MBAYE met à profit ses compétences en microédition pour produire le rapport annuel du laboratoire et divers documents scientifiques.

Présidente de l’Association des Femmes de l’IFAN Ch. A. Diop (AFIFAN) de 2011 à 2019, elle initie de nombreuses activités d’animation scientifique (forums, expositions, colloques, journées portes ouvertes) renforçant la visibilité de l’institution.
Membre de l’Association Nationale des Assistantes et Secrétaires du Sénégal (ANASS) de 2011 à 2021, elle en est également Présidente de la Section UCA. À ce titre, elle participe à plusieurs éditions de la Conférence Internationale des Professionnels du Secrétariat (CIPROSEC). Elle est aussi affiliée à la Fédération Africaine des Secrétaires, Assistants et Attachés de Direction (FASAAD), regroupant 13 pays membres.

Visite  des doyens de facultés à l’IFAN : immersion dans les laboratoires et les collections patrimoniales

À l’initiative du Directeur de l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (IFAN),  Professeur Matar Ndiaye, une visite a été organisée à l’intention des doyens de facultés et chefs d’établissement de l’UCAD.

Il s’agit du Professeur Ismaïla DIOUF, doyen de la Faculté des Sciences et Techniques (FST), de la Professeure Aminata Cissé NIANG, doyenne de la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques (FSJP), du Professeur Cherif Sidi KANE, doyen de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG), du Professeur Moustapha SOKHNA, doyen de la Faculté des Sciences et Technologies de l’Éducation  et de la Formation (FASTEF) et du Professeur Falilou Mbacké SAMBE, directeur de l’École Supérieure Polytechnique de l’UCAD (ESP). 

La rencontre avait pour objectif général de faire découvrir les différents départements et laboratoires abritant les collections et les archives scientifiques de l’Institut. Les objectifs spécifiques visent à renforcer les perspectives de collaboration avec les différentes facultés, écoles ou instituts de l’UCAD. 

Immersion au cœur du laboratoire de botanique

La visite a mis en lumière un laboratoire de botanique possédant l’un des herbiers les plus importants d’Afrique francophone, riche de 60 000 spécimens. Les chercheurs y effectuent un double travail : l’inventaire scientifique de la flore et la documentation des savoirs traditionnels (médecine, culture). Cette collection historique a récemment permis d’identifier une dizaine de nouvelles espèces au Sénégal. L’enjeu actuel repose sur la numérisation des collections pour faciliter l’accès aux chercheurs et aux étudiants, tout en valorisant ce patrimoine. Cependant, malgré la qualité des travaux produits, le laboratoire fait face à un manque de financement, les budgets universitaires privilégiant souvent l’enseignement au détriment de la recherche.

Des recherches variées au service de la société

La visite s’est poursuivie aux départements de Sciences humaines et des Langues et civilisations qui étudient les dynamiques sociales (genre, linguistique, littérature orale, religion, sécurité), au moment où les archéologues conservent des vestiges prouvant une occupation humaine millénaire. En géographie, l’accent est surtout mis sur l’analyse des territoires via la géomatique. Enfin, le laboratoire de biologie marine joue un rôle crucial dans la gestion des ressources halieutiques et l’étude environnementale, notamment sur la pollution aux microplastiques en collaboration internationale.

Les insectes, un maillon essentiel de la biodiversité

Le département de Biologie Animale explore le rôle écologique crucial des invertébrés (insectes, termites) et étudie leur valorisation économique, notamment pour l’alimentation animale. En parallèle, les recherches sur les vertébrés terrestres se concentrent sur les interactions faune-homme-environnement. 

La visite s’est achevée par le laboratoire de traitement des eaux, qui s’intéresse sur les qualités des eaux et de l’environnement, est aussi en quête d’une accréditation internationale. Le laboratoire Carbone 14 est héritier des travaux de Cheikh Anta Diop, reste un pilier scientifique majeur malgré des contraintes d’infrastructure qui freinent son développement.

Des doyens émerveillés par la richesse de l’IFAN

Les doyens, impressionnés par la diversité insoupçonnée des recherches et des collections de l’IFAN, ont salué le travail des équipes. Malgré des ressources limitées, le Pr Matar Ndiaye a félicité l’engagement des chercheurs et a appelé les doyens à devenir des plaideurs institutionnels pour mobiliser davantage de soutiens en faveur de la recherche et de la préservation du patrimoine africain.

Appel à contributions d’articles pour le Bulletin de l’IFAN, série  B, tome 67

Le Bulletin de l’IFAN, série B (Sciences humaines, Sciences sociales), lance un appel à

contribution d’articles pluridisciplinaires pour le tome LXVII, à paraître en janvier 2027.

Fondé en 1939, le Bulletin de l’IFAN publie des articles originaux ou de synthèse, des notes et documents et des comptes rendus bibliographiques sur des sujets relatifs à l’Afrique noire et spécialement l’Afrique noire occidentale, dans les différents domaines des Sciences de la Vie et de la Terre pour sa série A et dans ceux des Sciences humaines et sociales pour sa série B.

Ces études sont généralement rédigées en français, mais peuvent l’être en anglais ou éventuellement en allemand, espagnol, italien, ou portugais. Dans les autres cas, une traduction en français ou en anglais sera nécessaire.

Les contributions sont à envoyer à : publications.ifan@ucad.edu.sn et seront publiées dans le

Bulletin de l’IFAN, série B, tome LXVII, en janvier 2027.

Calendrier prévisionnel de publication du volume :

16 juin 2026 :Clôture de la soumission des articles

Septembre 2026 :Notification et retour d’expertise aux auteurs

Octobre 2026 : Retour définitif des textes corrigés

Janvier 2027 : Envoi des tirés à part (TAP)

Nafi Bakhoum /Adjaratou O Sall : Deux trajectoires qui façonnent la recherche et la documentation

Pr Adjaratou Oumar Sall Diaw est linguiste et Maître de recherche au Laboratoire de Linguistique de l’Institut Fondamental d’Afrique Noire (IFAN Cheikh Anta Diop) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, laboratoire qu’elle dirige actuellement. Ses travaux portent sur la linguistique africaine, la description et la documentation des langues, les politiques linguistiques et éducatives, ainsi que sur la terminologie, la traduction et la didactique des langues nationales du Sénégal.

Titulaire d’un doctorat de troisième cycle en linguistique consacré à la subordination en wolof, soutenu en 2005 à l’Institut für Afrikanistik de Cologne (Allemagne), puis d’un doctorat unique obtenu en 2021 portant sur les marqueurs de cohérence textuelle en wolof, ses recherches s’inscrivent dans une perspective de valorisation scientifique et culturelle des langues africaines.

Chercheuse à l’IFAN depuis 2007, elle enseigne également à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis et participe activement à plusieurs projets de recherche, publications et colloques internationaux consacrés aux langues africaines, au multilinguisme et au patrimoine linguistique. Elle a également coordonné la newsletter institutionnelle IFAN ACTU.

Très engagée dans la promotion et la valorisation des langues nationales, elle coordonne le projet SENTERMINO, dédié à la production de ressources terminologiques et linguistiques pour l’éducation, la recherche et le numérique. Elle mène aussi des activités de vulgarisation scientifique, de production de manuels ( Léebal ma, Seex Anta, Arminaat, Junniy baat ci… ), ainsi que des actions de mobilisation communautaire visant à renforcer la transmission et la reconnaissance du patrimoine linguistique et culturel sénégalais.

« Je voulais être médecin pour soigner les corps ; la vie m’a finalement menée vers la linguistique pour révéler la force des mots. Mais dans les deux cas, la mission reste la même : servir, transmettre et ouvrir des chemins », explique-t-elle pour souligner son engagement envers les langues.

Membre active de plusieurs réseaux et associations scientifiques nationaux et internationaux (Fonk Sunuy Làmmiñ, REVACS, AFTRALAN…), elle collabore régulièrement avec des organisations engagées dans l’éducation bilingue et la promotion des langues nationales. Ses travaux s’inscrivent dans une approche qui articule langue, culture et développement, avec un accent particulier sur la transmission des savoirs, la revitalisation des langues minoritaires et l’intégration des langues africaines dans les politiques éducatives, scientifiques et technologiques contemporaines.

Par son travail et ses engagements, elle contribue à promouvoir une vision de la recherche qui relie langue, culture et développement, en mettant en avant la transmission intergénérationnelle des savoirs, la revitalisation des langues minoritaires et l’intégration des langues africaines dans les enjeux contemporains du numérique et de la science.

Pr Adjaratou Sall a ainsi choisi une voie qui dépasse la seule carrière académique : elle œuvre à rapprocher la recherche, la société et les langues du peuple.

Nafi Bakhoum : gardienne du savoir et artisanne de la mémoire documentaire de l’IFAN

Titulaire d’une Licence d’anglais et d’un Master en Sciences de l’Information et de la Communication, option Bibliothèques à l’EBAD, Nafi Bakhoum assure avec professionnalisme les services techniques et administratifs liés à la gestion d’une bibliothèque. Elle a renforcé ses compétences grâce à de nombreuses formations et stages à l’international. En 2005, elle a notamment effectué un stage sur l’usage des Technologies de l’Information et de la Communication dans les bibliothèques universitaires, à l’Université Libre de Bruxelles (Belgique). Ces expériences font d’elle un véritable « gardien du temple », forte de ses casquettes de Conservateur des Bibliothèques et de Cheffe du Service de la Documentation de l’IFAN.

« La célébration de la Journée de la femme, institutionnalisée un peu partout, a tendance à oublier la contribution des “forgeuses de destin”. Qu’elles soient des femmes actives dans le secteur informel ou des femmes au foyer, elles ont investi sur le long terme afin que nous puissions devenir ce que nous sommes aujourd’hui. Cet investissement, surtout immatériel, mérite d’être célébré. » soutient-elle.

Surnommée Nafi au sein de l’Amicale des femmes de l’IFAN, qu’elle préside depuis 2022, Nafisatou Bakhoum a suivi la formation « Concevoir et mettre en œuvre une bibliothèque numérique », organisée par l’OIF à la Bibliothèque nationale de France en 2008, puis à la Bibliothèque du Maroc en 2010.

Elle s’investit fortement dans le militantisme professionnel, à travers des activités scientifiques et associatives liées à la bibliothéconomie, tant au niveau national qu’international. Elle a également travaillé au sein du bureau de l’ASBAD (Association sénégalaise des Bibliothécaires, Archivistes et Documentalistes).

Son parcours riche lui a permis de contribuer activement à l’animation scientifique de l’IFAN, notamment en coordonnant plusieurs expositions majeures, telles que :

  • « L’IFAN au féminin : portrait et parcours de femmes dans la recherche » (2015) ;
  • « L’IFAN à cœur ouvert », organisée dans le cadre des Journées Portes ouvertes de 2018.

Elle est aussi membre active d’IFAN ACTU, où elle participe à la valorisation des activités et du patrimoine scientifique de l’institution.

Le Secrétaire général et le Directeur des Ressources humaines de l’UCAD en visite à l’IFAN Ch. A. Diop

Le Secrétaire général de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), M. Seydi Ababakar Mbengue, accompagné du Directeur des Ressources humaines, M. Ibrahima Mamadou Kane, a réservé sa première visite institutionnelle à l’Institut fondamental d’Afrique noire Cheikh Anta Diop (IFAN Ch. A. Diop).

La rencontre a débuté par un tête-à-tête avec les autorités de l’Institut, notamment le Pr Matar Ndiaye, Directeur de l’IFAN Ch. A. Diop, et Mme Khady Sarr Ndiaye, Cheffe des Services administratifs.  Cet échange a permis de faire un état des lieux du fonctionnement de l’Institut, de ses activités scientifiques ainsi que de ses perspectives.

La délégation a ensuite visité   les laboratoires des vertébrés et des invertébrés terrestres, où les équipes ont présenté leurs collections scientifiques ainsi que leurs missions de recherche, de conservation et de documentation du patrimoine.

Au terme de la visite, le Secrétaire général de l’UCAD a exprimé son appréciation pour le travail mené par les équipes de l’IFAN. Le Directeur de l’Institut, le Pr Matar Ndiaye, a pour sa part salué cette initiative et exhorté ses hôtes à servir de relais auprès des autorités universitaires, afin de renforcer l’accompagnement dédié aux missions scientifiques et patrimoniales de l’IFAN.

La visite du Secrétaire général de l’UCAD contribue à renforcer les liens entre l’administration centrale et les instituts rattachés, tels que l’IFAN. Elle vise à mieux prendre en charge leurs besoins, à soutenir leurs activités scientifiques et à optimiser la coordination administrative.

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